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À 30 cm l'un de l'autre sur 800 km malgré une interdiction de communiquer : Ganito, l'évadé de Villepinte, et sa complice transférés dans le même véhicule de Perpignan à Paris

Après son évasion de la prison de Villepinte début mars, Ilyas Kherbouch, alias "Ganito", a été transféré avec sa compagne, mise en cause dans l’affaire. Le syndicat l’UFAP UNSa Justice dénonce une organisation "dangereuse", contraire aux règles de sécurité, avec deux détenus très sensibles placés dans un même véhicule. L'administration pénitentiaire assure avoir mis en oeuvre des moyens adaptés.

Le logo de la police nationale (illustration)

Crédit : AFP

Thomas Prouteau & La rédaction numérique de RTL

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L’affaire "Ganito" continue de faire des remous. Plus de deux semaines après son évasion de la maison d’arrêt de Villepinte, Ilyas Kherbouch âgé de 20 ans, après s'être rendu aux Pays-Bas, a été interpellé le 20 mars à Canet-en-Roussillon puis transféré à Paris dans le cadre de l’enquête.

Mais selon l’UFAP UNSa Justice UR Toulouse, ce transfert s’est déroulé dans des conditions qui relèvent d'une "contradiction majeure". Le détenu, classé escorte 4 en raison de "sa dangerosité et de sa médiatisation", n’était pas seul : il a été transporté avec sa complice impliquée dans l’affaire d’évasion, malgré leur interdiction de communiquer.

Dans un communiqué publié le 24 mars, le syndicat a dénoncé "des faits graves" et une organisation "incompréhensible, incohérente et politiquement indéfendable".

Les deux détenus "à 30 cm l'un de l'autre" sur un trajet de plus de 800 km

Les deux détenus, tous deux classés escorte 4 - soit le niveau de sécurité le plus élevé - ont été placés dans un seul et même véhicule alors que c'est "formellement interdit", a rappelé l’UFAP. 

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Au micro de RTL, Cyril Jacquet, secrétaire national de l’UFAP pour l’union régionale de Toulouse a précisé qu'ils étaient installés "à 30 centimètres l’un de l’autre" dans un véhicule léger, de type Renault Trafic ou Ford Tourneo, sur un trajet long de Perpignan à Paris. 

"Quand la justice ordonne une interdiction de communiquer, c’est difficile à faire respecter dans ces conditions", a-t-il expliqué, évoquant une promiscuité qui rend la consigne presque impossible à appliquer.

Le manque de moyens pointé par le syndicat

Au total, six agents encadraient les deux détenus dans ce véhicule non conçu pour accueillir une telle mission, d'après le syndicat. Équipés de gilets pare-balles lourds, ils ont dû gérer une situation tendue sur plusieurs centaines de kilomètres. "Mais une fois encore, ce sont les personnels qui compensent ce que l’organisation n’a pas été capable de garantir", a tenu à nuancer l’UFAP dans son communiqué.

Pour le syndicat, cette situation illustre surtout un problème structurel : le manque de personnel face à l’augmentation des extractions judiciaires. "On a de plus en plus de missions et les effectifs ne suivent pas. Alors on s’adapte, on fait des arrangements", a déploré Cyril Jacquet au micro de RTL.

Une logique dénoncée par l’UFAP, qui a appelé à respecter strictement la doctrine, quitte à refuser certaines missions ou à privilégier la visioconférence. "À force de jouer avec les limites, c’est un jour un nouveau drame que l’on finira par provoquer", a alerté l’UFAP. Le syndicat a demandé des explications à l’administration pénitentiaire et exige que ce type de situation, jugé "hors doctrine", ne se reproduise plus.

L'administration pénitentiaire assure avoir mis "des moyens adaptés au niveau d'escorte"

Auprès de RTL, l'administration pénitentiaire réfute tout manquement aux obligations de sécurité et assure avoir "mis tous les moyens adaptés au niveau d'escorte", soulignant que "le niveau 4 n'impose pas d'avoir plusieurs véhicules, mais un nombre d'agents par personne" et que ces derniers avaient pour mission de veiller à n'avoir aucun contact physique ni verbal entre les deux détenus. Cet épisode ne relève pas "d'une situation sécuritaire problématique", souligne une source proche du dossier.

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