Ce ne sont ni les nouvelles Google Glass ni un énième casque
de réalité virtuelle. Le Microsoft Hololens est un casque de réalité mixte. Quand Oculus, HTC ou PlayStation misent sur les jeux pour plonger l’utilisateur dans
des environnements créés de toute pièce, Microsoft nage à contre-courant avec
son concept empruntant un peu à la réalité virtuelle et un peu à la réalité
augmentée.
Comme dans Pokémon Go, la réalité mixte prend en compte les éléments de l’environnement réel. Le casque cartographie la pièce et y intègre des éléments virtuels en trois dimensions. Un astronaute ou un dinosaure virtuel peuvent prendre place sur le canapé. Une fenêtre Skype peut apparaître sur le mur. On appelle ça des hologrammes interactifs chez Microsoft. Ils peuvent prendre toutes les formes et se disperser n’importe où. Car dans la réalité mixte, le salon devient le bureau de l’interface.
Le casque de Microsoft n’a pas besoin d’être relié à un PC pour fonctionner. Il est lui-même un ordinateur autonome. Il embarque des micro processeurs de dernière génération et repose sur la plateforme Windows Holographic. Il n’a pas besoin de manettes non plus et laisse les mains libres pour manipuler des objets réels dans la réalité mixte. Le casque n’a pas d’écouteur et diffuse un son spatialisé presque inaudible pour les personnes présentes dans la même pièce. Son autonomie est annoncée à trois heures, pour la même durée de charge.
L'Hololens vise les professionnels. Les développeurs peuvent acheter le kit de développement pour 3.299 euros et les entreprises la suite commerciale pour 5.499 euros. Microsoft promet plusieurs scénarios propices à des activités commerciales et marketing dans l’aéronautique, l’automobile, la défense, la médecine, le design. De nombreuses entreprises s’y intéressent, certaines l’utilisent déjà. La prochaine mise à jour Windows 10 Creators Project devrait étendre le champ de ses possibilités auprès des créatifs.
L’Hololens est plutôt simple à prendre en main. Une fois ajusté le cerceau à placer autour du crâne, il faut le calibrer à sa vue en mesurant l’écart entre les yeux jusqu’à ce les images soient nettes. La tâche la plus ardue est l’assimilation des gestes intuitifs. Heureusement, il n’y en a que trois, composés avec l’index et le pouce : un clic court pour valider, les doigts collés pour déplacer un objet et le bloom, le mime d’une fleur qui éclot, pour revenir en arrière ou quitter un hologramme.
Tous les scénarios de test proposés par Microsoft étaient liés au monde de l’entreprise. Nous avons pu visiter le Machu Picchu à 360 degrés, observer des parties du corps humain en trois dimension, voyager dans le système solaire et réparer un circuit électrique. Cette dernière démonstration fait apparaître un interlocuteur dans un hologramme Skype. Ce dernier voit la scène grâce à la caméra située sur le casque et peut mettre en surbrillance les éléments du réel grâce à des marqueurs virtuels pour indiquer quel élément déplacer pour réparer le circuit. Un véritable tutoriel en temps réel.
Bien sûr tout n’est
pas encore optimal. On ressent une certaine gêne après une demi-heure d’utilisation,
les yeux fatigues, le crâne est pressurisé. Certains utilisateurs se sont aussi
plaints que le casque glissait ou qu’il était trop serré. Le champ de vision
est un peu trop réduit et certains hologrammes sont trop petits ou coupés en
deux lorsqu’ils débordent du cadre. Mais au final, l’Hololens offre une prise
en main très simple, centrée autour de trois ou quatre gestes, et offre un un
premier aperçu intéressant d’un futur augmenté où le virtuel viendrait se superposer intelligemment au réel.
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