2 min de lecture Bernard Cazeneuve

Violences policières : une affiche de la CGT choque les syndicats de police

L'affiche met "gravement en cause la police nationale", a estimé Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, lundi 18 avril.

Bernard Cazeneuve à Toulouse, le 22 décembre 2015
Bernard Cazeneuve à Toulouse, le 22 décembre 2015 Crédit : AFP
Félix Roudaut
Félix Roudaut
et AFP

Une affiche de la CGT a mis le feu aux poudres, samedi 16 avril. Sur une scène fictive, des pavés sont couverts de sang. À quelques centimètres de cette vision d'horreur, une matraque gît au sol sur un insigne CRS, laissant à penser qu'elle est l'arme du crime. En commentaire de l'affiche du mouvement syndical : "La police doit protéger les citoyens et non les frapper ! Stop à la violence". Une opération de communication du syndicat Info'Com de la CGT qui n'a pas été du goût du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, ni de deux syndicats de policiers, ce lundi 18 avril.

L'affiche met "gravement en cause la police nationale", a estimé Bernard Cazeneuve dans une lettre ouverte à Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, dénonçant la "violence" d'une campagne "choquante". Le ministre a tenu à rappeler qu'en 2015, pas moins de 18.000 policiers et gendarmes ont été blessés dans l'exercice de leur fonction, et huit ont perdu la vie. D'autant que selon lui, les forces de l'ordre sont "soumises à un contrôle étroit et exigeant". Il appelle à "protéger, plutôt que de chercher à détruire" le "lien de confiance entre la population" et les forces de sécurité. 

"Un appel abject à la haine"

Synergie
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Plus tôt ce lundi, deux syndicats d'officiers de police avaient déjà protesté contre cette affiche dans des communiqués distincts. Pour le syndicats majoritaire chez les officiers de police, SCSI-CFDT, cette "affiche de la honte", est une "injure aux milliers de policiers et gendarmes blessés ou tués dans l'exercice de leur fonction". Le syndicat se réserve par ailleurs le droit de porter plainte. Synergie, second syndicat, a quant à lui évoqué un "appel abject à la haine" et à la "violence" contre les forces de l'ordre. Il a demandé au ministère de l'Intérieur de "déposer plainte contre cette campagne calomnieuse".

"On ne compte pas les excès de la police qui veut mater les jeunes, qu'ils soient étudiants ou lycéens",  a estimé de son côté la CGT. Les tensions entre manifestants et policiers sont récurrentes depuis le début du mouvement contre le projet de loi Travail, dans lequel les lycéens sont en première ligne, et plusieurs incidents ont eu lieu ces derniers jours dans des lycées Franciliens, occasionnant des dizaines d'interpellations. Un policier mis en cause dans une vidéo largement diffusée où on le voit frapper un lycéen à Paris en marge de manifestations contre le projet de loi travail, le 24 mars, doit être jugé en mai pour violences volontaires. Le parquet de Paris a ouvert mi-décembre une enquête préliminaire après la plainte déposée par dix-huit adolescents qui accusent des policiers du commissariat du 12e arrondissement de violences, agressions sexuelles et insultes racistes à leur encontre. 

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