3 min de lecture Les Républicains

Les Républicains et les Constructifs jouent la provocation

DÉCRYPTAGE - Personne n'a peur de l'autre : c'est la stratégie appliquée par les Constructifs et Les Républicains, le jour où le sort des Macron-compatibles doit être scellé en bureau politique.

Thierry Solère à l'Assemblée nationale, le 4 septembre 2017
Thierry Solère à l'Assemblée nationale, le 4 septembre 2017 Crédit : Patrick KOVARIK / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Le feuilleton pourrait prendre fin ce mardi 24 octobre. Les Républicains se réunissent afin d'étudier la question de l'exclusion d'Édouard Philippe, Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu, respectivement premier ministre, ministre des Comptes publics et secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Le sort des Constructifs, mené par Thierry Solère, devrait également être tranché. 

Le 11 octobre dernier, Christian Jacob, le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée, trouve sur LCP "que cette affaire a beaucoup trop duré, simplement il fallait respecter les règles. Arrêtons le sketch. Il fallait effectivement respecter les règles, elles ont été respectées, maintenant c'est chacun chez soi, les vaches seront bien gardées".

La situation tourne à la provocation pour chacun des camps concernés. D'un côté, les Constructifs, de l'autre les membres du gouvernement d'Emmanuel Macron et, enfin, ceux qui s'inscrivent dans la ligne Wauquiez, candidat le plus favorable à leur départ des Républicains. 

Les Constructifs satisfaits d'avoir "pourri l'élection LR" ?

"Après moi le déluge" ? Cette phrase prêtée à Louis XV pourrait définir l'état d'esprit de certains Républicains macronistes. Dans Le Figaro, "un des Constructifs" attaque : "Si Les Républicains veulent me virer, je saisirai la Commission des recours pour rigoler un peu !". À noter que la Commission des recours est composée d'élus Constructifs. Le ton est également à la provocation chez un autre Macron-compatible. "On a pourri leur élection à la présidence des Républicains, on a pourri l'élection de Wauquiez, on va les pourrir (...) On n'a parlé que de notre exclusion ! Ça a pris toute la place des débats. C'était notre intérêt", se réjouit-il. Un autre élu Macron-compatible va encore plus loin. Dans le quotidien, il indique que s'il avait été à la place de la direction des Républicains, il aurait été "plus pervers pour nous obliger à choisir".

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La décision des Républicains de laisser une semaine aux membres du gouvernement et aux Constructifs pour "s'expliquer" et "clarifier" leurs positions date du 3 octobre dernier. Sept jours plus tard, donc, ceux qui le souhaitaient ont pu être entendus par la direction du parti qui rend sa décision ce mardi, soit vingt jours plus tard. Autant de temps laissé aux Constructifs pour préparer leur parti politique. Le 4 octobre dernier, à l'antenne de RTLThierry Solère en dévoilait les contours. L'ancien porte-parole de François Fillon, devenu leader des Constructifs, le voit en "parti de droite et du centre, proeuropéen, réformateur, qui ne fait pas de l'abrogation de la loi Taubira et l'excitation des sujets de société un programme électoral, qui ne s'alliera jamais avec le Front national". 

La stratégie des Constructifs semble bien rodée. "On ne bougera pas avant que Les Républicains nous fassent la joie de nous virer !, lance un LR macron-compatible au Figaro. Si on avait fait ce parti plus tôt, on se faisait virer ! Là, ça devient la conséquence de la déviance de la ligne des Républicains". Le journal précise que "tout est prêt". "Les Constructifs ont choisi le nom de leur future formation politique et sa structure juridique. 'On a bien avancé, on a plus qu'à appuyer sur le bouton', reconnaissent les intéressés. 'On arrive au moment de prendre nos responsabilités', indique Franck Riester", ajoute le journal.

Constructifs = traîtres ?

Du côté des "pro-exclusion", Nadine Morano s'est exprimée dans Le Parisien. "Notre parti a besoin de clarté politique. J’entends certains d’entre eux brandir la menace d’aller en justice, évoquant nos statuts. Qu’ils y aillent ! Nous avons respecté les procédures, alors je préfère qu’ils se ridiculisent devant les tribunaux plutôt que nous continuions à nous ridiculiser devant l’opinion publique en tergiversant, attaque-t-elle. J’aurais préféré qu’ils assument leur choix comme l’a fait Bruno Le Maire en quittant Les Républicains pour En Marche ! Comme ils n’ont pas cette décence, il n’y a pas d’alternative que de les exclure de notre famille politique, qu’ils ont trahie. Sinon, c’est la confusion. D’ailleurs, personne n’est dupe : Macron ne les a pas choisis après son élection". 

D'après elle, il s'agit d'un "long processus de débauchages et de trahisons entamé en catimini pendant la campagne présidentielle, alors que François Fillon n’était plus en mesure de l’emporter. Ils ont tourné casaque en négociant leur portefeuille et leur ralliement. En fait, chez les militants LR, Constructifs est devenu le nom de code pour traîtres". Même discours pour Brice Hortefeux, qui ajoute que "des gens qui trahissent sans se chercher un alibi, ça (le) laisse sans voix. Ils méritent qu'on les foute dehors".

Selon L'OpinionLaurent Wauquiez juge : "On se ridiculise". Le candidat à la présidence des Républicains veut que le dossier "soit réglé" avant l'élection. "Il ne veut ni débuter son mandat par une exclusion, ni que les impétrants prennent prétexte de son élection pour partir".

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