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"Vache folle" : quelle est cette maladie ?

L'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) est une pathologie rare et mortelle qui peut provoquer chez l'homme la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Des vaches dans l'ouest de la France (archives)
Des vaches dans l'ouest de la France (archives)
Crédit : JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
Julien Absalon
Julien Absalon

La "vache folle" a été détectée pour la première fois en France depuis 2011, sur le cadavre d'une vache élevée dans les Ardennes. Le cas suspect a en effet été confirmé par le ministère de l'Agriculture, ce jeudi 24 mars. Une annonce qui risque de fragiliser un peu plus la filière bovine, déjà en grande difficulté, même s'il a été assuré qu'il n'y avait "aucune conséquence pour le consommateur".

L'évocation seule du terme "vache folle" dans le débat public ravive dans les esprits la grave crise sanitaire qui avait secoué l'Europe puis le monde entier dans les années 90 et le début des années 2000. Diagnostiquée pour la première fois au Royaume-Uni en 1986, la maladie mortelle avait décimé des troupeaux entiers d'animaux avant de toucher l'homme qui peut être contaminé en consommant des produits carnés infectés. Le marché de la viande bovine s'était alors effondré.

Qu'est-ce que la maladie de la "vache folle" ?

L'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), nom médical de la "vache folle", est une maladie dégénérative du système nerveux central des bovins (bœufs, vaches, taureaux). Elle s'attaque directement au fonctionnement des cellules nerveuses, notamment les neurones, en y formant des cavités. Au microscope, les tissus du cerveau de l'animal évoquent alors l'aspect d'une éponge, ce qui explique la présence du terme "spongiforme" dans le nom de la pathologie.

L'expression de "vache folle" a été popularisée au vu des symptômes causés chez l'animal par la maladie. Le sujet infecté se distingue par des tremblements et une démarche chancelante. Il ont également tendance à se lécher le museau et se mettre en retrait du troupeau.

Quelles causes ?

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Lors de la grande crise de la "vache folle", les autorités sanitaires établissent que la maladie est causée par la présence, dans un organisme animal, de protéines pathogènes issues de tissus d'un autre animal. À l'époque, les aliments pour bovins préparés à base de cerveau et de moelle épinière d'animaux contaminés sont désignées pour responsables, ce qui va conduire les législateurs à l'interdiction des farines animales pour l'alimentation du bétail.

Comment c'est dépisté ?

Malgré la présence de symptômes, il est nécessaire de pratiquer des analyses après la mort pour s'assurer de la présence de l'ESB chez un animal. À ce jour, les experts sont en effet dans l'impossibilité d'établir un diagnostic fiable sur une bête vivante. Selon le ministère de l'Agriculture, 222.500 bovins sont testés chaque année à l'équarrissage (mode de traitement des cadavres pour les animaux morts à la ferme) et 18.700 le sont à l'abattoir (pour les animaux destinés à la chaîne alimentaire). 

En cas de détection confirmée des agents pathogènes sur un animal, la procédure sanitaire en vigueur en France vise à éliminer tout risque d'épidémie. Par conséquent, tous les animaux ayant été en contact avec le sujet malade ou bien lié à lui par filiation doivent être abattus et les cadavres doivent être incinérés.

Quels risques chez l'homme ?

Transmissible en cas de consommation de viande infectée, la maladie de la "vache folle" peut provoquer chez l'humain le développement de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Identifiée pour la première fois en mars 1996 chez des patients plus jeunes que ceux touchés par la forme classique de la pathologie, il s'agit là aussi d'une dégénérescence du système nerveux central. Elle provoque entre autres des tremblements, des troubles visuels et la démence avant d'aboutir à la mort. Il n'existe aucun vaccin ou traitement.

Selon l'Institut de veille sanitaire, 27 personnes sont décédées en France de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob depuis 1996. À travers le monde, ce sont 230 personnes qui ont développé la maladie, indique l'Institut national de la santé et de la recherche médicale. Mais il existe une incertitude sur la possibilité que de nombreuses personnes soient porteuses de la maladie sans le savoir. La période d'incubation de la maladie serait tout aussi longue que celle de la maladie originelle de Creutzfeldt-Jakob, qui peut dépasser les 50 ans.

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