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Sahel : pour Florence Parly, vaincre les jihadistes prendra du temps

La ministre des Armées est en visite dans les pays du Sahel. Depuis le Tchad, Florence Parly a réaffirmé l'engagement de la France mais a expliqué qu'il faudra faire preuve de "patience" dans le combat contre les groupes jihadistes.

Florence Parly, ministre des Armées, le 22 mai 2019
Florence Parly, ministre des Armées, le 22 mai 2019 Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP
Maeliss
Maeliss Innocenti et AFP

Florence Parly a entamé ce lundi 4 novembre une tournée des pays du Sahel, QG de la force Barkhane, avec une première étape au Tchad. La ministre des Armées se rendra ensuite au Burkina Faso et au Mali.

Sa visite intervient deux jours après la mort du brigadier Ronan Pointeau, soldat français tué au MaliFlorence Parly lui a rendu hommage, ainsi qu'aux 51 militaires maliens tués lors de l'attaque, revendiquée par Daesh.

Le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, "s'était distingué par sa vaillance, son talent et son enthousiasme (...), nous devons continuer le combat auquel il a consacré sa vie, jusqu'à la donner", a déclaré Mme Parly devant les militaires de Barkhane.

"Et je veux avoir une pensée pour les militaires maliens tombés lors de l'attaque" à Indelimane vendredi, "eux aussi paient lourdement le prix du sang dans ce combat", a poursuivi la ministre. 

L'engagement au Sahel, une priorité pour la France

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Au moins 51 soldats maliens ont été tués vendredi et samedi: 49 dans l'attaque d'un camp militaire à Indelimane, dans le nord-est, également revendiquée par l'EI, et deux samedi dans le centre du Mali.

La ministre a réaffirmé ce lundi matin que l'engagement de la France au Sahel restait "une priorité". Elle a aussi expliqué que le combat contre les jihadistes dans ces pays sera long. "Nous mettrons du temps à vaincre ces groupes qui prospèrent sur les difficultés sociales et économiques des pays sahéliens", a-t-elle estimé au Centre opérationnel interarmées de Barkhane, à N'Djamena.

L'opération française, lancée en août 2014, mobilise 4.500 militaires français dans la bande sahélo-saharienne, en soutien aux armées nationales qui combattent des jihadistes affiliés au groupe Etat islamique (EI) ou à Al-Qaïda.

"C'est un combat dans lequel il faut faire preuve de patience", a martelé la ministre, ajoutant: "Barkhane ne s'enlise pas. Barkhane s'adapte en permanence (...), il faudra encore du temps pour construire cette résilience des forces locales". 

Les violences jihadistes persistent dans le nord du Mali, six ans après l'intervention militaire française Serval, à laquelle a succédé l'opération Barkhane. Elles se sont propagées au Burkina Faso et au Niger voisins. Quatre personnes, dont le député-maire de Djibo, une grande ville du nord du Burkina Faso où les jihadistes multiplient les attaques, ont été tuées dimanche dans une embuscade, non loin d'un camp de l'armée que 70 soldats français de Barkhane avaient contribué à renforcer en septembre.

Les armées nationales des pays sahéliens, parmi les plus pauvres au monde, semblent incapables d'enrayer la progression des attaques malgré l'appui de troupes étrangères et notamment des militaires français.

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