2 min de lecture Manuel Valls

Manuel Valls fait fausse route sur la binationalité en Allemagne

Dans une nouvelle tribune pour défendre la déchéance de nationalité sur Facebook, le chef du gouvernement a affirmé à tort que la binationalité n'existait pas en Allemagne.

Manuel Valls, le 23 décembre 2015
Manuel Valls, le 23 décembre 2015 Crédit : AFP
Geoffroy Lang
Geoffroy Lang

"Je ne peux laisser tout dire sur la déchéance de nationalité", prévient Manuel Valls en préambule d'un nouveau plaidoyer pour la déchéance de nationalité sur sa page Facebook. En tentant de démontrer que la déchéance de nationalité n'est pas "une idée d'extrême droite", le Premier ministre se fourvoie quelques lignes plus tard en déclarant que la binationalité n'existe pas en Allemagne. "En Allemagne, la question ne se pose pas puisque la binationalité n’y est pas autorisée", assène de but en blanc le premier ministre au début de son argumentaire.

Non seulement la binationalité existe bien outre-Rhin mais elle a même été étendue à tous les Allemands d'origine étrangère en 2014. Après une première modification de la législation sur la nationalité allemande en 2000, cette nouvelle réforme offre la nationalité allemande à tous les enfants d'immigrés qui auraient étudié pendant au moins 6 ans en Allemagne ou tout simplement séjourné pendant 8 ans sur le territoire.

Le plaidoyer de Manuel Valls pour la déchéance de nationalité sur Facebook le 28 décembre 2015.
Le plaidoyer de Manuel Valls pour la déchéance de nationalité sur Facebook le 28 décembre 2015. Crédit : Capture Facebook

Cette nouvelle sortie de Manuel Valls pour défendre l'inscription de la déchéance de nationalité dans la Constitution - comme l'avait annoncé le président de la République devant le Congrès le 16 novembre - témoigne de l'inquiétude de l'exécutif face à l'hostilité des parlementaires socialistes. Selon le député nordiste Bernard Roman (PS), "80% des députés socialistes sont contre, ainsi que tous les commissaires au loi PS".

Le weekend des 26 et 27 décembre a été particulièrement agité pour la gauche. Jean-Marc Ayrault, Martine Aubry, Christian Paul, Julien Dray, Benoît Hamon : les critiques contre le maintien de la déchéance de nationalité se sont multipliées chez les ténors de la gauche. Dans les colonnes du Journal du Dimanche, Manuel Valls avait répliqué en accusant "une partie de la gauche" de "s'égarer".

Rien dans ce que nous avons fait ou dit, le président de la République ou moi-même, n'a pu laisser penser qu'il y aurait eu un changement de ligne depuis le discours de Versailles

Manuel Valls, dans le "JDD" du 27 décembre
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Quand même la ministre de la Justice Christiania Taubira avait affirmé que la mesure polémique avait finalement été écartée du projet de réforme, Manuel Valls a tenu à mettre les remettre les points sur les "i" dans le JDD : "Rien dans ce que nous avons fait ou dit, le président de la République ou moi-même, n'a pu laisser penser qu'il y aurait eu un changement de ligne depuis le discours de Versailles". Dans son message Facebook, le chef du gouvernement a cependant tenté d'arrondir un peu les angles en glissant que "le  débat public et libre témoigne de la force de notre démocratie". Des propos qui paraissent un peu légers en rapport à la levée de boucliers des élus PS, parmi lesquels certains n'hésitent plus à parler de "schisme".

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