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Présidentielle 2017 : les marchés financiers sensibles au "Juppé effect"

ÉDITO - La campagne électorale française passionne les investisseurs. Dernier exemple en date : l'intervention du maire de Bordeaux, lundi 6 mars.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
Présidentielle 2017 : les marchés financiers sensibles au "Juppé effect"
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Présidentielle 2017 : les marchés financiers sensibles au "Juppé effect"
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François Lenglet & Loïc Farge

10h30 et quelques secondes, lundi 6 mars. Le maire de Bordeaux Alain Juppé prend la parole avec une voix sinistre pour annoncer qu'il renonce à se présenter, donnant lui-même le sentiment que la droite française court à la catastrophe, c'est-à-dire à la défaite, avec un François Fillon obstiné et illégitime. Immédiatement, l'euro s'est mis à chuter, perdant près d'un centime façe au dollar américain. C'est ce que le Financial Times appelé le "Juppé effect" : l'effet Juppé.

L'association d'idées est simple : retrait de Juppé = difficultés politiques = président mal élu = politique budgétaire pas sérieuse, donc risque sur la dette française. Or, la France est l'une des principales économies de la Zone euro. Vendre la France, c'est donc vendre les euros qu'on a sur ses comptes. Et tout mouvement de vente unanime et précipité provoque une baisse du prix, parce qu'il y a plus de vendeurs que d'acheteurs, c'est-à-dire, pour une monnaie, une baisse des cours.

Un côté moutons de Panurge

Les investisseurs font tous le même calcul au même moment. C'est la caractéristique des investisseurs sur les marchés financiers : ils raisonnement comme les clients d'un grand magasin où retentirait une alerte incendie. Ils se précipitent tous ensemble vers la porte. Ils veulent revenir au magasin, là encore tous ensemble, même si la porte est étroite. Il y a un côté moutons de Panurge là-dedans.

Ce sont ces mouvements qui font bouger les cours : ceux de l'euro, ceux de la dette française et, bien sûr, ceux des actions. Il y a quinze jours, c'est le discours de François Bayrou qui avait lui, au contraire, avait fait monter le cours des emprunts français, en les rendant plus recherchés.

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En s'alliant avec Macron, le leader du MoDem rendait plus probable la victoire d'un modéré, l'ancien ministre de l'Économie, et donc une politique économique raisonnable. Le mécanisme était alors rigoureusement inverse à celui de Juppé, et tout aussi visible sur les cours.

Crainte d'une victoire du FN

Derrière tout cela, il y a la crainte d'une victoire du Front national. Une probabilité faible, mais qui n'est pas nulle, et qui réapparaît à chaque épisode de la comédie grotesque que donne la droite dite parlementaire. Qui dit Front national dit sortie de l'Union monétaire, donc retour au franc, donc dette publique convertie dans un franc qui serait mécaniquement dévalué face à l'euro, ce qui ferait perdre de l'argent aux investisseurs qui détiennent des titres de la dette française. En clair, ceux qui ont prêté de l'argent au Trésor, au Budget français, redoutent de ne pas être remboursés intégralement de leurs créances.

Il n'y a que la situation politique française qui fait bouger à ce point les marchés. Il y a bien des élections aux Pays-Bas dans quelques jours : la victoire de l'extrême droite y est tout a fait vraisemblable, mais dans une coalition. Et de surcroît, le poids relatif de la France dans la Zone euro est plus important. Une sortie de la France, et de l'Europe et de l'euro, signifierait probablement l'explosion de ces deux mécanismes, avec le départ de toute l'Europe du Sud.

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