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Percée historique du RN, la gauche et la droite menacées… Ce qui va se jouer aux élections sénatoriales dimanche

Les grands électeurs se rendent aux urnes dimanche pour réélire une partie du Sénat. L'issue du scrutin s'annonce favorable au Rassemblement national qui pourrait constituer un groupe parlementaire pour la première fois.

Le Sénat, le 26 novembre 2025.

Crédit : Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Nicolas Barreiro & AFP

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Moins médiatisée que les élections législatives, qui permettent d'élire les députés à l'Assemblée nationale, les sénatoriales se tiennent dimanche 27 septembre. Ce scrutin s'annonce historique pour le Rassemblement national, qui devrait réunir suffisamment de sièges pour constituer un groupe parlementaire. Une première. L'hégémonie de la droite menace d'être bousculée alors que la désunion de la gauche risque d'impacter les résultats.

Le mode de scrutin des élections sénatoriales s'avère assez complexe. La chambre haute est renouvelée environ de moitié tous les trois ans : 178 sièges sont à pourvoir cette fois-ci sur les 348 que compte l'hémicycle, pour un mandat de six ans. Cette élection se déroule à l'échelon départemental, avec 58 départements métropolitains concernés, de l'Ain (01) à l'Indre (36) et du Bas-Rhin (67) au Territoire de Belfort (90). 

Deux modes de scrutin

Les sénateurs sont donc élus par un collège électoral d'élus locaux. Ils seront plus de 93.000 grands électeurs appelés aux urnes dimanche, parmi lesquels 95% sont des conseillers municipaux ou des délégués désignés par ces derniers. Les députés, sénateurs, conseillers régionaux et départementaux font aussi partie du collège électoral. Le vote est obligatoire pour ces grands électeurs, sous peine de 100 euros d'amende. 

L'élection se fait à travers deux modes de scrutin distincts. Dans les circonscriptions les moins peuplées, où sont élus un ou deux sénateurs, l'élection a lieu au scrutin majoritaire à deux tours avec des retraits possibles entre les deux tours. Le premier tour a lieu le matin et le second l'après-midi. Dans les autres départements, elle a lieu au scrutin proportionnel de liste à un tour, suivant la règle dite de la "plus forte moyenne", une méthode de calcul complexe pour attribuer les derniers sièges.

Une entrée en force attendue du Rassemblement national au sein de la chambre haute

L'hémicycle du Sénat ne ressemble pas du tout à celui de l'Assemblée nationale, où les dynamiques partisanes nationales sont beaucoup plus marquées. Le clivage droite-gauche reste très important à la Haute assemblée et les grands bouleversements sont rares, avec une domination large des Républicains (131 sénateurs) aux côtés de leurs alliés de l'Union centriste (59 membres). Les socialistes y sont la deuxième force politique, avec 64 élus. La France insoumise n'en compte aucun, et le Rassemblement national seulement trois, même s'il espère atteindre fin septembre la barre de dix sénateurs. 

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Cette domination de la droite se frotte à une percée éventuelle du Rassemblement national. Pour la première fois de son histoire, le RN et ses alliés de l'Union des droites pour la République (UDR) semblent en mesure d'atteindre le cap des dix sièges, nécessaires pour former un groupe parlementaire. Cet hémicycle est jusqu'ici réputé imprenable pour le parti à la flamme qui ne compte actuellement que trois sénateurs. 

Cette entrée en force, qui serait historique pour le parti d'extrême droite, constitue le principal enjeu de cette élection. Jordan Bardella en est conscient, c'est pourquoi il est attendu dimanche soir dans le Var, à La Seyne-sur-Mer, ville gagnée par le RN aux élections municipales de mars. Il pourrait y célébrer la victoire d'un, voire de deux sénateurs dans ce département. Voire y annoncer la constitution d'un groupe, si la percée se confirme aussi ailleurs en France. 

La gauche en proie à la désunion

Des dissidences en pagaille, des candidats Insoumis sans grand espoir et des prises de bec sur les réseaux sociaux : à gauche, la campagne des sénatoriales révèle la même désunion que sur la route de la présidentielle 2027. Tout comme la droite, la gauche risque de perdre une poignée de sièges.

Après avoir frôlé le cap des 100 sénateurs en 2023 - 64 socialistes, 18 communistes, 17 écologistes -, la gauche, minoritaire au Sénat, s'expose à un reflux trois ans plus tard, conséquence d'élections municipales en demi-teinte, surtout dans les villes moyennes. Le groupe socialiste, en cas de mauvais résultats, pourrait perdre son statut de deuxième groupe du Sénat derrière Les Républicains, au profit de l'Union centriste.  

Pour beaucoup de sénateurs sortants en difficulté, le coupable d'éventuelles déconvenues est déjà désigné : La France insoumise. En déficit d'implantation locale, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon ne détient aucun siège à la chambre haute… Mais en déposant des listes dans quasiment tous les départements, il entend se rendre "incontournable" face aux représentants de "la vieille gauche". Au risque de disperser les voix. 

Suivant les départements, socialistes, écologistes et communistes avancent tantôt unis, tantôt séparés, au risque d'éparpiller des voix. Et les alliances ont été dures à nouer, perturbées notamment par les longues discussions menées au PS pour s'accorder sur les modalités de la primaire sociale-démocrate à la présidentielle.  

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