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Le médicament anti-obésité Mounjaro.
Crédit : Indranil MUKHERJEE / AFP
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Wegovy et Mounjaro : depuis ce lundi 15 juin, ces médicaments contre l'obésité sont remboursés pour certains patients à hauteur de 65%. Dans le détail, les personnes souffrant d'une obésité sévère sont concernées et cette prise en charge n'arrivera qu'en deuxième intention, c'est-à-dire en cas d'échec d'une première prise en charge nutritionnelle.
Mais ces médicaments sont-ils réellement efficaces ? RTL est allé à la rencontre de Christine, une femme de 63 ans habitant à Louveciennes (Yvelines), qui se bat contre son obésité depuis plus de 30 ans. Toute sa vie, la sexagénaire a enchaîné les régimes : "J'ai tout fait, les Weight Watchers x fois, les cures, les nutritionnistes. Je ne veux pas être filiforme, je ne serai jamais, mais au moins pouvoir récupérer, d'être moins essoufflée, d'être mieux", témoigne-t-elle auprès de RTL.
Sa nutritionniste lui parle alors de ces nouveaux traitements qui agissent comme des coupe-faim. Et depuis le mois de janvier, Christine s'injecte tous les jours du Mounjaro. "Quand il n'est pas utilisé, il faut le conserver au réfrigérateur. Et puis, on injecte. Moi, je l'ai fait dans le ventre. Ce sont des aiguilles microscopiques."
Avant sa première piqûre, Christine pesait 130 kg : cinq mois plus tard, elle a perdu 11 kg. "Quand j'ai commencé, j'étais à 47 d'IMC et là, je suis à 42 encore. Donc, c'est beaucoup. J'ai perdu quand même tout doucement, ce n'est pas 5 kg toutes les semaines. Pas du tout", explique-t-elle. Christine doit augmenter petit à petit les doses de son traitement, car les médecins ne recommandent pas une perte de poids trop brutale.
Dès les premières injections, Christine a senti l'effet coupe-faim apporté par les piqûres. "Quand j'ai commencé, ça a été radical pour moi par rapport au sucre. Le sucre est pour moi un démon. Le soir, je suis devant la télé, hop, je vais me lever et puis je commence la farandole des desserts. Ça a été hyper efficace là-dessus. Et aussi au niveau des quantités parce qu'à table, c'est vrai qu'on n'a pas tellement faim", assure-t-elle.
Il y a un an, sa nutritionniste lui avait d'abord prescrit du Wegovy , l'autre traitement injectable disponible sur le marché. Mais Christine ne l'a pas tolérée : "J'ai essayé pendant trois mois. J'avais des nausées et donc j'ai dû arrêter. J'avais perdu 8 kg, quelque chose comme ça. Et après, j'ai tout repris d'ailleurs. J'ai tout repris en 2-3 mois." Preuve donc que ces médicaments sont bien efficaces mais que comme le montraient les études : dès l'arrêt du traitement, la reprise de poids est souvent rapide.
Aujourd'hui, Christine prend du Mounjaro et le supporte mieux que le Wegovy. En plus de ce traitement, elle doit se contraindre à un suivi médical obligatoire et assez poussé, en voyant régulièrement un psychiatre pour s'attaquer aux causes profondes de son obésité mais aussi une nutritionniste pour un rééquilibrage alimentaire. Elle fait aussi de l'activité physique adaptée.
"J'ai suivi un cycle à l'hôpital pour reprendre le sport et maintenant, je fais tous les matins de l'exercice. Donc c'est sûr que ce n'est pas un remède miracle. Ce qui me fait très peur, c'est qu'on dit que c'est des traitements qui sont à vie. Donc c'est vrai que c'est un petit peu flippant", avoue-t-elle.
Mais ces traitements doivent-ils vraiment être pris à vie ? D'après la professeure Judith Aron, spécialiste de l'obésité à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière à Paris, ces piqûres doivent donc être considérées non pas comme une aide ponctuelle, mais bel et bien comme un traitement de fond.
"Dans l'hypertension, ça viendrait à l'idée de personne d'arrêter ces traitements quand la tension est enfin contrôlée. L'obésité, c'est exactement les mêmes principes de la maladie chronique. Et donc, ces traitements, une fois qu'on les met en place, ils sont efficaces. Mais si on retire ces médicaments, l'efficacité s'arrête", explique-t-elle à RTL.
Le remboursement de Wegovy et Mounjaro était en tout cas très attendu par les patients obèses, souvent touchés par la précarité. Dans son service, Judith Aron a reçu 254 demandes en deux semaines, six fois plus que d'habitude.
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