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Roland Lescure présente des mesures de soutien aux ménages confrontés à la hausse des prix du carburant, à Paris, le 22 septembre 2026.
Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
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Le gouvernement a présenté, ce mardi 22 septembre, une nouvelle série de mesures pour répondre à la flambée des prix des carburants. L'exécutif met en avant un contexte international tendu, lié notamment aux conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, qui pèse sur l'offre mondiale de pétrole et fait grimper les prix à la pompe.
Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, a assuré qu'il n'y avait, à ce stade, "aucun problème d'approvisionnement" en France pour les deux mois à venir, tout en reconnaissant que l'incertitude restait forte. "Nous avions conscience que la situation est très dure pour nos concitoyens, a-t-il ajouté. C'est une situation que nous n'avons pas choisie. Elle s'impose à nous, elle s'impose à nous toutes et nous tous".
Pour rappel, le gazole atteignait, ce mardi, 2,41 euros le litre en moyenne en France, un niveau record. L'essence SP98 s'établissait à 2,27 euros le litre, et le SP95-E10 à 2,17 euros.
La principale annonce concerne l'aide aux grands rouleurs. Elle est prolongée jusqu'à la fin de l'année et élargie : 5,5 millions de Français pourront désormais en bénéficier, contre 3 millions jusqu'ici. Le montant reste de 100 euros.
Selon Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée chargée de l'Énergie, cela représente "l'équivalent de 40 centimes par litre de carburant pour deux mois en moyenne".
Pour les 1,2 million de personnes déjà inscrites, le versement sera automatique. Pour les nouveaux bénéficiaires, une plateforme doit permettre de vérifier son éligibilité et de demander l'aide plus simplement.
Le gouvernement affirme aussi vouloir maintenir le chèque énergie dans le budget 2027. D'après les annonces, 4,5 millions de bénéficiaires le recevront automatiquement.
Son versement sera avancé à janvier 2027, au lieu d'avril. C'est un autre levier mis en avant pour soutenir les ménages les plus modestes face à la hausse des dépenses énergétiques.
Autre mesure annoncée : le plafond de la prime carburant que les employeurs peuvent verser à leurs salariés sera relevé de 600 à 1.000 euros. Cette prime resterait défiscalisée et exonérée de charges, afin d'inciter davantage d'entreprises à la mobiliser.
"Nous faisons ainsi de la prime carburant une aide concrète au pouvoir d'achat, actionnable par les entreprises au bénéfice de leurs salariés", a commenté le ministre des PME, Serge Papin.
Le gouvernement prolonge aussi jusqu'au 31 décembre plusieurs aides ciblées pour les secteurs les plus exposés. Pour le BTP, l'aide sur le gazole non routier est reconduite à 20 centimes d'euro par litre.
Pour les agriculteurs, elle est maintenue à 15 centimes par litre. Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche, a également annoncé la prolongation jusqu'en décembre des aides destinées aux pêcheurs.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé un bonus "territoire ruralité" de 80 euros pour les infirmiers et infirmières libéraux qui parcourent plus de 100 kilomètres par jour.
Selon elle, environ 25.000 professionnels sont concernés. Cette aide s'ajoute à celle de 100 euros pour les grands rouleurs. Ils pourront aussi reporter le paiement de leurs cotisations Urssaf sans pénalité.
David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, a rejeté l'idée selon laquelle l'État profiterait de la hausse des prix des carburants. Il affirme au contraire que les recettes fiscales liées aux carburants diminuent, avec 407 millions d'euros de recettes en moins par rapport à l'an dernier. Il cite à la fois la TVA et l'accise sur les énergies.
Les aides supplémentaires annoncées représentent 450 millions d'euros, a indiqué le ministre des Comptes publics.
Par ailleurs, le gouvernement veut inscrire dans le budget 2027 une "règle d'or" sur les carburants. Le principe est le suivant : si la hausse des prix devait finalement générer un surplus de TVA, ce surplus serait intégralement restitué aux Français, sous forme d'aides supplémentaires ou de mécanismes de compensation à la pompe. L'exécutif insiste sur le fait qu'il n'y aurait "pas de cagnotte" pour les finances publiques.
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