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"Tous des salopards", "on les aura" : des messages privés d'Emmanuel Macron dévoilés dans un livre

Pendant deux ans, la journaliste Françoise Degois a échangé sur Telegram avec Emmanuel Macron. Des messages privés qu'elle a décidé de révéler dans un livre qui sort ce jeudi 5 novembre 2026.

Emmanuel Macron le 14 juillet 2025.

Crédit : Mohammed BADRA / POOL / AFP

Alexian Giron

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Quand des échanges privés deviennent publics. Ce jeudi 5 novembre, la journaliste Françoise Degois publie un livre intitulé Vous êtes tous trop durs avec moi aux éditions Robert Laffont. Un ouvrage dans lequel l’essayiste dévoile une multitude de conversations privées qu’elle a entretenues avec Emmanuel Macron pendant deux ans sur Telegram. Des écrits consultés en avant-première par Le Figaro et Marianne.

La journaliste, qui fut aussi conseillère de Ségolène Royal, concède n'avoir pas demandé l'autorisation du président avant de rendre publique cette correspondance. "C'est un livre qu'on a découvert lundi", confirme l'entourage d'Emmanuel Macron à l'Agence France-Presse. Soit trois jours avant la parution de l'ouvrage, qui mêle échanges de messages sur la plateforme Telegram et récit politique. 

Emmanuel Macron ne veut pas "démissionner", il "avance"

La conversation s'engage entre Emmanuel Macron et l'ex-journaliste politique puis conseillère de Ségolène Royal, après que celle-ci a pris la défense de Brigitte Macron, cible d'une vague de cyberharcèlement et de complotisme sur son identité. "Aucune femme ne mérite d'être traitée ainsi", avait-elle commenté sur X à la fin de l'été 2024. Dans un message privé reçu sur Telegram, le président de la République l'avait remercié.

Depuis ce jour, la discussion s'est poursuivie, aussi sur le terrain politique. Les deux correspondants évoquent les législatives anticipées après la dissolution de l'Assemblée nationale. Françoise Degois suggère notamment à Emmanuel Macron d'essayer la gauche. "Vous n'avez pas gagné, c'est le RN qui a gagné", lui rétorque le président, balayant la campagne menée par le Nouveau Front populaire à propos d'une nomination de Lucie Castets comme Première ministre. "Il n’y a qu’elle et vous tous pour croire qu’elle peut aller un jour à Matignon."

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D'après les échanges consultés par Le Figaro, la politique est un sujet central de leurs discussions. Lorsque François Bayrou se retrouve en difficulté et alors que de nombreuses personnalités politiques réclament la démission du chef de l'État, la réponse de l'intéressé ne se fait pas attendre : "Démissionner ? Jamais ! Pour aucune raison ! Je ne compte pas déserter. J’avance."

Après la chute de Bayrou, Emmanuel Macron commente l'arrivée de son fidèle Sébastien Lecornu - "le type idéal à Matignon" - et sa décision de suspendre la réforme des retraites à laquelle il était attachée. "Si moi, je veux me refaire la cerise, alors oui je la suspends. Si je pense au pays, je ne le fais pas une seule seconde. Si on suspend la réforme, c'est bien le pays qu'on met dans la merde", écrit-il. 

Les socialistes sont tous "des nazes", selon lui

De la dissolution ratée en juin 2024 à l'ascension du Rassemblement national, le chef de l'État s'épanche sur ses décisions et sa détermination à tenter d'empêcher le parti lepéniste d'accéder à l'Élysée. "Cette dissolution, qui m'a tant coûté à tous égards, a quand même bloqué le RN là. J'en suis sûr. Il était prêt pour l'automne mais pas pour juin (..) Et pendant que les autres ébrouent leurs ego, ils se repréparent. Ce sera là leur responsabilité", assure-t-il. 

Et de marteler : "La machine veut du sang. Elle veut le RN", écrit-il un soir de juin 2026. En est-il effrayé, inquiet ? "Non ! Haut les cœurs ! On les aura ! Tous !"

Le chef de l'État s'en prend également aux socialistes et à la droite. À part Olivier Faure, premier secrétaire du PS, les autres seraient tous "des nazes" à ses yeux. "C'est un mec bien, très bien, Olivier. Qu'il y aille [à la présidentielle], les autres, ce sont des nazes. Si on les prend un par un", écrit-il. Et à droite, "la plupart courent à la gamelle RN au galop", ajoute-t-il. 

Avant de s'en prendre à son jeune Premier ministre sortant d'alors, Gabriel Attal, désormais candidat Renaissance à la présidentielle de 2027. "On lui a trop tout donné. Tout le temps. Trop", s'insurge-t-il. Et concernant ceux qui disent du mal de lui dans la presse ? Sa réponse est cinglante : "Vous devriez dire que ce sont tous des salopards". 

Un président qui pense déjà à l'après 2027

Françoise Degois décrit Emmanuel Macron comme une personne isolée et parfois déstabilisée par les critiques. Concernant son bilan ? Aucun regret, semble-t-il. "On a fait beaucoup de choses contre le séparatisme, pour le pouvoir d'achat. Vous êtes trop durs avec moi". Après l'Élysée, le président de la République se voit poursuivre une carrière... mais pas en France. "Je n'irai chez personne. En tout cas, si j'en fais du business, ce sera le mien et je pense plutôt hors de France mais je ne serai ni leur employé ni leur obligé. Jamais", a-t-il écrit.

Emmanuel Macron semble parfois avoir le cafard. En octobre 2024 lors d'un sommet européen à Bruxelles, le chef de l'État écrit : "Je m'ennuie. C'est triste et sans créativité. Mario Draghi et Angela Merkel me manquent terriblement. Oui parfois les choses me pèsent." Avant de reprendre ses esprits : "Non, elles ne me pèsent pas, je ne suis jamais découragé, vous savez". 

Réputé ne douter de rien, Emmanuel Macron est aussi au rendez-vous dans ce registre. "C'est pas réglé, mais on ne lâche rien. Donald, y connaît pas Raoul", lâche-t-il dans une référence à une réplique du film culte Les tontons flingueurs alors qu'il tente de convaincre Donald Trump de renoncer au Groenland. 

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