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Peeple, l'application la plus détestée du web à nouveau disponible

Morte prématurément sous les protestations de l'agora numérique, l'application qui permet d'évaluer les gens refait surface sur les plateformes de téléchargement mobile.

Peeple, l'application la plus détestée du web à nouveau disponible
Peeple, l'application la plus détestée du web à nouveau disponible Crédit : Peeple
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

L'application la plus détestée du web, comme l'appelait The Guardian, renaît de ses cendres. Six mois après son avènement et sa chute éclair, Peeple est à nouveau disponible sur l'App Store, la plateforme de téléchargement d'applications mobiles d'Apple, où elle s'affiche depuis lundi 7 mars aux États-Unis. Imaginée par la chasseuse de tête canadienne Julia Cordray et l'Américaine Nicole McCullough, l'application n'a pas renié son concept original et controversé. Elle permet toujours d'évaluer et de classer les êtres humains selon plusieurs critères subjectifs visibles de tous. Mais elle se présente désormais sous un vernis plus bienveillant censé favoriser son adoption du plus grand nombre et faire oublier la levée de boucliers qui a accompagné son lancement avorté l'automne dernier.

"La plus moche des boîtes de Pandore de toute l'histoire du web"

À l'instar de Yelp, AirBnB ou Uber, avec lesquels des millions d'internautes peuvent noter des restaurants, des bars, des appartements, des chauffeurs et n'importe quel service, Peeple proposait d'évaluer les gens sur une échelle de une à cinq étoiles dans trois catégorie, "vie personnelle", "vie professionnelle" et "vie amoureuse". Pour passer ses proches à la moulinette, il suffisait de se connecter via Facebook ou de fournir leur numéro de téléphone. Une fois dans la base de données, impossible de supprimer les commentaires, positifs ou négatifs, à l'exception de ceux contrevenants à la charte du site. Une fonctionnalité peu regardante des normes européennes où chacun dispose d'un droit d'accès et de rectification des informations le concernant.

"Peeple nous permet de mieux choisir qui nous embauchons, avec qui nous travaillons, sortons, devenons voisins, colocataires, nos propriétaires, les professeurs de nos enfants", expliquaient ses fondatrices à l'époque. C'est peu dire que la démarche n'avait pas soulevé l'enthousiasme des foules. Les internautes ont tiré à feu nourri (plusieurs dizaines de milliers de tweets et posts Facebook) contre une idée considérée au mieux comme un canular, au pire comme "une idée vicieuse qui ne pourra que faire du mal" et "la plus moche des boîtes de Pandore de toute l'histoire de l'Internet". Face à cette levée de boucliers, la sortie de l'application avait finalement été repoussée sine die.

Une version payante pour faire sauter les gardes-fous

Elle a refait surface lundi 7 mars, outre-Atlantique, dans une version résolument édulcorée à la faveur de plusieurs gardes-fous. Pour intégrer Peeple et évaluer ses semblables, il faut désormais exprimer son consentement. Les notes ont été remplacées par un décompte des avis positifs, négatifs ou neutres et les critiques ne sont maintenant publiées qu'avec l'accord de la personne dénigrée. Si vous décidez de torpiller un ancien collègue, la critique demeurera cachée s'il n'a pas accepté votre invitation à rejoindre l'application et qu'il n'a pas donné son accord pour la rendre publique. "Une application inutile", tranche le site américain Engadget. Du moins, avant la mise en place prochaine d'une option payante qui permettra de révéler l'intégralité des avis. En attendant, une pétition d'appel au boycott en ligne a déjà vu le jour sur Change.org.

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