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Législatives 2017 : "Face à Macron, il y a tous ceux qui veulent prendre leur revanche"

ÉDITO - Le large succès du nouveau président élu ne constitue pas une garantie de succès. Le plus dur reste à faire à l'approche du scrutin de juin.

Emmanuel Macron, le 7 mai 2017 à Paris
Emmanuel Macron, le 7 mai 2017 à Paris
Crédit : THOMAS SAMSON / POOL / AFP
"Macron face à ceux qui veulent prendre leur revanche aux législatives", décrypte Alba Ventura
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"Face à Emmanuel Macron, il va y avoir tous ceux qui veulent prendre leur revanche aux législatives", décrypte Alba Ventura
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Alba Ventura & Loïc Farge

Emmanuel Macron est devenu dimanche 7 mai le huitième président de la Ve République, et le plus jeune aussi. Avec près de 66% des voix, il réalise une performance exceptionnelle. Mais cela ne doit pas occulter le score du Front national, l'abstention et le vote blanc. Est-ce à dire que le vainqueur n'aura pas d'état de grâce ? En fait, l'état de grâce n'est plus de ce monde. Dans un pays aussi divisé, avec autant de fractures et de souffrances, il n'y a plus de place pour la félicité et la satisfaction. Il n'y avait qu'à voir la gravité de son discours. Rien à voir avec la tonalité du premier tour : on est passé de Big bisous à La Marche funèbre de Chopin.

Maintenant, une fois qu'on a dit ça, il faut quand même s'arrêter un peu sur cette victoire. Il ne faut pas brûler les étapes non plus. Cette élection est à nulle autre pareille. Ce que vient de réaliser Emmanuel Macron est totalement inédit. On a dit qu'il était en train de faire le "casse du siècle". Il l'a fait. Il a défié toutes les lois de la politique et de l'apesanteur.

Des roses avec beaucoup d'épines

À 39 ans, avec si peu d'expérience politique et sans aucun parti, il a dynamité le paysage politique. Il a envoyé valser le monde politique ancien. Il a su incarner le renouveau. Il a réussi à proposer une nouvelle offre. On n'a jamais vu un parcours aussi fulgurant.

Mais tout cela ne constitue pas une garantie de succès. Ses 66% ne l'installent pas sur un chemin pavé de roses. Ou alors des roses avec beaucoup d'épines. Cela lui donne une légitimité démocratique - il est l'un des présidents les mieux élus de la Ve République -, mais il y a des signaux d'alerte. Il y a des résistances. Il y a tous ceux qui n'ont pas voulu choisir entre lui et Marine Le Pen et qui se sont réfugiés dansl'abstention ou le vote blanc (qui ont connu un record).

Tâche compliquée pour Macron

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Dans ses 20 millions de voix, il n'y a pas 20 millions de gens qui adhèrent à la personnalité d'Emmanuel Macron ou à son projet. Près de 60% de ceux qui ont voté pour lui l'ont fait pour faire barrage au FN. Marine le Pen, elle, a encaissé un échec dimanche soir. Elle a fait une contre-performance. Mais attention, ce n'est pas la défaite du Front national. Quand on passe de 7,7 millions de voix au premier tour à plus de 10 millions de voix au second, c'est loin d'être négligeable. D'autant qu'il s'agit de voix d'adhésion : ce n'est pas du vote par défaut. Cela traduit à la fois l'ancrage important du Front national, mais aussi l'inquiétude qu'elle continue de susciter.

Il y a toujours ce plafond de verre au-dessus de sa tête. Mais cela ne l'empêchera pas de mener la campagne des législatives. Et elle espère faire entrer des dizaines de députés à l'Assemblée. De quoi compliquer la tâche d'Emmanuel Macron pour obtenir une majorité. Face au président élu, il va y avoir tous ceux qui veulent prendre leur revanche aux législatives. Donc le FN, mais aussi "La France Insoumise" de Jean-Luc Mélenchon, une partie de la droite et et une partie de la gauche de gouvernement.


En fait, le plus dur commence pour Emmanuel Macron. Il va devoir finement négocier les jours qui viennent pour faire venir à lui "les bonnes volontés" de de droite et de gauche. Sans se dédire. Mais sans faire non plus, comme Jacques Chirac en 2002 qui, une fois élu avec un score de maréchal, avait fait comme si de rien n'était. Finalement c'est la plus "haute marche" que le nouveau président d'"En Marche !" va devoir franchir d'ici au scrutin du mois de juin.

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