3 min de lecture Assemblée nationale

Volte-face de Yaël Braun-Pivet : "L'ancien monde demeure", constate Alba Ventura

ÉDITO - Au perchoir comme ailleurs, on ne s'attaque pas impunément au premier cercle d'Emmanuel Macron. Le salto arrière de Yaël Braun-Pivet (REM), qui a retiré sa candidature à l'investiture de son groupe pour le perchoir de l'Assemblée, l'a montré jeudi 6 septembre.

Micro générique Switch 245x300 L'Edito Politique Olivier Bost iTunes RSS
>
Volte-face de Yaël Braun-Pivet : "L'ancien monde demeure", constate Alba Ventura Crédit Image : Thomas SAMSON / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
L'invite´ de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura et Loïc Farge

Un petit tour et puis s'en va ! Jeudi 6 septembre au matin au micro de RTL, la présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet venait expliquer pourquoi elle était candidate à la présidence de l'Assemblée nationale. Dans l'après-midi, elle envoyait un mail à la majorité pour dire qu'elle n'était plus candidate au perchoir. Que s'est-il passé ?

Il s'est passé que le "nouveau monde" a percuté "l'ancien monde". Ou bien que "l'ancien monde" a eu raison du "nouveau monde". Prenez le comme vous voulez. Je vais vous expliquer.

Yaël Braun-Pivet n'était pas seule à être candidate au perchoir du côté des macronistes. Il y a deux autres femmes députées. Il y a un homme. Mais il y a surtout Richard Ferrand, l'actuel président des députés La République En Marche, baron de la "Macronie", fidèle parmi les fidèles du Président Macron.

Yaël Braun-Pivet n'a pas mis les formes

Jeudi matin au micro d'Elizabeth Martichoux, la jeune députée n'y est pas allée avec le dos de la cuillère à propos de son illustre concurrent. Richard Ferrand, dit-elle, "n'incarne pas le renouvellement". Bim ! Un crime de lèse-majesté qui lui a valu un magnifique salto arrière.

Car dans la foulée de sa défection, elle annonce qu'elle soutiendra la candidature de... Richard Ferrand (j'ai toujours beaucoup aimé les acrobaties politiques !). Alors soit elle s'est rendue compte qu'elle y était allée un peu fort ; soit on lui a gentiment fait comprendre qu'elle avait poussé le bouchon trop loin.  

À lire aussi
Le professeur Didier Raoult, dans son bureau à Marseille le 26 février 2020. Coronavirus France
Didier Raoult se défend face à Martin Hirsch qui l'accuse de "faux témoignage"

Dans les faits, Yaël Braun-Pivet n'a pas tort. Richard Ferrand, cela fait vingt ans qu'il traîne ses guêtres en politique. Il est passé par le PS, il a été député. Il ronronnait un peu. Et quand il a vu passer le train Macron, il a sauté dedans. Mais c'était loin d'être un novice.

Donc elle n'a pas tort. Mais elle a eu le malheur de dire tout haut ce que beaucoup pensent dans le groupe REM. Elle a été maladroite. Quoi qu'on en pense, Richard Ferrand est le patron des députés REM. Et visiblement, elle n'a pas bien compris que c'était le candidat favori de l'Élysée.

Si vous voulez, elle a eu tort de le dire sans se rendre compte de ce qu'elle disait. Donc non seulement elle n'a pas mis les formes ; mais elle est apparue comme voulant être calife à la place du calife. Ce n'est pas le meilleur profil du "nouveau monde".

Terminé le temps des boy scouts

On croyait que dans le "nouveau monde" d'Emmanuel Macron il y a avait de la place pour une femme au perchoir ? C'était le vœu du candidat Macron avant son élection. Mais ça, c'était avant. C'était il y a des mois. Une éternité.

C'était du temps où il était envisagé de mettre une femme à Matignon aussi. Même s'il faut être honnête et dire qu'Emmanuel Macron a permis à beaucoup de femmes d'accéder à l'Assemblée. Mais les temps ont changé.

Terminé le temps des boy scouts. Terminé le temps où l'on cherchait de nouveaux visages, de la chair fraîche. En Marche est un parti comme un autre. Un parti structuré avec ses poids lourds, avec ses vieux routiers. Bien utile quand ça tangue.

D'ailleurs si Richard Ferrand est le favori aujourd'hui, c'est sans doute en raison de l'affaire Benalla où, en pleine tempête, il a assis son autorité face à des députés En Marche déboussolés. Il a "tenu le groupe", comme on dit.

Vous trouvez que ces mots font très "ancien monde" ? Ah c'est sûr que c'est moins frais et moins pimpant que l'air de la campagne. On peut le regretter. Mais c'est la dure réalité de la politique au pouvoir.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Assemblée nationale La République En Marche Richard Ferrand
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants