3 min de lecture DSK

DSK très attendu à la barre du procès Carlton

Trois ans et demi après les premières fuites dans la presse sur son éventuelle implication dans cette affaire, Dominique Strauss-Kahn va enfin devoir donner sa version des faits à la barre du procès du Carlton ce mardi.

Dominique Strauss-Kahn, le 26 février 2013
Dominique Strauss-Kahn, le 26 février 2013 Crédit : AFP
micro générique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Le jour est enfin venu pour Dominique Strauss-Kahn : poursuivi pour proxénétisme aggravé aux côtés de 13 autres prévenus alors qu'il a toujours nié tout fondement à cette accusation, il va devoir livrer sa version de l'affaire dite du Carlton au tribunal correctionnel de Lille.

Trois ans et demi après les premières fuites dans la presse sur son éventuelle implication dans cette affaire, l'ancien directeur du FMI, âgé de 65 ans, va avoir deux jours et demi pour se disculper à la barre. Il encourt 10 ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende.

C'est le 16 octobre 2011 que DSK a demandé à être entendu par les juges pour faire cesser les "insinuations malveillantes" qui avaient commencé à circuler au sujet de son rôle dans un réseau de recrutement de prostituées pour animer des soirées chaudes.

"Motivation politique, idéologique, morale"

DSK venant à peine cette année-là d'échapper aux griffes de la justice pénale américaine dans le scandale sexuel du Sofitel de New York, qui a brisé sa carrière politique, la nouvelle affaire - du viol on passait au proxénétisme - avait de quoi mettre définitivement à bas ce qu'il lui restait de réputation. Il a été finalement mis en examen le 26 mars 2012.

À lire aussi
Affaire Weinstein : qui est Benjamin Brafman ? harcèlement
Affaire Weinstein : la "promotion canapé" n'est pas du "viol" pour son avocat

Le parquet a requis ensuite le non-lieu concernant le renvoi en correctionnelle, estimant qu'il avait été bénéficiaire mais pas organisateur des festivités. Depuis le début, il a laissé à ses avocats, le réputé Henri Leclerc en tête, le soin de parler haut et fort d'une interprétation abusive du droit. "Motivation politique, idéologique, morale", voilà comment ses conseils avaient qualifié le renvoi de DSK devant le tribunal correctionnel.

DSK face à la meute

Quoi qu'il lui en coûte, et aussi contesté par certains soit le fondement judiciaire de sa mise en examen, voici DSK face à la meute, obligé de s'expliquer une fois de plus sur une affaire de moeurs, sous les yeux d'une presse nombreuse et impatiente. Il va notamment être confronté à ses accusatrices, au milieu peut-être d'allusions à ses goûts sexuels. A Jade, en particulier, dont les témoignages depuis le début du procès sur le monde de la prostitution ne manquent pas de glacer l'audience.

Le 2 février à l'ouverture du procès, il avait assuré par avance le président du tribunal de sa bonne volonté. "On en reparlera la semaine prochaine", avait dit Bernard Lemaire au célèbre prévenu. "Bien sûr", avait alors répondu, affable, Dominique Strauss-Kahn. Entre temps, le président du tribunal a pris bien soin de compartimenter les débats - aucun sujet ne devait être abordé sans la présence du prévenu concerné.

"Roi de la fête"

Durant ces audiences, la question de savoir si DSK était au courant du fait que ses partenaires sexuelles d'un jour étaient des prostituées n'a ainsi pas été posée. L'ombre de DSK a cependant plané en permanence sur les six premiers jours du procès qui devrait s'achever le 20 février. Au fur et à mesure que le tribunal passait en revue les différents cercles de protagonistes du dossier, il se rapprochait de lui.

Une des ex-prostituées, Mounia, qui s'est portée partie civile, a affirmé ce lundi qu'elle avait été dûment prévenue par son recruteur de l'identité du grand homme, alors favori pour la présidentielle de 2012. De l'accusation même, il ressort que DSK n'a probablement jamais payé une prostituée lors de ses sorties dans le nord, avec son cercle d'amis qui comptait un policier, Jean-Christophe Lagarde, deux entrepreneurs, Fabrice Paszkowski et David Roquet, et une spécialiste de l'événementiel, Virginie Dufour.

C'est à ce petit groupe d'amis du Nord que va aussi s'intéresser le tribunal à partir de ce mardi et jusqu'à jeudi matin. Ce que reproche la justice à cette fine équipe, c'est d'avoir amené des prostituées à des soirées organisées à Lille, Paris ou encore Washington, pour faire plaisir à Dominique Strauss-Kahn, "roi de la fête" qui, au minimum, ne pouvait être dupe du petit manège, selon l'accusation.

L'avocat de Nafissatou Diallo content du procès en France

Par ailleurs, l'avocat de l'ancienne femme de chambre Nafissatou Diallo, qui avait accusé Dominique Strauss-Kahn d'agression sexuelle, s'est dit ce lundi à New York "rassuré" que l'ancien directeur du FMI doive "rendre des comptes" devant la justice en France, contrairement à ce qui s'était passé aux Etats-Unis.

"L'histoire a montré quel type d'homme est DSK. Le pouvoir et l'argent ne devraient pas protéger DSK de la loi, et les mauvais traitements des femmes par DSK ne devraient pas être tolérés", écrit l'avocat Douglas Wigdor dans un communiqué, à la veille de l'audition très attendue à Lille. "Je suis rassuré qu'il doive finalement rendre des comptes de ses actions en France. Malheureusement, cela n'a pas été le cas à New York, en dépit des preuves physiques solides et incontestées, et du témoignage invariable de Mme Diallo", a ajouté l'avocat.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
DSK Affaire du Carlton Justice
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants