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Nicolas Sarkozy : ce qu'il faut retenir de son meeting

L'ancien chef de l'État a donné son premier meeting en tant que candidat à la présidence de l'UMP, jeudi 25 septembre à Lambersart.

Nicolas Sarkozy en meeting à Lambersart le 25 septembre 2014
Nicolas Sarkozy en meeting à Lambersart le 25 septembre 2014 Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Cécile De Sèze
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

C'est un retour en grande forme qu'a offert Nicolas Sarkozy à ses fidèles sympathisants. Lors de son meeting à Lambersart, dans le Nord, ce 25 septembre, l'ancien président a prononcé son premier discours en tant que candidat à la présidence de l'UMP devant 4.000 à 5.000 personnes, selon les organisateurs. 

François Hollande, primaires à droite, gaz de schiste... Les sujets abordés par le président battu en 2012 ont été nombreux et portaient davantage sur l'état du pays que sur celui du parti d'opposition, parlant d'une "longue marche au service de la France".

Après une minute de silence pour rendre hommage à Hervé Gourdel, l'otage exécuté par les jihadistes le 24 septembre, Nicolas Sarkozy débute son discours : "Mes chers amis, si vous saviez comme je suis heureux de vous retrouver !" Pour rapidement enchaîner sur l'état de la France et sans laisser passer l'occasion de critiquer le gouvernement actuel.

Du Hollande bashing

"Deux ans et demi durant, j’ai assisté, silencieux, à la destruction systématique de tout ce que nous avions fait", s'est-il désolé (...) La présidence normale... On imagine ce que cela aurait été si elle ne l'avait pas été ! (...) On s'attendait au pire. Au moins, sur ce point, on n'a pas été déçu".

Tout en continuant d'attaquer le président actuel et le gouvernement, Nicolas Sarkozy n'a pas non plus épargné Marine Le Pen : "Je dénonce l'alliance du FN et du PS (...) Marine Le Pen a fait de moi sa cible mais elle a donné un coup de pouce à son ami François Hollande en 2012 (...) Elle a sa part de responsabilité dans la situation dans laquelle se trouve la France aujourd'hui". 

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S'il avait fait le choix de ne pas critiquer François Hollande lors de son intervention télévisée sur France 2 dimanche 21 septembre, Nicolas Sarkozy ne s'en est pas privé cet après-midi. Il a également évoqué des "mensonges" de la part du gouvernement ou encore "l'injustice" des socialistes, tout en se défendant lui-même, affirmant n'avoir "jamais menti".

Il y a aura bien des primaires à droite

Sans parler précisément de l'UMP, Nicolas Sarkozy a confirmé que des primaires à droite seraient bien organisées en vue des élections présidentielles de 2017. "Il y aura des primaires. Qui pourrait de bonne foi douter qu'il en fût autrement ? A-t-on oublié mon tempérament ?" a-t-il lancé, appelant à ne pas faire de ce sujet une "inutile querelle". Il a ainsi tenu à rassurer ses rivaux à la présidence, notamment Alain Juppé, très attaché au système des primaires "ouvertes"

En évoquant à plusieurs reprises sa "famille politique", l'homme de droite en a profité pour caresser dans le sens du poil ses adversaires en parlant notamment de "l'expérience" d'Alain Juppé - après lui avoir lancé, selon Le Canard enchaîné, "Je vais te tuer", le 3 septembre dernier - ou la "confiance" qu'il porte à François Fillon. S'il a affiché son désir de vouloir refonder sa "formation politique" "de fond en comble", et ainsi faire cesser "l'impression de pagaille", il n'a pas formulé de propositions précises sur ce sujet.

Il reconnait "l'échec" du RSA

Plusieurs fois lors de son discours, l'ancien chef de l'État a reconnu des "erreurs" commises lors de son mandat. Mais il a particulièrement insisté sur le problème du RSA, mis en place en 2008. "Nous avons échoué dans notre volonté de faire du RSA un moyen de réinsertion dans et par le travail", a-t-il regretté. 

Nicolas Sarkozy veut donc proposer des compensations "en service à la collectivité" contre le versement de l'allocation. "Que va devenir notre système s'il y a de moins en moins de gens qui travaillent et de plus en plus qui attendent leurs allocations ?", s'est interrogé l'ancien président.

Travailler davantage et baisser le nombre des fonctionnaires

Toujours en parlant de coupes budgétaires dans les dépenses publiques, qu'il juge "beaucoup trop lourdes pour notre économie", l'ancien maire de Neuilly a annoncé vouloir, une nouvelle fois, baisser le nombre de fonctionnaires. "Le nombre de fonctionnaires devra être réduit comme nous l’avons fait durant le dernier quinquennat", a-t-il affirmé.

Avant cela, comme un écho à sa campagne présidentielle de 2007, l'ex-président de la République annonce également que les Français vont devoir "travailler davantage". Une phrase qui n'est pas sans rappeler le slogan qui l'a fait élire : "Travailler plus pour gagner plus". 

En faveur du gaz de schiste

Enfin, Nicolas Sarkozy a fait une annonce qui ne devrait pas plaire aux écologistes : "Je ne peux pas accepter que les États-Unis soient devenus, du point de vue de l'énergie, indépendants grâce au gaz de schiste et que la France ne puisse pas profiter de cette nouvelle énergie, alors que le chômage ravage tant de nos territoires et tant de nos familles, c'est inacceptable".

L'ancien président a donc présenté l'exploitation du gaz de schistes à la fois comme une alternative pour lutter contre le chômage et une manière d'assurer l'indépendance énergétique du pays. Mais la technique qui permet d'extraire le gaz de schiste est très controversée, notamment par les associations de défense de l'environnement, qui dénoncent des risques liés à des pollutions des nappes phréatiques en cas de fuite.

Comme il l'avait déjà fait sur le plateau de Laurent Delahousse il y a moins d'une semaine, Nicolas Sarkozy a loué l'usage du référendum. Alors qu'il n'a jamais eu recours à ce mode de scrutin lors de son quinquennat, il en a proposé un premier sur la réduction du nombre de parlementaires et un second sur la fusion des conseils généraux et des conseils régionaux. Avec toutes ces propositions, la "longue marche" de Nicolas Sarkozy "au service de la France" semble bien tracée jusqu'à la présidentielle 2017.

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