En Direct
2 min de lecture
Je m'abonne à la newsletter « Politique »
Un destin foudroyé, brutalement emporté par "un coup de tonnerre". Le 21 avril 2002, il est 20 heures précises quand la vie de Lionel Jospin, dont on a appris la mort le 22 mars dernier, bascule et, avec elle, l'avenir politique de la France. Ce soir-là, le premier tour de l'élection présidentielle a rendu un verdict impitoyable : Lionel Jospin, Premier ministre socialiste en lice face au président sortant Jacques Chirac, échoue à se qualifier pour le second tour, au profit de Jean-Marie Le Pen. Le candidat du Front national récolte 16,86% des voix, Lionel Jospin 16,18%, pour 200.000 voix, l'extrême droite surpasse la gauche, représentée par huit candidats dans l'élection.
Stupeur dans toute la France. Ce résultat auquel personne ne semblait croire, Lionel Jospin en tête, malgré quelques sondages avant-coureurs, marque la fin brutale de l'intouchable duel entre la droite et la gauche. Acclamé par une foule abasourdie, Lionel Jospin prend rapidement la parole, ce soir du 21 avril, délivrant un discours qui marquera l'histoire de la Ve République.
Au-delà de la démagogie de la droite et de la dispersion de la gauche qui ont rendu possible cette situation, j'assume pleinement la responsabilité de cet échec et j'en tire les conclusions en me retirant de la vie politique.
Lionel Jospin, le 21 avril 2002
"Comme on peut le penser, annonce-t-il, si les estimations sont exactes, le résultat du premier tour de l'élection présidentielle qui vient de tomber est comme un coup de tonnerre. (...) Au-delà de la démagogie de la droite et de la dispersion de la gauche qui ont rendu possible cette situation, j'assume pleinement la responsabilité de cet échec et j'en tire les conclusions en me retirant de la vie politique". Cris déchirants dans l'assemblée.
Quatre décennies de vie politique s'achèvent pour Lionel Jospin, qui arrivait pourtant fort de cinq ans à Matignon en cohabitation avec Jacques Chirac, en locomotive d'une "gauche plurielle", des années qui avaient plutôt réussi à la gauche. Outre l'émergence de l'extrême droite comme force politique majeure en France, de nombreuses raisons seront invoquées pour expliquer cette déroute. Hésitant à reconnaître son appartenance au Parti socialiste, à la tête duquel il avait installé François Hollande dès 1997, Lionel Jospin s'est trouvé mal à l'aise dans une campagne dominée par le thème de l'insécurité.
TOUT SAVOIR SUR - Macron, Le Pen, Mélenchon, Sarkozy... Comment les politiques vivent-ils la défaite ?
00:41:05
En témoigne une gaffe restée mémorable : à quelques semaines du premier tour, dans l'avion qui le ramène d'un voyage à la Réunion, il lâche à propos de son adversaire qu'il est "usé, fatigué, vieilli". "Délit de sale gueule", réplique le chef de l'État. Cinq ans plus tard, en 2007, Lionel Jospin a caressé l'espoir d'un retour, d'une ultime revanche, mais Ségolène Royal se révèle comme la candidate la plus populaire. Après 40 ans d'engagement, la carrière politique de Lionel Jospin avait bien pris fin ce soir-là.
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte