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Loi Travail : "Retirer le projet de loi" est le seul moyen de mettre fin à la crise, selon Olivier Besancenot

REPLAY - REPLAY / INVITÉ RTL - Le porte-parole de Nouveau Parti anticapitaliste réagit au projet de loi travail.

Yves Calvi 6 Minutes pour Trancher Yves Calvi
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Olivier Besancenot : "Le trait du projet de loi Travail est la seule solution" Crédit Image : AFP / PIERRE ANDRIEU | Crédit Média : RTL | Date :
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Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et Paul Véronique

Défilés à Paris et en province, sites pétroliers bloqués ou à l'arrêt, perturbations attendues dans les ports et les centrales électriques : les opposants au projet de loi travail multiplient ce jeudi les actions pour tenter de faire vaciller la détermination du gouvernement. L'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU-Unef-Fidl-UNL appelle à une nouvelle journée nationale de mobilisation, la huitième depuis mars contre un projet de loi jugé destructeur pour les droits des salariés. Une neuvième est déjà programmée le 14 juin, avec un rassemblement unique à Paris.

La mobilisation a atteint des sommets le 31 mars : 390.000 manifestants selon la police, 1,2 million, selon les organisateurs. Depuis, elle semblait décliner. L'affluence est toutefois repartie à la hausse le 19 mai (128.000 à 400.000 personnes). Depuis la semaine dernière, la contestation se traduit aussi par des piquets de grève. Le leader de la CGT Philippe Martinez a appelé à "une généralisation de la grève". Raffineries et dépôts pétroliers sont désormais l'épicentre du mouvement. Mercredi 25 mai, cinq raffineries sur huit étaient perturbées et plus de 4.000 stations d'essence en rupture totale ou partielle, selon une application mobile très utilisée par les automobilistes en quête de carburant. Face à ces blocages, le gouvernement a choisi la manière forte, envoyant à l'aube les forces de l'ordre pour débloquer des dépôts. "Tout sera mis en oeuvre pour assurer l'approvisionnement aux Français et à l'économie", a promis François Hollande en conseil des ministres, selon le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. Mercredi, l'État avait déjà utilisé trois jours de stocks stratégiques de produits pétroliers sur les 115 disponibles. 

L'acheminement du pétrole sera encore plus compliqué, ce jeudi, avec des arrêts de travail prévus dans "la plupart des ports", à l'appel de la fédération CGT des ports et docks. "En réponse à la répression" lors du déblocage des accès au dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer, le syndicat a prolongé son mouvement de 24 heures, jusqu'à vendredi. Des "initiatives territoriales" ont déjà perturbé ces derniers jours l'activité de plusieurs ports, à Saint-Nazaire, Lorient et Brest. 

On a un gouvernement qui s'entête, qui provoque beaucoup

Olivier Besancenot
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Pour Olivier Besancenot, le meilleur moyen de sortir de cette impasse est simple : "Retirer le projet de loi". Il n'y aurait pas d'autres solutions, il poursuit : "Ça commence à durer maintenant, il faudrait comprendre que l'on est des centaines de milliers de personnes à s'activer, (...) on a occupé des place, on a bloqué, on a manifesté, on a fait grève et résultat des courses, on a un gouvernement qui s'entête et qui provoque beaucoup".

il y a pas mal de salariés qui sont en train de comprendre, que dans l'affaire, ils pourraient perdre 200 à 300 euros

Olivier Besancenot
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L'esprit même du projet de loi ne passe pas : "La nature profonde de ce projet de loi consiste finalement à dire aux prochaines générations qu'ils vont bénéficier de beaucoup moins de protection sociale en terme d'emploi, de congé de formation que les générations précédentes." Mais au-delà d'une fracture idéologique, le refus du Premier ministre de modifier l'article 2 du texte cristallise la grogne : "C'est l'article qui donne la primauté aux accords d'entreprises par rapport aux accords de branche", rappelle Olivier Besancenot. Un changement lourd de conséquences d'après lui : "Pour les sous-traitants, les accords de branche sont souvent beaucoup plus avantageux que les accords d'entreprises. Et c'est ça que le patronat veut remettre en cause depuis une trentaine d'années." L'homme politique accuse le coup : "Il y a pas mal de salariés qui sont en train de comprendre, que dans l'affaire, ils pourraient perdre 200 à 300 euros. Donc là, on ne parle pas de n'importe quoi !" 

est-ce qu'on peut se protéger un tant soit peu de tout ça ?

Olivier Besancenot
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"Derrière tout ça, on est nombreux à se confronter à une politique globale qui se traduit par des licenciements, des suppressions d'emplois et la question qui se pose, c'est : est-ce qu'on peut se protéger un tant soit peu de tout ça ?" Face à cela, Olivier Besancenot en appelle à l'union des gauches : "Il y a une responsabilité de la gauche sociale et syndicale à apparaître unie contre toutes ces tentatives-là. On doit se rassembler demain (vendredi 27 mai, ndlr) pour soutenir les salariés d'Air France à Bobigny, mais je crois que ce serait pas mal de le faire devant une raffinerie, tous ensemble, à la même heure."

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