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Avec "Le Grand Monde", Pierre Lemaitre signe une fresque dans la lignée d'un Dumas ou d'un Zola

INVITE RTL - Après sa trilogie "Les Enfants du désastre", brillamment ouverte par le prix Goncourt "Au revoir là-haut", l'écrivain nous plonge dans les Trente Glorieuses.

Pierre Lemaître
Pierre Lemaître
Crédit : RTL
Pierre Lemaitre, invité de "Laissez-vous tenter" pour la publication de son roman "Le Grand Monde"
21:19
Pierre Lemaitre, invité de "Laissez-vous tenter" pour la publication de son roman "Le Grand Monde"
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Bernard Lehut & Aymeric Parthonnaud

Pierre Lemaitre publiera le 25 janvier 2022 son nouveau roman Le Grand Monde aux éditions Calmann-Lévy. Il s'agit du premier volet d'une nouvelle fresque. Après sa trilogie Les Enfants du désastre, brillamment ouverte par le prix Goncourt Au revoir là-haut, et consacrée à l'entre-deux-guerres, l'écrivain nous plonge dans les Trente Glorieuses par le truchement d'une trépidante saga familiale, celle des Pelletier. Fleuve par le nombre de pages, 580, ce premier tome est compact dans le temps, de mars à novembre 1948, et dilaté dans l'espace, entre Beyrouth, Saïgon et Paris... 

Son écriture file au grand galop, le lecteur se régale de cette cavalcade brillamment romanesque, dans la lignée d'un Dumas ou d'un Zola.

"Les Trente Glorieuses on les associe aux années béton, bagnole, télé, frigo pour faire court et à l'ascenseur social qui fonctionne et donc à une France en plein épanouissement, explique l'écrivain. Mais le début de ces Trente Glorieuses est contradictoirement assez grise, difficile, âpre. Encore des cartes de rationnement, fort taux de chômage, inflation galopante, logements insalubres, crise du logement terrible. Je trouvais que c'était intéressant de commencer ces Trente Glorieuses par la vision de ces premières années d'après-guerre qui n'était pas sans rappeler, au fond, les années d'après Première Guerre mondiale."

La fresque des Pelletier

Sa nouvelle fresque va le mener normalement jusqu'au milieu des années 60. Le Grand Monde débute à Beyrouth où la famille Pelletier a fait fortune dans la savonnerie puis, très vite, les péripéties de votre roman nous transportent à Saïgon, en pleine guerre d'Indochine. Un conflit peu traité par les romanciers français. C'est Etienne, l'un des fils de la famille Pelletier, qui part en Indochine à la recherche de son amant, Raymond, un légionnaire porté disparu. Vous racontez plusieurs histoires d'amour dans Le Grand Monde mais la plus bouleversante est cette passion homosexuelle. Déjà dans Au Revoir là-haut, Edouard, le héros gueule cassée de 14/18, était homosexuel. 

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"L'homosexualité est un excellent marqueur social de l'évolution du XX-XXIe siècles. On a commencé dans un XXe siècle avec une homosexualité extrêmement ostracisé, criminalisé. Et puis on voit - alors avec beaucoup de soubresauts, ça n'a pas été une affaire simple - progressivement une régulation de ce concept dans la population. Les gens se sont faits à cette idée que ce n'était pas un crime. Ce n'était pas une anomalie", remarque l'auteur. 

En Indochine, Etienne Pelletier découvre un vaste trafic financier, le scandale des piastres. L'escroquerie est présente dans la plupart de ses romans, on se souvient de l'arnaque aux monuments aux morts montée par vos deux héros dans Au revoir là-haut. "On a besoin à la fois de personnages forts et d'ambivalence. Et l'arnaque est une excellente ambivalence parce qu'on la juge moralement condamnable, mais en même temps, on ne peut pas s'empêcher d'avoir un peu de jubilation quand elle est bien faite, note Pierre Lemaitre. À condition qu'elle touche le voisin et donc, au fond, pour un romancier, c'est pain béni."

Des clins d'œil aux lecteurs fidèles

Dans Le Grand Monde il fait vivre son art du portrait. Chacun de ses personnages, qu'il soit principal ou secondaire, est remarquablement décrit, physiquement et psychologiquement. Et puis, très habilement, il réserve une surprise à celles et ceux qui le lisent depuis le début. Ils découvriront à la fin du Grand Monde qu'il existe un lien direct avec Au revoir là-haut 

"J'essaie de faire une double chose, c'est de faire en sorte que chaque roman soit autonome et que le lecteur qui n'a pas lu les précédents ne soit pas embarrassé. Chaque livre et j'ai envie de dire bouclée, c'est une histoire qui a un début, un milieu et une fin, argumente-t-il. Mais pour celui qui a eu la gentillesse de suivre mon travail, il y a un petit clin d'œil. Quand vous ouvrez un livre, il y a une sorte de contrat implicite qui s'établit entre le lecteur et l'auteur. Et ce contrat implicite, il est aussi fait de clins d'œil ici. Le livre, c'est un lieu d'amitié et d'affection."

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