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Primaire Les Républicains : au Touquet, Nicolas Sarkozy raille les "oreilles sensibles" d'Alain Juppé

L'ancien chef de l'État a pourtant appelé à une primaire qui ne "dérive pas dans des querelles de personnes", samedi 27 août lors du campus des Jeunes républicains.

Nicolas Sarkozy lors de du campus des Jeunes républicains, au Touquet, samedi 27 août 2016.
Nicolas Sarkozy lors de du campus des Jeunes républicains, au Touquet, samedi 27 août 2016. Crédit : DENIS CHARLET / AFP
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Félix Roudaut
et AFP

La trêve estivale aura été de courte durée pour les cadres des Républicains. Alors que l'Hexagone est plongé dans une canicule propice à la torpeur, les candidats à la primaire de la droite et du centre entament la nouvelle saison politique sur les chapeaux de roue. Une bataille sans merci se profile et devrait s'étaler jusqu'au 20 novembre prochain, date du premier tour de la primaire. Et le premier acte de ce combat politique s'est joué samedi 27 août. Alain Juppé rassemblait ses soutiens à Chatou, dans les Yvelines, tandis que Nicolas Sarkozy haranguait les Jeunes républicains, dans une ambiance étouffante, au Touquet, dans le Pas-de-Calais. 

Devant plus d'un millier de personnes - 2.000 selon les organisateurs - l'ancien chef de l'État n'a pas hésité à brocarder son principal rival. Nicolas Sarkozy a en effet évoqué les "oreilles sensibles" d'Alain Juppé, en prenant garde toutefois à ne pas le nommer, "J'ai proposé - apparemment ça a choqué quelques oreilles sensibles - de suspendre le regroupement familial tant que l'Europe ne se serait pas dotée d'une politique migratoire", a-t-il lâché lors du campus des Jeunes Républicains, organisé pour la cinquième année consécutive. 

L'ancien Président des Républicain a ensuite feint l'étonnement : "C'est curieux, ça choque quand je le dis, quand madame Merkel le fait à l'endroit des réfugiés syriens, personne ne le dit", alors qu'Alain Juppé a jugé que ce ne serait "pas une attitude humaine". Et Nicolas Sarkozy de prévenir aussitôt : il ne sera pas "le candidat des compromis bancals, des dénis de réalité et des demi-solutions sur l'immigration comme sur le reste". 

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Après avoir égratigné le maire de Bordeaux, Nicolas Sarkozy a pourtant appelé son camp à l'unité, appelant à une primaire qui ne "dérive pas dans des querelles de personnes". Une invitation à l'unité qui lui permet de marquer ses différences avec... Alain Juppé sur la thématique de l'identité nationale. "Certains la voient heureuse, d'autres comme moi la voient avec un regard plus réaliste", a-t-il réagi, porté par les sifflets d'une salle acquise à sa cause. 

"Choisissez qui vous voulez, préférez qui vous voulez, ne sifflez pas, ne critiquez pas, on a déjà assez à faire avec la gauche, avec le FN et même avec le parti des observateurs" a réagi Nicolas Sarkozy devant ses soutiens, comme Gérald Darmanin, pressenti pour le poste de directeur de campagne, le numéro deux des Républicains Eric Woerth, mais aussi devant le président de la région, non-aligné dans la primaire, Xavier Bertrand.

Enfin, l'ancien président a donné son sentiment sur la polémique du moment. Au lendemain de la décision du Conseil d'État de suspendre un arrêté interdisant le port du burkini, il a redit son souhait d'une loi interdisant ce ce type vêtement, mais aussi le port du voile dans les universités, car "nous ne voulons pas de signe extérieur d'appartenance à une religion dans notre pays". 


"Je veux que celui qui n'en peut plus d'avoir peur pour sa femme et ses enfants dans les transports en commun se dise" en pensant à Nicolas Sarkozy : "'Lui, il a compris ce qu'on vit'", a-t-il lancé à l'adresse de la foule, qui lui a répondu par des acclamations. Nicolas Sarkozy a estimé qu'il n'y a "pas de compromis raisonnable avec l'islam radical et l'islam politique", sources selon lui de menaces pour les Juifs de France, les prêtres, les homosexuels, les femmes, la jeunesse.  

De son côté, Alain Juppé n'a pas souhaité rentrer dans la polémique. Pressé par les médias, le maire de Bordeaux a tout simplement refusé d'évoquer Nicolas Sarkozy. "Je refuserai toujours d'instrumentaliser les peurs, de flatter les bas instincts [...] Je veux rassembler plutôt que de chercher à cliver, rassembler plutôt que de vouloir exclure ou stigmatiser, rassembler plutôt que d'exciter les surenchères", a-t-il martelé depuis son pupitre à Chatou, sous des applaudissements nourris de son auditoire. 

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2016-08-28 09:58:00
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