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Retirer le drapeau européen de la façade des mairies ? La question divise au sein du Rassemblement national

Plusieurs maires Rassemblement national élus aux dernières élections municipales ont retiré le drapeau européen des façades de leurs mairies, un geste soutenu par des cadres du parti et temporisé par d'autres.

Marine Le Pen à Paris, le 6 octobre 2022

Crédit : Alain JOCARD / AFP

Marie-Pierre Haddad

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Exit le drapeau européen ? Après la décision de plusieurs maires Rassemblement national d'enlever le drapeau européen des façades de leurs hôtels de ville, Marine Le Pen évoque "une liberté de choix". 

Dans un entretien au Parisien publié le mardi 31 mars, la cheffe des députés RN a indiqué qu'"aucun texte n'oblige à poser le drapeau européen sur le fronton de la mairie". En effet, aucun texte de loi n'oblige la présence du symbole européen sur les façades des mairies à l'exception du 9 mai, journée de l'Europe. La Constitution ne reconnaît que le drapeau tricolore.  

Selon Marine Le Pen, cela est donc possible depuis le rejet du référendum sur la Constitution européenne de 2005. "Un certain nombre de maires considèrent que le respect du vote et de la volonté exprimée démocratiquement par les Français nécessite de pavoiser les municipalités exclusivement avec le drapeau national", a-t-elle expliqué.

Le drapeau européen retiré de plusieurs mairies RN

En décidant de retirer le drapeau européen de la façade de sa mairie, le maire RN de Carcasonne Christophe Barthès a appuyé son geste en écrivant sur X : "Dehors les drapeaux européens à la mairie ! Place aux drapeaux français". 

Bryan Masson, édile de Cagnes-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes, a publié une photo de la façade de l'hôtel de ville, elle aussi dénuée de drapeau européen. Le maire RN de Harnes dans le Pas-de-Calais Anthony Garénaux-Glinkowski avait, lui, pris l'initiative, dès son installation le 24 mars, de retirer les drapeaux européen et ukrainien. 

Des cadres RN ont mis en avant un autre argument pour justifier les retraits : "Les Français ont refusé par référendum en 2005 le 'drapeau' européen, il est donc illégitime en France", a ainsi écrit sur X le député Jean-Philippe Tanguy. 

Un sujet qui divise au sein du Rassemblement national

Mais la question d'afficher ou non le drapeau européen semble diviser au sein du RN. Si Marine Le Pen a évoqué une décision libre à chaque édile, Marion Maréchal voit dans le drapeau européen "l’une des rares références à notre civilisation au sein de l’institution européenne". Mais pour la députée RN : "Libre à elle de le revendiquer, si elle le souhaite. Moi, je ne me reconnais pas dans ce drapeau qui, même si à l’origine il était sans doute drapé de bonnes intentions, est devenu aujourd’hui le symbole d’une forme d’oppression sur notre démocratie que je conteste".

Sur BFMTV, l'allié du RN Éric Ciotti a indiqué "respecter le choix" des maires qui ont décroché le drapeau européen en ponctuant : "Ce n'est pas le mien". "Il y a le drapeau européen sur la mairie de Nice et dans mon bureau. Chacun son choix", a-t-il indiqué.

Le sujet du drapeau européen fait écho à l'ancien programme du Front national d'organiser un "frexit", c'est-à-dire une sortie de la France de l'Union européenne. Mesure phare de son programme, Marine Le Pen avait cependant décidé d'y renoncer en pleine campagne en 2017. Comme le rappelle Franceinfo, lors d'une interview sur TF1, la candidate RN avait demandé à la chaîne de retirer le drapeau européen de son plateau.

Philippe Olivier, conseiller de Marine Le Pen, évoque auprès du Monde, des "décisions individuelles", autrement dit pas une ligne dictée par le RN tout en ajoutant que "le parti ne condamne pas". "Les maires ne sont pas sous la tutelle du RN", a-t-il indiqué. Voyant les critiques sur un retour à une mesure fondamentale du programme de Marine Le Pen il y a dix ans, Pierre-Romain Thionnet, eurodéputé et proche conseiller de Jordan Bardella, a expliqué sur X : "Détruirons-nous l’UE ? Non. En sortirons-nous ? Non. Nous en changerons totalement le logiciel afin de la mettre au service de la puissance des nations et de la protection des peuples".

Une proposition de loi visant à rendre obligatoire le pavoisement des drapeaux français et européen au fronton des mairies de communes de plus de 1.500 habitants avait été adoptée par l'Assemblée nationale en 2023. Transmise au Sénat, elle n'a pas été encore examinée par la chambre haute du Parlement. 

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