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Marine Le Pen sera-t-elle candidate en 2027 ? "C'est le grand calme avant la tempête" : la campagne présidentielle sur le point de démarrer

Le mardi 7 juillet, la cour d’appel rendra sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires du RN. Un verdict décisif pour Marine Le Pen qui sera définitivement fixée sur sa possibilité de concourir à l'élection présidentielle de 2027. Une échéance attendue au RN, mais aussi dans les écuries de ses adversaires.

Jordan Bardella et Marine Le Pen

Crédit : AFP

Marie-Pierre Haddad

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"C'est le grand calme avant la tempête". Marine Le Pen sera fixée sur son sort judiciaire, le mardi 7 juillet, date à laquelle la cour d'appel doit rendre son verdict dans l'affaire des assistants parlementaires des eurodéputés du RN. En première instance, la cheffe de file de l'extrême droite avait été condamnée à cinq ans d'inéligibilité pour détournement de fonds publics. 

De cette décision découlera donc l'avenir politique de celle qui est pour l'instant estimée par les sondeurs à 33% d'intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle. Peut-elle être candidate en 2027 ?

Si Marine Le Pen est la principale concernée par cette décision, elle n'en est pas l'unique. Placé en orbite comme le plan B si celle qui se décrit comme la "candidate naturelle" renonce à la présidentielle, Jordan Bardella sera aussi fixé sur son rôle. Sera-t-il candidat pour la première fois à l'élection présidentielle ? 

Crédité entre 33 et 36% des intentions de vote dans les sondages, le Rassemblement national franchit l'étape du premier tour, avec une large avance sur ses adversaires et cela dans tous les cas de figure. Si le Rassemblement national retient son souffle, les écuries des candidats à la présidentielle attendent cette échéance afin de mettre un nom sur leur principal adversaire et d'affiner leur stratégie. 

"Ce ne sera pas la même campagne"

Ces derniers mois ont provoqué des fausses notes dans la partition du parti. La dernière en date est signée du député Philippe Ballard qui a indiqué que Marine Le Pen serait "la tutrice" de Jordan Bardella. La cheffe des députés RN réfute ce terme, tout en rappelant être "la candidature naturelle" de son parti. 

Quel candidat RN les adversaires à la présidentielle préfèrent-ils ? Les avis divergent. Ce qui est certain, c'est que "ce ne sera pas la même campagne si on a en face de nous Marine Le Pen ou Jordan Bardella", estime un député Les Républicains auprès de RTL.fr. À gauche aussi, la décision du 7 juillet est attentivement scrutée. "Ce sera le moment où on considère que le paysage va s'éclaircir, côté extrême droite", souligne-t-on dans l'entourage de François Ruffin. Même constat au Parti socialiste où l'on attend que le "paysage se décante".

En faveur de Marine Le Pen, des députés s'accordent à reconnaître "l'expérience" de la triple candidate à une élection présidentielle. Quand d'autres à droite soulignent que "Jordan Bardella peut faire l'union des droites". 

Deux candidats pour deux lignes différentes ?

En décembre 2025, Nicolas Sarkozy théorisait l'idée selon laquelle deux lignes se dessinaient au sein du RN. "Le parti est composé d’une première aile attrape-tout où se retrouvent beaucoup de déçus de la droite. Quand j’ai rencontré Jordan Bardella, qui incarne ce courant, il m’a un peu fait penser au RPR au temps de Chirac", expliquait-il dans un entretien au Point. De l'autre côté, "emmenée par Marine Le Pen, l’autre aile, disons canal historique, est fidèle à ses origines, ni de droite ni de gauche, et son projet économique est plus proche de celui de LFI que de celui de LR", déclarait-il. 

La triple candidate à la présidentielle "nous fait une meilleure campagne, mise un élu LR. Elle délaisse un espace économique et libéral" qui peut profiter aux Républicains. Et Jordan Bardella ? "Il est friable", juge-t-il en référence aux dernières polémiques suscitées par le président du RN sur notamment sur sa présence au Grand-Prix de Formule Un de Monaco et ses déclarations sur l'affaire Lyhanna.

Bardella plus rassembleur, Le Pen plus dangereuse

Mais un ministre de droite juge que Jordan Bardella "rassemblera plus au second tour car il fait moins peur qu'une Marine Le Pen". "Il n'y a plus le blocage du nom Le Pen, il a une ligne plus libérale et plus malléable... plein de gens se diront : 'On pourra dealer avec lui'", craint-il. 

Un autre membre du gouvernement juge quant à lui que Marine Le Pen est "plus dangereuse". "Elle est entrée dans la vie des Français à force de faire campagne. Elle est pleine de cicatrices", concède-t-il à l'AFP. Un argument aussi donné par Jean-Luc Mélenchon lors d'un entretien à Radio Nova. "Cette femme est très intelligente, elle n'est pas là par hasard. Et si, elle aussi, elle est candidate pour la quatrième fois, ce n'est pas un adversaire dont on peut ricaner", a-t-il indiqué, prudent. 

"Un engouement autour de Jordan Bardella"

N'empêche que Jordan Bardella a réussi à s'imposer comme une alternative crédible pour le Rassemblement national. Sa candidature est testée systématiquement par les instituts de sondage, au détriment de celle de Marine Le Pen. À tel point qu'il est devenu la cible du candidat des Républicains : Bruno Retailleau, a commencé à déployer ses arguments contre Jordan Bardella. "Vous avez aimé un jeune président de 40 ans. Vous allez sûrement adorer un président de 30 ans", a-t-il déclaré à plusieurs reprise. "On ne s'improvise pas à cette plus haute fonction sans avoir géré ni des grandes collectivités ni des entreprises", enfonçait-il. 

Un argument balayé par un député RN. "Il y a un engouement autour de Jordan Bardella. Il gardera l’électorat de Marine parce qu’elle sera derrière lui", explique-t-il tout en confessant une déception : "J’aurais trouvé ça très bien qu’elle soit Première ministre, mais elle a fermé la porte".

Deux candidatures "interchangeables"

Selon Adélaïde Zulfikarpasic, de l'institut Ipsos-BVA, "dans les intentions de vote, les deux apparaissent interchangeables et sont à des niveaux très élevés, mais avec un léger avantage à Jordan Bardella, systématiquement deux, trois, voire quatre points au-dessus, à 35-36% contre 32-33%".

Marine Le Pen ou Jordan Bardella... Au sein du Rassemblement national, on rappelle que "dans l’intérêt du parti", "tout le monde a intérêt à ce que la campagne se passe bien, peu importe le candidat", lâche un député RN.

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