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"Pas très différente de Giorgia Meloni" : Michel Houellebecq imagine une France dirigée par Marine Le Pen

L'auteur de "Soumission" a esquissé un parallèle avec la situation de l'Italie dans un entretien au journal espagnol "El Pais". Il estime que l'étiquette d'extrême droite accolée au parti de Marine Le Pen n'est plus adaptée.

Michel Houellebecq, le 17 février 2026

Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

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À quoi ressemblerait une France sous la présidence de Marine Le Pen ? Interrogé par le quotidien espagnol El Pais à l'occasion d'un festival de littérature et d'humour organisé à Bilbao, Michel Houellebecq a esquissé un parallèle avec l'Italie. "Je ne pense pas que ce serait très différent de ce que fait Giorgia Meloni en Italie", a estimé l'écrivain, qui a également livré sa vision du Rassemblement national (RN) et de la gauche française.

Pour Michel Houellebecq, la montée du RN est à considérer à l'aune de la progression "des nationalistes conservateurs à l'échelle européenne". Un mouvement qui, selon lui, "rend la gauche de plus en plus agressive et craintive et finit par pousser tout le monde vers l'extrême-droite". D'après lui, "le niveau de militantisme de gauche a considérablement baissé", par rapport à sa jeunesse, où "les gens de gauche avaient lu ou étaient en train de lire Karl Marx". "Je ne crois pas que ce soit le cas aujourd'hui, et je ne suis même pas sûr qu'ils en seraient capables".

L'auteur de Soumission conteste par ailleurs l'étiquette d'extrême droite appliquée au parti de Marine Le Pen. "Je pense qu'ils sont nationalistes, conservateurs, voire très conservateurs, mais ni fascistes ni d'extrême droite", affirme-t-il. Il estime aussi que Marine Le Pen "n'a pas hérité des obsessions de son père".

Questionné sur le fait d'être lui-même qualifié d'écrivain "facho", Michel Houellebecq admet que cette étiquette est "assez épuisante", tout en concédant qu'il s'y est résigné. L'écrivain distingue surtout le fascisme historique de l'usage actuel du terme. 

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Selon lui, cette idéologie possédait des caractéristiques précises, telles que "le culte du chef, le goût pour la guerre et l'intolérance envers l'ennemi politique". Aujourd'hui, déplore-t-il, le mot est utilisé "un peu pour tout, pour insulter n'importe qui".  "Maintenant, on emploie ce mot un peu à toutes les sauces, pour insulter n’importe qui. La même chose s’est produite avec la notion d’extrême droite. Bon, c’est inévitable, et je crois qu’en France c’est intimement lié à la montée du Rassemblement national", dit-il.

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