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Sous-indexation, abattements… Ce que le budget 2027 pourrait vraiment coûter aux retraités

Au total, il est question de 5,5 milliards d'euros à trouver auprès des retraités via deux mécanismes, d'après le projet de loi de finances de l’État et de financement de la Sécurité sociale présentée jeudi 1er octobre en conseil des ministres.

Un couple de retraités en plein calcul. (Illustration)

Crédit : iStock

Budget 2027 : quel effort pour les retraites ?

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Pierre Herbulot & AFP & La rédaction numérique de RTL

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On connaît désormais le détail des 54 milliards d'euros d'économies prévus par le gouvernement dans son budget 2027 et les retraités vont être largement mis à contribution. Plus de 10% de ces coupes concernent les plus âgés dans la copie de projet de loi de finances de l’État et de financement de la Sécurité sociale présentée jeudi 1er octobre en conseil des ministres. Au total, il est question de 5,5 milliards d'euros à trouver auprès des retraités, via deux mécanismes.
Officiellement,  il n'est pas question de baisser les pensions de retraite. Pour autant, toutes les pensions n'augmenteront pas en janvier en suivant le rythme de l'inflation : seules les pensions inférieures ou égales à 85 % du Smic, soit 1.260 euros (base et complémentaire comprises) seront concernées, d'après la version du texte en l'état. Et ce, contrairement à la règle habituellement suivie.

Pour l'instant, dans le schéma proposé par le gouvernement, si toutes les pensions au-dessus de 1.260 euros étaient gelées, environ 4 milliards d'euros seraient économisés.
Le reste - 1,5 milliard - viendrait d'un autre coup de rabot lié à l'abaissement à 3.000 euros du plafond de l'abattement dont bénéficient les retraités les plus aisés. Jusqu'ici, ils disposaient d'un avantage fiscal de 10%, mais ne pouvaient pas déduire plus de 4.400 euros de leurs impôts. Matignon veut descendre à 3.000 euros de déduction maximum. La logique est donc celle-ci : plus la retraite est grande, plus l'effort demandé pour redresser les finances du pays est important.

Le gouvernement n'a pas la main sur les complémentaires

Mais alors, qu'est-ce que cela changerait pour votre portefeuille concrètement ? Pour comprendre les effets du premier mécanisme sus-cité, il faut avoir en tête que le gouvernement n'a la main que sur les retraites de base, pas les complémentaires.

Prenons l'exemple d'un retraité qui touche 2.000 euros de pension, avec 1.000 euros en retraite de base - la partie dont il est question avec le calcul - et 1.000 euros en complémentaire. Si les parlementaires qui vont fixer les seuils décident d'un gel complet des pensions, dans ce cas-là, pour notre retraité témoin, la perte de pouvoir d'achat équivaudrait à 25 euros par mois et donc 300 euros par an.

En cas de sous-indexation, ce que souhaite le gouvernement, on pourrait arriver à une revalorisation de 1,9%, au lieu des 2,5% d'inflation. En bref, cela conduirait notre retraité à 2.000 de pension dont 1.000 de retraite de base à une perte de pouvoir d'achat de 6 euros par mois et 72 euros par an. Multiplié par le nombre de retraités, cela fait beaucoup d'économies pour l'État.

Vers des débats sur le sujet au Parlement

"En 2027, nous visons un déficit à 5% du PIB. Nous ralentissons la dépense en partageant l'effort et en ciblant les dépenses les moins efficaces. Nous refusons les hausses généralisées d'impôts. Nous indexons le barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation. Nous avons voulu aussi protéger les plus modestes", a assuré le ministre de l'Économie, Roland Lescure, jeudi. Au chapitre des autres économies, le gouvernement prévoit encore un gel de certaines prestations comme les allocations familiales, mais le RSA, l'allocation adulte handicapés et le minimum vieillesse ne sont pas concernés.

Il convient par ailleurs de noter qu'il ne s'agit pour l'heure que d'une copie gouvernementale du budget, qui a vocation à être discutée à l'Assemblée nationale et au Sénat dans les prochaines semaines. Les retraites promettent d'ailleurs d'être un sujet d'accrochage majeure entre les différentes forces politiques.

"Le Premier ministre présente une copie en total décalage avec la situation économique, sociale et environnementale du pays", a affirmé le groupe Ecologiste et social du palais Bourbon. "Plutôt que de faire contribuer les très gros héritages et de taxer les superprofits pétroliers, le gouvernement préfère taper toujours plus au portefeuille de celles et ceux qui ont le plus besoin d'aide", estime-t-il encore.

Autrement dit, le Parlement pourrait donc débattre sur les niveaux de pensions susceptibles bénéficier de hausses, et avec quel taux d'augmentation, à condition de parvenir au montant d'économies escompté. À noter que le gel des retraites et de certaines prestations familiales serait rapidement réversible si une nouvelle majorité parvient au pouvoir après les élections du printemps 2027, puisqu'un décret simple permettrait de rétablir une totale indexation.

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