3 min de lecture Élections départementales

Valls justifie sa "peur" d'une victoire du FN mais rejette toute "panique"

Manuel Valls a expliqué ne pas céder à la panique, après les remous provoqués par ses propos sur le Front national.

Manuel Valls lors d'une conférence de presse à Matignon, le 6 mars 2015.
Manuel Valls lors d'une conférence de presse à Matignon, le 6 mars 2015. Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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Manuel Valls s'est défendu ce lundi soir de tout "calcul politicien" après avoir évoqué la veille sa "peur" de voir le FN remporter les départementales, affirmant ne pas "céder à la panique" face à cette peur qu'il regarde "en face". "La peur, il ne faut pas la fuir, il faut la regarder avec raison, mais il faut la regarder en face. Le courage en politique - comme dans la vie - c'est d'accepter cette peur et de la dépasser ! Il ne faut jamais fuir les sujets. Toujours les nommer et combattre avec détermination", a-t-il lancé lors d'un meeting PS à Bresles (Oise) près de Beauvais.

"Je ne remiserai jamais mes convictions derrière je ne sais quel calcul politicien", a-t-il affirmé, après des accusations d'alarmisme tactique ou de panique à bord. En disant ce dimanche sa "peur" du FN et en revendiquant une "stigmatisation" de Marine Le Pen, Manuel Valls a créé des remous sur tout l'échiquier politique, avec notamment lundi de vives critiques du FN et de l'UMP. Dans l'Oise, où la gauche apparaît condamnée à la défaite lors du scrutin du 22 et 29 mars, le Premier ministre a dénoncé lundi soir un débat "assez étrange".

Manuel Valls se justifie

"Certains se demandent si en en parlant, je ne fais pas le 'jeu', je mets des guillemets, du Front national ; si je ne le mets pas au centre des débats. Mais, enfin ! L'extrême droite, elle est déjà au centre du débat, elle est même en tête des sondages (...) Et c'est pour cela qu'il faut sonner l'alerte", s'est-il justifié. "Je ne veux pas, je ne veux pas pour mon avenir, pour nos enfants, nos petits-enfants, d'un avenir Front national !" a lancé Manuel Valls devant environ 400 personnes réunies dans ce bourg d'environ 4.000 habitants à quelques kilomètres de Beauvais, où l'on avait voté à 48% pour le Front national aux européennes de mai 2014.

Tous les jours il nous en fait une

Nicolas Sarkozy
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"Dire cela, ce n'est pas céder à la panique, ce n'est pas céder à la peur", s'est-il défendu face aux critiques et réserves, comme par exemple celle de la maire PS de Lille Martine Aubry : "Il ne faut pas avoir peur, il faut combattre, et d'abord s'adresser à la raison des citoyens". "En mon for intérieur, même si je connais cette réalité, je suis serein parce que je suis en accord avec mes convictions profondes", a affirmé Manuel Valls, accusé par le FN de "céder à la panique". Au même moment ou presque, dans le Val-de-Marne, Nicolas Sarkozy moquait un Premier ministre qui "ne va pouvoir continuer comme ça à perdre ses nerfs. Tous les jours il nous en fait une. Ca devient gênant", a persiflé le président de l'UMP.

"Bataille morale"

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"Je dis aux dirigeants de l'UMP et au premier d'entre eux : quand on met le PS et le FN dans le même mot, alors on a déjà perdu la bataille morale", a pour sa part attaqué Manuel Valls, une centaine de kilomètres plus au nord. Le Premier ministre a toutefois semblé vouloir sortir de la polémique, dénonçant les "petites phrases" dans "la presse" et défendant longuement le bilan de son gouvernement et de la gauche dans les départements, dans un discours de près d'une heure.

"Il faut déconstruire le programme du Front national", a-t-il souligné, car "condamner ne suffit pas". A rebours du discours du FN, "qui n'est pas un parti républicain", il a souligné que "des secteurs entiers de l'économie" dépendent de l'immigration, avec "autant de travailleurs qui cotisent pour la Sécurité sociale". Manuel Valls a insisté sur une autre "angoisse" que la sienne : celle des habitants des zones dites périurbaines, qui "dure depuis des années" et à laquelle il veut répondre "sérieusement" et "sans démagogie".

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