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Bally Bagayoko et Emmanuel Macron.
Crédit : M6 / AFP
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Une démarche qu'il assume pleinement. Le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko a décroché le portrait présidentiel de son bureau. Dans une interview diffusée sur LCI, lundi 4 mai, l'édile insoumis assure vouloir le laisser retourné, dans un coin de la pièce, "tant que la République n'était pas en capacité de corriger les inégalités".
Un geste qui n'a pas plu au préfet du département de Seine-Saint-Denis qui l'a rappelé à l'ordre dans un courrier adressé mardi. "L'accrochage du portrait du président de la République dans les mairies, s'il ne relève d'aucune obligation légale, est un usage consacré par la tradition républicaine", a écrit Julien Charles.
"Sa fonction est de rassembler les citoyens autour des institutions, au-delà des clivages politiques", argumente le préfet, pour qui le geste de Bally Bagayoko de décrocher ce portrait "contrevient à cet usage bien établi". Il a invité le maire à "reconsidérer sa position" et à "veiller au respect de la tradition républicaine".
Mais Bally Bagayoko persiste. "Cette lettre n'a pas lieu d'être, le préfet le confirme lui-même : notre démarche s'inscrit dans une parfaite légalité et nous l'assumons pleinement", a-t-il réagi auprès de l'AFP mercredi soir.
"Le préfet sait très bien que la loi n’oblige à rien. Le préfet pouvait aussi bien adresser cette missive sans la rendre publique", a commenté la députée insoumise Nadège Abomangoli, sur X. "Je rappelle que le préfet 'a la charge des intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois' (art. 72 de la Constitution). Or on parle ici d’une tradition républicaine qui ne relève donc 'd’aucune obligation légale' comme le reconnaît lui-même le préfet de Seine-Saint-Denis", a abondé Éric Coquerel.
Accrocher le portrait du chef de l'État est une tradition et non une obligation légale. En effet, rien n'est précisé dans la loi à ce sujet. Au sein de la Constitution, seul l'article 2 évoque le français comme "la langue de la République", le drapeau tricolore comme "l'emblème national", la Marseillaise comme "l'hymne national" et "Liberté, Égalité, Fraternité" comme "la devise de la République". Rien non plus donc concernant le portrait du chef de l'État.
Une proposition de loi avait été déposée par le groupe présidé par Gabriel Attal en mai 2023 qui visait à rendre obligatoire l'affichage du portrait du président dans les mairies. Adopté par l'Assemblée nationale, le texte n'a finalement jamais été examiné par les sénateurs.
En France, ces dernières années, plusieurs militants écologistes ont été poursuivis en justice pour avoir décroché - et emporté - des portraits d'Emmanuel Macron, disant vouloir ainsi dénoncer l'"inaction" étatique face à l'urgence climatique. Certains ont été condamnés à des amendes pour "vol" quand d'autres ont été relaxés, notamment au nom de la liberté d'expression.
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