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Pourquoi la suppression de l'"exit tax" est largement critiquée

ÉCLAIRAGE - Dans une interview au magazine "Forbes", le président de la République annonce vouloir supprimer l'"exit taxe", un impôt mis en place sous Nicolas Sarkozy. Une annonce largement contestée.

Emmanuel Macron à Rouen, le 5 avril 2018
Emmanuel Macron à Rouen, le 5 avril 2018
Crédit : CHRISTOPHE ENA / POOL / AFP
Claire Gaveau
Claire Gaveau

Emmanuel Macron, le président des "très riches". Cette qualification n'est pas prête de disparaître après la nouvelle annonce du chef de l'État. Dans une interview au magazine américain Forbes, le président de la République a évoqué la suppression de l'"exit tax".

Une annonce qui a suscité une nouvelle salve de critiques sur la politique fiscale menée par le gouvernement depuis un an. Emmanuel Macron, qui fait la une du magazine sous le titre de "Chef du libre échange", a précisé vouloir supprimer cet impôt, qui envoie "un message très négatif", dès "l'an prochain".

"Je ne veux pas d''exit tax'. Cela n'a pas de sens. Les gens sont libres d'investir où ils veulent", a expliqué le pensionnaire de l'Élysée. Avant d'ajouter : "C'est une grave erreur pour nos start-up parce que nombre d'entre elles, considérant la France moins attractive, ont décidé de lancer leurs projets en partant de zéro à l'étranger afin d'éviter cet impôt".

Qu'est-ce que l'"exit tax" ?

L'"exit tax" a été créée en 2011, sous Nicolas Sarkozy, pour dissuader les grands patrons d'aller s'installer à l'étranger pour payer moins d'impôts. Quelques années après la grande crise financière des subprimes, cette taxe visait à imposer fortement les plus-values réalisées par un chef d'entreprise qui serait parti s'installer à l'étranger avant de vendre sa société et d'empocher les bénéfices.

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En 2013, on avait dénombré 128 exilés fiscaux de ce type. L'an dernier, cette taxe a rapporté 70 millions au lieu des 200 millions espérés. "70 millions sur 400 milliards de recettes brutes pour l'État... Une goutte d'eau. Cette taxe n'a jamais empêché un riche patron de s'en aller", expliquait Christian Menenteau, éditorialiste de RTL.

Quelles sont les réactions politiques ?

Mais de nombreux opposants politiques voient cette suppression comme un nouveau cadeau aux riches, après la suppression contestée de l'impôt sur la fortune. D'Alexis Corbière à Florian Philippot, tous ont ouvertement critiqué la politique économique qui profite aux "riches" voire "très riches".

"En décembre, la fin de l'ISF et la flat tax devaient servir l'investissement en France. Qui croira encore à cette fable ? Même l'évasion fiscale n'est plus découragée", a dénoncé sur Twitter le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure.

Si Alexis Corbière a dénoncé un choix "affligeant", Boris Vallaud, l'un des nouveaux hommes forts du Parti socialiste, a tenté un jeu de mot pour critiquer la nouvelle annonce d'Emmanuel Macron. "Avec Emmanuel Macron, c'est encore et toujours 'exit la taxe' pour les plus fortunés (...) qui pourront désormais s'exiler fiscalement en toute impunité". 

Le son de cloche est identique de l'autre côté de l'échiquier politique. Si Florian Philippot a dénoncé le choix "des plus privilégiés", Nicolas Dupont-Aignan regrette que le gouvernement oublie les travailleurs. "Encore une taxe en moins pour les exilés fiscaux, les travailleurs peuvent toujours attendre qu'on défiscalise leurs heures supplémentaires", a ajouté le président de Debout La France.

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