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Nucléaire, huile de palme, pesticides : 3 dossiers brûlants pour Nicolas Hulot

ÉCLAIRAGE - Le ministre de la Transition écologique et solidaire a déclaré le 16 mai qu'il évaluerait à l'été l'opportunité de son maintien au gouvernement.

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire
Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire Crédit : AFP / Ludovic Marin
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Clarisse Martin

Nicolas Hulot aurait-il du vague à l'âme ? Numéro trois du gouvernement d'Édouard Philippe, le militant écologiste célèbre son premier anniversaire au sein de l'exécutif. Mercredi 16 mai, le ministre de la Transition écologique et solidaire a indiqué qu'il ferait le point au cours de l'été afin de décider de son avenir au gouvernement.

Au mois d'octobre 2017, il avait déjà déclaré qu'il se donnait un an pour évaluer son utilité à la tête de son portefeuille ministériel. "Jusqu'à l'été, j'ai la tête sous l'eau, cette évaluation-là, je la ferai cet été", a-t-il assuré sur BFMTV.

Car Nicolas Hulot a du pain sur la planche. Engagements sur le nucléaire, gestion de la question du glyphosate, qu'il souhaite voir interdit... Le ministre risque d'avoir peu de répit d'ici-là. Des arbitrages à venir qui pourraient le pousser à démissionner ? À l'antenne de RTL ce jeudi 17 mai, le secrétaire d'État Sébastien Lecornu a assuré que qu'il "n'avait pas d'agenda personnel" et que cette annonce ne contenait "aucun cynisme et aucun calcul".

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"Cet été j'aurai suffisamment d'éléments pour pouvoir regarder si effectivement je participe à cette transformation sociétale", a expliqué Nicolas Hulot. 

1. Diminuer la part de nucléaire dans l'énergie

C'était un engagement qu'avait pris Emmanuel Macron au cours de sa campagne pour l'élection présidentielle : le candidat d'En Marche souhaitait réduire la part de nucléaire dans l'énergie française à 50%, alors qu'elle est actuellement de 75%, à l'horizon 2025. Un engagement qui a échu au portefeuille de Nicolas Hulot, militant écologiste de longue date devenu ministre de la Transition écologique et solidaire.

Pourtant, en novembre dernier, quelque six mois après son entrée au gouvernement, Nicolas Hulot a été forcé de reconnaître que l'engagement serait difficile à tenir dans les délais, inscrits dans la loi énergétique de 2015. Il a toutefois maintenu l'objectif de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim, le plus vieux site nucléaire français en activité, d'ici à la fin du quinquennat. Pour l'heure aucune date n'est précisément annoncée.

2. L'huile de palme et la déforestation

Depuis 2015, Total a reconverti la raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) dans la production de biodiesel en utilisant des matières végétales. Pour cela, le ministère de l'Écologie a autorisé le groupe à importer 300.000 tonnes par an d'huile de palme d'Indonésie ou de Malaisie. La moitié de la production du site. "Je leur demande, j'ai eu (le PDG de Total, Patrick) Pouyanné, de réduire au maximum l'utilisation d'huile de palme (...) et d'essayer d'année en année de réduire la part d'huile de palme et d'augmenter la part d'huiles usagées", a interpellé Nicolas Hulot.

Mais les écologistes sont furieux. Pour eux, l'huile de palme contribue à la déforestation. Total répond que son huile viendra de forêts certifiées durables. Problème, un récent rapport d'une fondation hollandaise a montré que ces certifications, en Indonésie notamment, n'étaient pas très sérieuse.


Cette décision a aussi mis très en colère les agriculteurs français, car le gouvernement leur demande de monter en gamme, de se diversifier. Sauf qu'eux assurent pouvoir produire du colza et des cultures pour approvisionner l'usine. Ils expliquent dès lors qu'autoriser Total à importer cette huile de palme est une forme de trahison. 

3. Les pesticides, sujet sensible au gouvernement ?

Le gouvernement prône une réduction des pesticides dans l'agriculture. Nicolas Hulot s'était notamment engagé dans une bataille sur le glyphosate, voulant son interdiction sous trois ans. Néanmoins, la mise en place d'un fonds d'indemnisation des victimes de ces produits ne semble pas à l'ordre du jour.

Une proposition de loi allant en ce sens a été déposée en 2016. Votée au Sénat, elle s'est arrêtée à l'Assemblée nationale. Une interruption de la navette parlementaire soulignée par l'association Phyto-victimes qui a accusé mardi 15 mai le gouvernement d'"ambivalence" au sujet des pesticides. 

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a estimé que la création d'un "tel fonds" lui paraissait "prématuré", soulignant l'insuffisance des "connaissances" sur le lien de causalité entre les pesticides et certaines maladies. Si Nicolas Hulot n'a pas réagi publiquement, il est probable qu'il ne partage pas l'opinion de son homologue du ministère de la Santé, lui qui avait déjà été opposé à Stéphane Travert au sujet des néonicotinoïdes, pesticides accusés de tuer les abeilles.

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