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Olivier Faure le 30 juin 2026
Crédit : Thomas SAMSON / AFP
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Une motion de censure sans grand suspense. L'Assemblée va examiner, ce lundi 6 juillet, la motion de censure déposée par le groupe écologiste. Les élus signataires ont souhaité dénoncer "l'impréparation" de Sébastien Lecornu et de son gouvernement, "à la fois de la canicule qu'on a connue, mais surtout de la canicule qui arrive", comme l'a expliqué la présidente du groupe Cyrielle Chatelain.
En calculant le nombre de votants, cette motion a peu de chances d'obtenir les 289 voix nécessaires pour faire tomber le gouvernement Lecornu. Le groupe La France insoumise a indiqué qu'elle comptait la voter, tandis que le Rassemblement national n'entend "pas rendre service" aux élus écologistes.
Et les socialistes ? La réponse n'est pas évidente pour le groupe de députés présidé par Boris Vallaud.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a annoncé qu'il voterait la motion de censure des Écologistes, dans un entretien accordé au Parisien. "Le défi écologique est relativisé et les crédits qui lui sont destinés sont systématiquement rabotés", a affirmé le dirigeant socialiste. "Il faut adresser un avertissement clair. (...) Alors oui, je censurerai", a-t-il indiqué, dénonçant "une impréparation coupable de ce gouvernement, comme des précédents".
Mais ces propos du député socialiste ne laissent pas pour autant supposer de la position de son groupe. 24 heures après cette annonce du numéro 1 du parti, le groupe PS a annoncé, dans un communiqué, qu'il ne votera pas la motion de censure déposée par les Écologistes. En l'absence de soutien du RN et du PS, la motion n'a aucune chance de recueillir les 289 voix nécessaires pour faire tomber le gouvernement.
"Nous partageons (...) la colère contre l'inaction climatique d'Emmanuel Macron" mais les Français attendent "des solutions plutôt que d'entrer dans une crise politique sur ce sujet", ont écrit les députés PS dans un communiqué, qui donnait le résultat d'un vote interne des députés. L'ancien président socialiste et député de Corrèze, François Hollande a par ailleurs affirmé ne pas être "favorable" à cette motion. "Nous avons besoin d'un gouvernement, d'une stabilité", a-t-il défendu.
Cette divergence entre le patron du parti et les députés socialistes intervient à quelques jours d'un vote crucial des militants du Parti socialiste, appelés à trancher le 9 juillet sur la stratégie de désignation d'un candidat pour la présidentielle, avec plusieurs scénarios de primaires sur la table.
Sollicité par l'AFP, l'entourage du président du groupe, Boris Vallaud, a expliqué que la majorité au sein des députés PS a été "nette", à "deux tiers, un tiers", pour s'opposer au vote de la motion de censure. Toujours selon l'entourage du patron des députés, opposant en interne à Olivier Faure, le vote sur la motion de censure ne reproduit pas les dissensions sur la stratégie pour 2027.
La décision du groupe socialiste a été critiquée par des adversaires à gauche. "Ils confirment leur dissolution définitive dans le bloc macroniste", a dénoncé sur X le député LFI Aurélien Le Coq.
La veille du vote, le 5 juillet, Sébastien Lecornu a tenté de désamorcer la situation en répondant à une partie des demandes des socialistes. Dans un courrier, consulté par l'AFP, le Premier ministre a annoncé l'inscription au Sénat d'une proposition de loi sur l'adaptation au changement climatique, mais sans accéder à leur demande de hausse du Fonds vert.
Des critiques virulentes avaient émergé de la part de l'opposition durant la canicule de juin, accusant le gouvernement d'avoir été trop lent à déployer les investissements nécessaires à l'adaptation, notamment à l'école ou dans les hôpitaux, des lieux qui ont fortement souffert.
Le gouvernement a de son côté mis en avant son bilan, à travers notamment la création du fonds vert en 2023 pour financer les projets des collectivités territoriales destinés à accélérer la transition écologique, mais dont les dotations ont été lentement réduites.
Le chef du gouvernement a par ailleurs appelé le groupe de Boris Vallaud à "continuer à construire des compromis utiles" avec son gouvernement "plutôt que d'ajouter le désordre politique aux difficultés du pays". La motion sera défendue à partir de 14 heures dans l'hémicycle, avant d'être soumise au vote.
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a dénoncé une motion de censure "de posture politique" de la part des écologistes. "Ce n'est pas très sérieux. On a en ce moment 3.000 pompiers qui sont mobilisés sur des incendies (...) On a des difficultés sur le plan budgétaire, on a des lois importantes qui arrivent à l'Assemblée, notamment sur la protection de l'enfance", a réagi la porte-parole sur Franceinfo. "Face à la situation qu'on traverse, prétendre que censurer le gouvernement pourrait durablement, et également à court terme d'ailleurs, apporter des réponses est un mensonge politique", a-t-elle estimé.
Se projetant sur une éventuelle motion de censure du gouvernement à l'automne sur le budget, Maud Bregeon a également jugé "qu'il serait absolument insensé de priver la France d'un budget pour l'année 2027". "Imaginez six, sept, huit mois" sans budget, jusqu'aux élections présidentielle et législatives, "sans possibilité pour les collectivités territoriales d'avoir recours au Fonds vert pour opérer la transition écologique", a-t-elle averti.
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