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Mails tracés, pixels "espions", consentement... Pourquoi tant de marques vous écrivent au sujet de vos courriels

Consulter ses courriels fait partie des gestes les plus ordinaires. Mais certains e-mails embarquent des traceurs invisibles qui renseignent les expéditeurs sur vos habitudes numériques. Face à cette pratique, la CNIL veut des internautes "mieux informés" et en mesure de garder le contrôle.

Une personne tapant sur son ordinateur (photo d'illustration)

Crédit : Eren Li de Pexels

Jérémy Descours

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Depuis plusieurs jours, de nombreuses marques, enseignes ou services en ligne envoient des courriels pour prévenir leurs abonnés d'un changement dans le suivi de leurs emails. En cause : les "pixels de suivi", aussi appelés "pixels espions", désormais davantage encadrés par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).

Concrètement, un pixel de suivi est une image minuscule et invisible intégrée dans un courriel. À l'ouverture du message, elle peut transmettre des informations à l'expéditeur : savoir si le mail a été ouvert, à quel moment, sur quel type d'appareil, et parfois obtenir une localisation approximative à partir de l'adresse IP. La CNIL rappelle que ces traceurs ont "une fonction proche des témoins de connexion (cookies) utilisés lors de la navigation sur Internet".

Message de H&M

Crédit : Capture d'écran.

Une messagerie doit rester "un espace personnel"

Ces outils sont utilisés depuis longtemps, surtout dans les campagnes commerciales. Ils permettent aux expéditeurs de mesurer l'efficacité de leurs envois, d’adapter l'heure d’envoi, l'objet du message ou encore de mieux cibler les destinataires. Mais pour la CNIL, le sujet touche directement à la protection de la vie privée, car la messagerie électronique reste "un espace personnel destiné à la consultation de contenus privés".

Ce qui change, c'est l'obligation d'une meilleure information, et dans certains cas d'un consentement explicite. La CNIL a publié une recommandation en avril 2026 et laisse jusqu'à ce mardi 14 juillet 2026 aux professionnels pour se mettre en conformité. Pour les usages publicitaires ou marketing, le principe est clair : l'utilisateur doit être informé de manière compréhensible et, lorsque le consentement est requis, il doit pouvoir accepter ou refuser aussi facilement.

Message de UGC.

Crédit : Capture d'écran.

"Mieux informés" et "garder le contrôle"

L'autorité insiste aussi sur un autre point : les données collectées doivent être limitées à ce qui est strictement nécessaire. Elle donne un exemple très concret : si l'objectif est simplement de vérifier qu'un message est bien reçu, il n'est pas forcément utile de connaître l'heure précise à laquelle il a été ouvert. Autrement dit, tous les usages ne sont pas interdits, mais ils doivent être justifiés, proportionnés et transparents.

À écouter aussi

C'est ce qui explique les nombreux messages reçus ces derniers jours. Les entreprises cherchent à informer leurs abonnés, parfois à recueillir leur accord, parfois à leur offrir un moyen simple de s'opposer à ce suivi. Pour les internautes, cela revient à reprendre un peu de contrôle sur une pratique largement invisible jusqu'ici.

La CNIL résume l'enjeu ainsi : vous devez être "mieux informés" et "garder le contrôle". Si un organisme ne respecte pas ces règles, il est possible de saisir l'autorité de contrôle. 

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