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Caméras, satellites, intelligence artificielle... Comment les pompiers utilisent les nouvelles technologies pour lutter contre les incendies

Face à des incendies plus précoces et plus violents, les pompiers renforcent la surveillance des forêts avec de nouveaux outils technologiques. Caméras intelligentes, drones, satellites et intelligence artificielle permettent de détecter plus vite les départs de feu.

Un incendie de forêt fait rage sur une colline du département de l'Hérault le juillet

Crédit : AFP

Juliette Vignaud

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La saison des incendies a commencé bien plus tôt que prévu. Depuis le début du mois de juillet, des milliers d’hectares ont déjà brûlé en France dans des feux particulièrement violents pour la période. La France, quatrième pays le plus boisé d'Europe, va devoir redoubler d'efforts cet été pour contenir les flammes. La rapidité de détection devient ainsi un enjeu central pour éviter qu’un départ de feu ne se transforme en incendie majeur.


Jusqu'ici, la surveillance des forêts reposait surtout sur des moyens traditionnels comme les caméras thermiques au sol et de l'image satellitaire classique. Mais ces outils présentent des limites, notamment temporelles. Pour gagner de précieuses minutes, les pompiers s'appuient désormais sur de nouvelles technologies, en particulier sur l’intelligence artificielle.

"Dans le cadre de la lutte contre les incendies, la détection précoce est déterminante afin d’engager massivement sur un départ de feu et agir rapidement pour éviter qu’il prenne de la puissance", souligne la division doctrine et préparation de l'avenir du bataillon des marins-pompiers de Marseille, auprès de RTL.fr.

Des caméras intelligentes

Depuis cinq ans, dans les Bouches-du-Rhône, les massifs marseillais sont surveillés par des caméras fixées aux arbres. Les images sont analysées par des outils dopés à l’intelligence artificielle, capables de repérer des flammes ou des fumées et donc de détecter un départ de feu au plus tôt.

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"L’objectif de ce développement est de détecter rapidement et en autonomie les premiers signes d'un départ de feu, afin de réduire le temps d’alerte (temps de détection et temps de l’appel vers le centre opérationnel des services de secours et d’incendie de Marseille) et ainsi d'engager les secours le plus tôt possible", explique le bataillon des marins-pompiers de Marseille.     


Alertés, les pompiers peuvent vérifier la situation en temps réel grâce à ces caméras intelligentes. Ils s'appuient aussi sur "l'emploi de drones et de caméras optroniques embarquées sur les aéronefs". Ces outils permettent de "l'aide à la décision et de levée de doute considérables pour évaluer et suivre l'évolution d'un incendie".

Des expérimentations dans d’autres zones à risque

Ces dispositifs ne sont pas réservés au sud-est. D’autres expérimentations de caméras IA sont en cours, notamment dans les Landes de Gascogne. Les équipements sont installés en hauteur, sur des châteaux d’eau, des tours de guet ou d’autres installations situées dans les massifs forestiers. Ils peuvent être alimentés par des panneaux photovoltaïques.

"Elles permettent de faire la différence entre l'image habituelle et l'image avec un départ de feu", explique Grégory Allione, député européen et président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, auprès de RTL.fr. "L'enjeu est de détecter le plus vite possible pour engager des moyens légers très rapidement", à l'image de drones chargés d'eau.

Et d'insister : "Au plus vite on détecte, au plus vite on engage, au moins on a une situation dégradée hors norme". 

Satellites et croisement de données pour anticiper les feux

Les soldats du feu s'appuient également sur un réseau de satellites pour adapter leurs stratégies. Ils peuvent suivre l'évolution d'un incendie, estimer sa taille et même repérer des points chauds. "L'objectif est d'avoir des images régulières qui détectent tout signe avant coureur d'un départ de feu", indique Grégory Allione. 

Outre le terrain, l'IA peut aussi se révéler utile dans les centres d'appels des Sdis. D'après France info, plusieurs départements testent un nouvel outil numérique destiné à assister les opérateurs et à scripter les conversations. Le système peut également traduire en direct les coups de téléphone en langue étrangère, puis détecter des mots-clés avant que celui-ci ne soit décroché par un sapeur-pompier. "Il y a plein d'informations qui existent avant même de décrocher", explique Guillaume Royer-Fey, sapeur-pompier et chef de la transformation numérique dans l'Ain.

D'autres solutions sont également susceptibles de compléter l'offre technologique des sapeurs-pompiers. Selon la division doctrine et préparation de l'avenir du bataillon des marins-pompiers de Marseille, des développements sont en cours pour "croiser des données météorologiques, l'état de la végétation, l'historique des feux, l'observation du terrain, les images satellites" et ainsi mieux anticiper les départs de feu.

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