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VIDÉO - "Thalassa" : quand Ségolène Royal attaque Manuel Valls sur le dossier des boues rouges

La ministre de l'Environnement n'a pas fait dans le détail pour condamner les décisions de Manuel Valls dans le dossier des boues rouges.

Ségolène Royal à l'Assemblée nationale, le 10 mai 2016
Ségolène Royal à l'Assemblée nationale, le 10 mai 2016 Crédit : SIPA
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Preuve supplémentaire que Manuel Valls est en minorité dans son gouvernement ? Invitée de Thalassa, le magazine de la mer de France 3 diffusé vendredi 2 septembre, Ségolène Royal attaque sans ambiguïté aucune Manuel Valls. L'émission de l'indéboulonnable Georges Pernoud consacre son numéro de rentrée aux "boues rouges", ces déchets déversés par l'usine d'alumine Altéo, implantée à Gardanne depuis 50 ans, au large de Cassis dans les calanques de Marseille (Bouches-du-Rhône) et combattus par des associations, des pêcheurs et des marins.

Seul hic : l'usine, qui ne rejetterait plus qu'un liquide filtré, a obtenu à la fin de l'année 2015 une autorisation préfectorale l'incitant à poursuivre son activité en modifiant partiellement son mode de fonctionnement. À l'époque pourtant, le ministère de l'Environnement avait interdit le rejet des "boues rouges" dans la Méditerranée.

Il est Premier ministre et il a décidé le contraire de ce que dit sa ministre

Ségolène Royal, ministre de l'Environnement
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Dans ce contexte, impossible pour Ségolène Royal d'assumer les dégâts causés par les déchets de l'usine. Lorsque la journaliste de l'émission lui présente un bocal de "boues rouges", la ministre, qui a lancé une enquête publique en 2014, se désolidarise alors de son supérieur hiérarchique. "Manuel Valls a décidé le contraire. Il est Premier ministre et il a décidé le contraire de ce que dit sa ministre de l’Environnement (...) Il a pris sa décision. Il a donné un ordre au préfet. Le préfet a donné l’autorisation. Je ne peux pas donner un contre-ordre. En revanche, mon rôle, c’est de dire que je ne suis pas d’accord".

En réaction aux propos de Ségolène Royal, Manuel Valls en appelle au "sens du collectif" et à la solidarité gouvernementale : la deuxième fois en cette semaine marquée par la démission du gouvernement d'Emmanuel Macron, l'ancien ministre de l'Économie. "Je gouverne, je décide, chacun doit être à sa tâche avec l'esprit et le sens du collectif", a-t-il déclaré.

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En décembre 2015, la ministre était déjà montée au créneau. "Je désapprouve cette décision, je n'ai pas du tout changé d'avis, je pense que c'est une mauvaise décision qui est essentiellement suscitée par le chantage à l'emploi."  Selon Ouest France, "440 emplois directs et 300 indirects" seraient pérennisés grâce à cette entreprise. Le site de Gardanne de production d'alumine a déversé plus de 20 millions de tonnes de "boues rouges" sur les fonds marins de la fosse de Cassidaigne.

En juin dernier, malgré le filtrage imposé par l'État, une pollution anormale avait été relevée dans les effluents liquides rejetés par Altéo d'après Le Parisien. La préfecture des Bouches-du-Rhône a donc intimé l'ordre à l'entreprise de se conformer aux normes qui ont été fixées à la fin de l'année 2015.

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