3 min de lecture UDI

Présidence de l'UDI : un parti qui se déchire dans l'indifférence

DÉCRYPTAGE - Le grand parti du centre ne parvient pas à se faire entendre. L'élection de son président se déroule, en plus, dans un climat de grande tension qui pourrait lui porter préjudice.

Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin
Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Romain Renner
Romain Renner
Journaliste RTL

Manipulation de listes, clientélisme, fraudes... Cette liste de pratiques peu reluisantes ne concerne pas l'UMP, habituée aux polémiques depuis de nombreux mois, mais bien l'UDI. Il ne reste plus qu'un jour aux militants de la formation centriste pour élire leur président et de ce scrutin ne filtrent dans les médias que les accusations et les amabilités que se lancent les différentes figures du parti.

Alors que Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin se disputent actuellement la présidence de la troisième formation la plus représentée à l'Assemblée nationale (30 députés), la voix de l'UDI apparaît de moins en moins audible, tant elle semble occupée à se déchirer de l'intérieur, dans l'indifférence quasi-générale.

Les accusations de Morin

Député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis), Jean-Christophe Lagarde est accusé par son adversaire d'avoir mis en place un réseau lui permettant de gonfler les chiffres d'adhésion à son parti, Force européenne démocrate (FED).

Il y aurait donc 60 fois plus d'adhérents UDI par habitant à Drancy que dans le reste de la France

Hervé Morin (UDI)
Partager la citation

Pour ce faire, Hervé Morin se base sur les résultats du premier tour de l'élection : "Sur les 5888 voix récoltées par Jean-Christophe Lagarde au 1er tour, 2.192 (soit 37% de son total national) l’ont été dans le seul département de Seine-Saint-Denis et 1.377 (soit 23 % de son total national) à Drancy (...) Il y aurait donc 60 fois plus d'adhérents UDI par habitant à Drancy que dans le reste de la France".

Rama Yade contre Laurent Hénart

À lire aussi
Joachim Son-Forget à l'Assemblée nationale, le 21 février 2018 assemblée nationale
Le député Son-Forget évoque “son amitié naissante” avec Marion Maréchal

Si certains responsables du parti, tels qu'André Santini, appellent au calme, la tension est palpable. L'entre-deux tours a même été marqué par les difficultés éprouvées par le Parti Radical (PR) à choisir le candidat à soutenir. Le bureau national s'est finalement tourné vers Jean-Christophe Lagarde, conduisant Rama Yade, soutien d'Hervé Morin, à dénoncer les agissements de Laurent Hénart, le président du parti.

"Le bureau politique a voté pour Lagarde ! Normal, n'y siègent quasiment plus que des soutiens d'Hénart, les autres ayant été virés !" Une accusation qui prend un double sens lorsque l'on sait que l'ancienne ministre de François Fillon conteste l'élection de Laurent Hénart à la présidence du PR, à laquelle elle était candidate. L'ex-membre de l'UMP veut faire annuler ce scrutin, arguant que son adversaire a trafiqué les fichiers électoraux.

La guerre des chefs

Le retrait de Jean-Louis Borloo en avril dernier a laissé un grand vide au centre que la popularité d'une Rama Yade ou le poids d'un allié comme François Bayrou ne réussissent pas à combler. Pis, l'UDI ne parvient pas à se faire entendre alors même que la majorité n'a jamais été aussi divisée et que l'UMP peine à prendre le chemin de la reconstruction.

Ces derniers mois ont révélé au grand jour une guerre des chefs qui n'a rien à envier au psychodrame vécu par l'UMP en 2012. Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin se reprochent leur positionnement respectif : trop proche du MoDem pour l'un, de l'UMP pour l'autre. Le fondateur de FED ne digère pas non plus la tentative de candidature de l'ancien ministre de la Défense lors la présidentielle de 2012 et "la dérive personnelle du Nouveau Centre" qu'il a quitté en août 2012.

Difficile alors d'imaginer un apaisement soudain de la situation lorsque le nom du nouveau président sera connu. Une situation qui n'arrange pas la situation d'un parti, hésitant sur la position à adopter en 2017. S'allier à l'UMP, présenter un candidat, faire front commun avec le MoDem... L'éventail des possibilités est large. Reste à trouver un leader incontesté (et incontestable) pour mener la réflexion.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
UDI Hervé Morin Parti radical
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants