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"Ce n'est pas comme fumer pendant 40 ans" : Sophie Adenot a-t-elle plus de risques de développer des maladies après 8 mois dans l'espace ?

Après huit mois passés dans l'ISS, l'astronaute française est revenue sur Terre ce jeudi 8 octobre. Fatigue, vertiges, troubles de la vue... Son retour rappelle les conséquences bien réelles d'un long séjour dans l'espace sur le corps humain.

L'astronaute française Sophie Adenot dans l'Espace le 25 août 2026.

Crédit : Handout / EUROPEAN SPACE AGENCY / AFP

Alexian Giron

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Après huit mois dans l'espace, Sophie Adenot et ses trois camarades de la mission Crew-12 sont enfin de retour sur Terre. La capsule Dragon a amerri à 17h34 précises (heure de Paris), ce jeudi 8 octobre 2026, dans l'Océan Pacifique au large de la Californie. Le fameux "splashdown" s'est déroulé en "douceur", selon la Nasa.
La Française va se sentir bien lourde une fois qu'elle aura repris contact avec la gravité terrestre. Fini l'apesanteur... le moindre geste risque de lui demander beaucoup d'efforts. Dans l'espace, les astronautes gagnent quelques centimètres, la densité osseuse diminue, et les muscles s'atrophient, malgré leurs deux heures de sport quotidien.

Ce retour sur Terre met aussi le cœur à l'épreuve. Pourquoi ? Parce que le sang lorsqu'il retrouve la gravité redescend violemment, notamment dans les jambes. Le cœur réalise un effort considérable et les astronautes peuvent être sujets à des vertiges ou des chutes de tension. Généralement, les effets ne durent que quelques jours avant que tout cela revienne à la normale. 

Plus de chances d'avoir la vue altérée ?

Pour éviter les complications, "les astronautes bénéficient d'un suivi médical à vie". "C'est quelque chose qui n'existait pas avant. Maintenant, c'est contractuel", explique Stephen Alamo, médecin des astronautes de l'ESA (l'Agence spatiale européenne, ndlr) à RTL.fr.

La vue des astronautes peut par exemple être altérée dans l'espace. Sophie Adenot qui ne portait pas de lunettes avant de se rendre dans l'ISS, en porte désormais. "C'est classique pour les astronautes, même pour ceux qui n'en portent pas sur Terre, souligne le médecin des astronautes. Le globe oculaire va se modifier. Cela va changer la réfraction. Mais c'est quelque chose qui est réversible. On anticipe ça. Les astronautes partent avec une paire de lunettes correctrices."

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En revanche, ce que les spécialistes nomment le SANS, le syndrome neuro-oculaire lié au vol spatial, est quelque chose de différent. Le liquide cérébro-spinal, qui se trouve dans les méninges et entoure le cerveau, va cheminer jusqu'à la tête du nerf optique, derrière la rétine. Puisque les fluides remontent vers le haut, il va être en hypertension. "Cette hypertension intracranienne va faire que ce liquide appuie sur la tête du nerf optique au niveau de la rétine. Cela peut créer un œdème à ce niveau. C'est en partie irréversible", précise Stephen Alamo. 

Plus de chances de développer des cancers ?

Dans l'espace, les astronautes sont davantage exposés aux radiations "au même titre que le personnel de bord sur les avions de ligne, ou quelqu'un qui travaille en radiologie à l'hôpital", tempère le médecin de l'ESA. Et d'ajouter : "Il y a une limite définie de radiation qui est acceptable sur une carrière pour ne pas passer en sur-risque de cancer". 

Les astronautes ont une qualité de vie quasiment irréprochable

Stephen Alamo, médecin des astronautes de l'ESA

Dans l'ISS, les astronautes ont à leur disposition des dosimètres pour vérifier la quantité de radiations. "Les études ne prouvent pas qu'il y a un risque de cancer accru par rapport à la population générale", affirme-t-il. "Entre une personne qui a fumé pendant 40 ans et un astronaute qui a pris des radiations dans le cadre de son travail. L'un aura un cancer des poumons, pas l'autre", ajoute-t-il. Sachant que les astronautes ont une qualité de vie quasiment irréprochable puisqu'ils font du sport et ne fument pas. 

Plus de risques de développer des maladies cardiovasculaires ?

Les artères vieillissent en revanche plus vite dans l'espace. En six mois, elles vieillissent de 20 à 30 ans. "En très grande partie réversible", rassure le médecin des astronautes. Ont-ils alors davantage de risques de développer des maladies cardiovasculaires ? "Cela ne se résume pas simplement à des artères un peu plus rigides", explique Stephen Alamo à RTL.fr. 

Ces risques sont amplifiés auprès des personnes qui fument, ont de l'hypercholestérolémie, ont du diabète ou sont en surpoids. "Ils s'avèrent que les astronautes ne fument pas, sont sportifs, et n'ont pas de cholestérol. Et vu qu'ils sont sportifs, ils ne développent quasiment pas de diabète. Donc ils ne sont pas en sur-risque de développer des maladies cardiovasculaires", poursuit-il. 

Le spécialiste admet cependant que l'échantillon d'astronautes et le recul sur leur santé est faible, même si cela a été grandement étudié. Le début de la conquête spatiale ayant débuté le 4 octobre 1957 et le premier homme dans l'espace date de 1961.

"On n'a pas trop de recul. Quand la promo de Thomas Pesquet aura 70 ans, on aura un échantillon plus important. Et puis, on avance également sur les protections contre les radiations par exemple", par rapport au début de la conquête spatiale. 

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