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Sondages : "Au bout du compte, l'électeur n'en fait qu'à sa tête", assure Alba Ventura

ÉDITO - Le journal "Le Parisien" a décidé de ne plus commander de sondages durant la présidentielle. La vie sans ces études politiques est-elle possible ?

Un bulletin de vote glissé dans l'urne (illustration)
Un bulletin de vote glissé dans l'urne (illustration)
Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Sondages : "Au bout du compte, l'électeur n'en fait qu'à sa tête", assure Alba Ventura
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Sondages : "Au bout du compte, l'électeur n'en fait qu'à sa tête", assure Alba Ventura
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Alba Ventura & Loïc Farge

D'abord, il y a quand même une légère hypocrisie. Le journal Le Parisien-Aujourd'hui en France nous dit : "On arrête les sondages, mais on ne s'empêchera pas de commenter ceux des autres". Amusant, non ? Il est évident que c'est un bon moyen de faire des économies. Mais pourquoi ne pas tenter l'expérience ? Certes on peut très bien se passer des sondages. Regardez, on n'avait pas eu de sondage depuis deux semaines et demi. Rien depuis le 17 décembre ! Vincent Peillon n'a même jamais été testé depuis qu'il est candidat à la primaire de la gauche - et on ne s'en porte pas plus mal. Cela n'a pas duré : un premier sondage sur la primaire a été diffusé ce jeudi 5 janvier.

Maintenant, c'est exceptionnel. La vérité, c'est qu'avec le temps on a assisté à une frénésie de sondages et à une forme d'addiction aux sondages. Et tout ça devient parfois illisible. On fait des sondages l'alpha et l'oméga de la politique. Il y a presque une forme de facilité. Les journalistes du Parisien n'ont pas tort de dire qu'il est préférable d'aller voir les Français "sur le terrain". Mais attention : ça n'a pas plus de valeur. Un quartier ou un village, c'est un échantillon. Donc c'est aussi un sondage.

On fait tous des sondages

D'ailleurs, on en fait tous des sondages, tout le temps. Quand vous êtes à table en famille : "Et toi, tu votes pour qui ?", "Et toi, tu penses qu'un tel va se qualifier ?". Quand vous allez au bistrot, c'est pareil. Tout le monde commente, tout le monde fait son propre sondage. On est accro. Les politiques, encore plus que nous. Eux se regardent dans les sondages. Ils se shootent aux sondages. Ils se regardent l'ego dans les sondages. Certains dirigeants ont même gouverné aux sondages. Nicolas Sarkozy en avait commandé plus de 260 entre 2007 et 2009.

Les sondages intoxiquent-ils les Français ? Pas forcément ! D'ailleurs la meilleure preuve, c'est que l'électeur fait ce qu'il veut. Il n'y a qu'à voir le Brexit, l'élection de Donald TrumpFrançois Fillon, et plus loin encore le "non" au référendum européen en 2005. Il n'y a pas d'influence sur les scrutins. Au bout du compte, les électeurs n'en font vraiment qu'à leur tête.

Regarder la courbe dessinée par un sondage

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C'est pour cela qu'il faut toujours garder à l'esprit que les sondages ne sont pas une projection fidèle, fiable de l'opinion des Français. C'est un reflet, à un moment donné. Ce n'est jamais une image complète. Il ne s'agit pas de dire que les sondages c'est mal ou inutile. Il ne s'agit pas d'être dans le fantasme du complot, du type "les sondages roulent pour les politiques qui marchent avec les médias, et tout ce petit monde complote pour sortir un favori".

Les sondages, il s'agit de bien les utiliser, de les confronter, de regarder sur le long terme, d'observer une dynamique. L'essentiel d'ailleurs, ce n'est pas le sondage en soi : c'est la courbe qu'il dessine, au fil des études. L'important est de toujours rappeler que le sondage, c'est une photo. Plus on est loin de l'échéance, plus la photo est floue.

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