5 min de lecture Congrès PS de Poitiers

VIDÉOS - Les congrès qui ont fait l'histoire du Parti socialiste

Le 77ème congrès du Parti socialiste s'ouvre ce vendredi 5 juin à Poitiers et sera notamment marqué par l'opposition entre la ligne gouvernementale et les frondeurs.

François Mitterrand (au centre), entouré de Pierre Mauroy (à gauche) et Pierre Joxe (à droite), en 1971
François Mitterrand (au centre), entouré de Pierre Mauroy (à gauche) et Pierre Joxe (à droite), en 1971 Crédit : AFP
Romain Renner
Romain Renner
Journaliste RTL

Le congrès du Parti socialiste démarre ce vendredi 5 juin, à Poitiers, et se tiendra jusqu'au dimanche 7 juin. Ces trois jours seront l'occasion d'officialiser la victoire de Jean-Christophe Cambadélis, a priori confirmé dans ses fonctions de premier secrétaire du parti avec plus de 70% des voix.

La victoire du candidat soutenu par le gouvernement est une bonne nouvelle à deux ans de la prochaine présidentielle et fait office de première étape réussie pour François Hollande en vue d'une éventuelle candidature pour sa réélection. Sauf surprise, le congrès de Poitiers ne devrait pas constituer de tournant majeur pour la majorité au pouvoir, malgré le bon score (environ 30%) de la motion des frondeurs lors du vote du 22 mai, signe des divisions dont pâtit la gauche actuellement. L'histoire du PS est toutefois jalonnée de congrès difficiles, où les affrontements personnels ont parfois pris le pas sur les enjeux politiques.

Les congrès de 1969 : bienvenue au Nouveau Parti socialiste

En mai 1969, à Alfortville, puis en juillet à Issy-les-Moulineaux, le PS évolue. La SFIO rejoint les rangs du Parti socialiste au lendemain d'une présidentielle catastrophique pour les forces de la gauche. Gaston Deferre (SFIO), candidat désigné en mai, s'incline dès le premier tour avec 5,01% des voix. Michel Rocard, du Parti socialiste unifié ne réunit que 3,61% des suffrages. Symbole de cette époque passée : le Parti communiste, emmené par Jacques Duclos, obtient 21,27% des voix, loin devant les socialistes, mais derrière le centriste Alain Poher.

Pierre Mauroy affronte Alain Savary pour le premier secrétariat du parti. Alain Savary s'impose d'une voix face à Pierre Mauroy, pourtant favori. Celui qui deviendra premier ministre (1981-1984) refuse de nommer des proches de Guy Mollet à des postes-clés en cas de victoire et se prive ainsi de son soutien. Ironie de l'histoire : Alain Savary deviendra quelques années plus tard le ministre de l'Éducation du gouvernement dirigé... par Pierre Mauroy.

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La création du Nouveau Parti socialiste est marquée par l'intervention à la tribune de plusieurs responsables de l'époque. L'ancien ministre de l'Intérieur Jules Moch commente les mauvais résultats électoraux des socialistes, tandis que l'ancien président du Conseil, Guy Mollet, se fait applaudir en annonçant que les socialistes "ne devraient pas faire carrière politique".

Le congrès d'Épinay en 1971 : François Mitterrand prend le pouvoir

Deux ans après ce congrès fondateur, le PS va vivre un nouveau tournant dans son histoire. Alain Savary voit se dresser face à lui François Mitterrand. Sa motion n'obtiendra que 15% des voix mais le futur président de la République emporte le soutien des fédérations socialistes des Bouches-du-Rhône et du Nord. Le jeu des alliances lui permet de prendre la tête du parti à la surprise générale. François Mitterrand bénéficie notamment du soutien de Jean-Pierre Chevènement, dont la motion obtient 8,50%. Malgré un score de 30% au premier tour, Pierre Mauroy est une nouvelle fois battu.
Cette année-là, le PS se pose notamment la question de l'attitude qu'il doit adopter vis-à-vis du Parti communiste. Le Centre d'Études, de Recherche et d'Éducation Socialiste (CERES) de Jean-Pierre Chevènement planche, lui, sur un programme commun de gouvernement des deux partis qu'il présentera en 1973. À la tribune, François Mitterrand fait campagne sur le thème de "la rupture", le maître-mot de son engagement politique.

Le congrès de Créteil en 1981 : François Mitterrand candidat à la présidentielle

Le congrès extraordinaire de Créteil n'est pas particulièrement marquant dans l'histoire du socialisme mais il permet au parti d'investir François Mitterrand en tant que candidat à la présidentielle à venir. Avec 83,64% des voix, celui qui est à la tête du parti depuis dix ans est confortablement choisi, tandis que Lionel Jospin prend sa succession.

Les socialistes ratifient également les 110 propositions pour la France, qui comportent notamment l'abolition de la peine de mort, la décentralisation de la France et la suppression de l'ordre des médecins.

Le congrès de Rennes en 1990 : la guerre

Le congrès de Rennes restera dans les annales comme l'un des plus mauvais de l'histoire du PS. Les socialistes sont certes au pouvoir mais c'est une véritable guerre de clan qui se dessine. La motion de Lionel Jospin et Pierre Mauroy est opposée à celles de Michel Rocard et Laurent Fabius. François Mitterrand veut voir Laurent Fabius prendre la tête du parti et remplacer Pierre Mauroy, son ancien premier ministre, mais se heurte à l'alliance Jospin-Rocard.

Le vote des motions laisse apparaître un parti divisé et aucune majorité ne se dégage. La motion Jospin est en tête avec 28,95% des voix, devant la motion Fabius (28,84%) et Michel Rocard (24,2%). Une semaine après le congrès, c'est finalement Pierre Mauroy qui sera reconduit dans ses fonctions par le comité directeur. Meurtri, le PS garde en mémoire cette épreuve douloureuse et tente d'en retenir le meilleur.

"Le Congrès de Rennes a marqué toutes les mémoires. Il est l’anti-Epinay. Mais de ce congrès sans synthèse, qui est le première de l’après-Guerre froide, émerge toutefois une nouvelle Déclaration de principes qui dit notamment que 'le Parti socialiste met le réformisme au service des espérances révolutionnaires'", est-il notamment écrit sur le site internet du Parti socialiste.

Le congrès du Mans en 2005 : la synthèse à tout prix

Un congrès extraordinaire est organisé au lendemain de la défaite du "oui" lors du référendum sur la Constitution européenne. La campagne, marquée par l'alliance de la droite et de la gauche, a également donné lieu à d'importantes divisions au sein du Parti socialiste. La motion de François Hollande obtient la majorité (53,6%) devant la motion Nouveau Parti socialiste portée par Benoît Hamon et Arnaud Montebourg (23,6%) et la motion Fabius (21,2%).

Le premier secrétaire, François Hollande, doit composer avec les différents courants du parti pour arriver à une synthèse générale qui ne convient pas à Arnaud Montebourg. Le futur candidat à la primaire socialiste déplore l'absence de concept de "sixième République" du texte final.

Le congrès 2008 de Reims : le psychodrame Royal/Aubry

Au lendemain d'une présidentielle 2007 qui a vu Ségolène Royal soulever un fort élan d'enthousiasme au sein de l'électorat socialiste, le congrès de Reims apparaît comme l'occasion pour elle de prendre la tête du parti. Plusieurs grands noms du PS se lancent dans la course : la motion Royal-Collomb arrive en tête avec 29,08% des voix, devant les motions Delanoë (25,24%), Aubry (24,32%) et Hamon (18,52%).

Au premier tour du vote pour le premier secrétariat, Ségolène Royal dispose d'une belle avance (42,9%) sur Martine Aubry (34,5%). Benoît Hamon, troisième, appelle à voter pour la maire de Lille. Martine Aubry l'emporte officiellement avec 50,04% des suffrages (67.349 voix, soit 102 de plus que sa rivale). Les vaincus accusent les vainqueurs d'avoir truqué l'élection, pointant notamment du doigt le retard de transmission de votes de certaines fédérations.

Un livre accuse Martine Aubry d'avoir falsifié les votes. Manuel Valls menace de porter plainte, tandis que Malek Boutih déclare que "la triche est une pratique banalisée au sein du PS". Sept ans plus tard, le souvenir du congrès de Reims plane sur chaque nouvelle réunion socialiste.

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