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Telegram, l'application de messagerie qui concurrence Facebook

Lancée par deux frères russes en 2013, l'application qui se veut en pointe dans la protection des données vient d'atteindre la barre des 10 milliards de messages envoyés chaque jour.

Telegram, l'application de messagerie qui concurrence Facebook
Telegram, l'application de messagerie qui concurrence Facebook
Crédit : Paul Guyonnet / RTL.fr
Paul Guyonnet
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Sans faire de bruit, c'est l'application qui monte. Très haut et très vite. Deux ans quasiment jour pour jour après son lancement, Telegram vient d'annoncer que 10 milliards de messages étaient échangés quotidiennement grâce à ses services. Un chiffre loin d'être anecdotique pour ce logiciel de messagerie instantanée développé depuis Berlin par une équipe majoritairement russe.

En comparaison, Facebook expliquait au mois d'avril que tous ses services réunis (Messenger et Whatsapp compris) servaient à envoyer quotidiennement quelque 45 milliards de messages, quand Snapchat vantait en juillet 700 millions de photos échangées chaque jour. Résultat : Telegram vient aujourd'hui concurrencer des géants du secteur, et ce grâce à des arguments uniques.

Protéger la vie privée des utilisateurs

Tout d'abord, le service joue la carte du cross-platform, c'est-à-dire qu'il est omniprésent. Disponible sur les téléphones AppleAndroid et Windows, la quasi-totalité des tablettes et même sur ordinateur, il peut ainsi mettre en œuvre son credo partout, celui du respect total de la vie privée. Car c'est bien là la particularité majeure de Telegram : il tient à tout prix et sans concession à protéger les données et la sécurité de ses utilisateurs.

C'est par cette image que l'application s'est félicitée de ses bons résultats
C'est par cette image que l'application s'est félicitée de ses bons résultats
Crédit : Telegram

Un argument militant et totalement assumé puisque les frères Nikolai et Pavel Durov, qui ont créé Telegram après avoir notamment fondé l'équivalent russe de Facebook, VKontakte (ou VK), expliquent avoir eu l'idée de l'application lorsque les autorités de Moscou leur ont demandé de bannir certains groupes d'opposition de leur réseau social. Après avoir refusé, Pavel raconte s'être retrouvé sans moyen de communiquer indépendamment, sans la surveillance du Kremlin, d'où l'idée d'une messagerie protégée et secrète, facile à prendre en main. 

Un service gratuit et militant

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Depuis exilés, c'est donc de Berlin qu'ils ont lancé leur outil de messagerie, aussi simple qu'intuitif. Comme pour Whatsapp, il suffit d'une connexion à Internet pour partager des messages texte, mais aussi des photo et de la vidéo, de lire directement des vidéos YouTube ou des morceaux de musique sur Soundcloud. Petites extravagances, le service propose même des conversations instantanées de groupe pouvant accueillir jusqu'à plusieurs centaines personnes ou encore des envois de fichiers de taille pratiquement illimitée. 

Surtout, à la manière d'un James Bond - ou moins exotique, de Snapchat -, il est possible d'envoyer des messages qui s'autodétruisent après un certain temps, mais aussi de chatter de manière totalement anonyme, dans des conversations protégées par du chiffrement. Une fonctionnalité qui attire de nombreux internautes désireux de protéger leurs communications : en Europe de l'Est par exemple, les caricatures de dirigeants tels que le dictateur biélorusse Alexandre Loukachenko font un tabac.

Une solution alternative aux géants du web

Et c'est d'ailleurs ce système qui a contribué à rendre populaire le logiciel auprès d'une communauté méfiante des services proposés par Facebook, Google et autres Apple, surtout après les scandales comme ceux de la NSA notamment. Après le rachat de Whatsapp -qui partage de nombreuses fonctionnalités avec Telegram-, par Facebook, près de 5 millions de nouveaux utilisateurs se seraient ainsi rabattus sur la solution proposée par les frères Durov. 

Sûrs d'eux, les deux frangins vantent un service infaillible et extrêmement rapide, offrant même des sommes plus que conséquentes à quiconque trouvera une faille. Et pour l'heure, le pari est plus que gagnant puisque depuis le mois de décembre 2014, l'application entièrement gratuite et sans aucune publicité a donc tout simplement multiplié par 10 le nombre de messages échangés quotidiennement, rien de moins. 

Un succès qui semble déjà faire des envieux. Si les moyens de protection mis en œuvre permettent de ne jamais craindre que le contenu des messages soit lu par des pirates, Telegram commence tout de même à essuyer des attaques. En juillet par exemple, des internautes mal intentionnés ont tenté d'interrompre le service en le submergeant de messages. Un accroc qui a poussé les développeurs à proposer au plus vite de nouvelles versions enrichies et améliorées. Le mot d'ordre reste toutefois le même : pas question pour Pavel et Nikolai Durov de chercher à monétiser leur outil toujours plus populaire. Telegram doit rester l'outil de la protection de la vie privée. 

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