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"Le Complot contre la France" : une enquête sur "le projet civilisationnel" de l'empire Bolloré pour "imposer des idées d'extrême droite"

Une enquête de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, "Le Complot contre la France", plonge dans l'empire médiatique de Vincent Bolloré et son intention de propager l'idéologie d'extrême droite dans l'esprit de la population française.

Vincent Bolloré s'exprime pour la première fois sur les programmes de Canal +.

Crédit : FRED TANNEAU / AFP

Gérard Davet et Fabrice Lhomme sont les invités d'Anne-Sophie Lapix

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Qui se cache derrière la galaxie Bolloré et quelle influence exerce-t-elle sur la vie politique française ? Dans leur nouvelle enquête, les grands reporters du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme plongent dans les coulisses de cet empire médiatique et de ses réseaux. Avec un titre choc : Le Complot contre la France (éditions Flammarion). 

"On voudrait que ce soit une alerte pour les Français qui ne comprennent pas forcément la séquence politique longue, puisque notre livre est plutôt une fresque depuis 10 ou 15 ans. On révèle ce qui s'est réellement passé en sous-main, avec des gens qui avaient une idée en tête, qu'ils ont masquée au départ, pour imposer des idées d'extrême droite dans l'esprit de la population française", explique Fabrice Lhomme au micro de RTL ce mercredi 14 octobre. 

"Purger" les rédactions des médias rachetés

Pour les deux journalistes, Vincent Bolloré a décidé de mettre son pouvoir au service d'un "projet civilisationnel avec tous les repères qui sont cochés par l'extrême droite traditionnelle", utilisant ses différents médias : I-Télé (devenu CNews), Europe 1, le Journal du Dimanche... L'enquête révèle notamment ce qui s'est passé dans les coulisses de Europe 1 grâce à des enregistrements de conférences de rédactions ou des témoignages d'anciens et d'actuels journalistes de la radio qui mentionnent "des cas de censure". 

"On estime qu'effectivement ce n'est pas quelques personnes dans un petit cabinet qui essayent de monter quelque chose, une espèce de complot noir. Là c'est vraiment plein d'intentions très désireuses d'imposer une idéologie très extrémiste", racontent les journalistes. Cela passe par un attrait prononcé pour les faits divers, l'interdiction d'utiliser le terme "extrême droite" mais aussi un lien constamment créé entre délinquance et immigration. 

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Pour imposer sa ligne éditoriale, Vincent Bolloré cherche à "purger" des médias par provocation. "Par exemple, à I-Télé, c'était de faire venir Jean-Marc Morandini. Du coup, grosse grève dans la rédaction et évidemment, explosion. Les effectifs fondent et on embauche des nouveaux journalistes", raconte Gérard Davet. L'homme d'affaires compte également "produire des journalistes d'extrême droite", notamment grâce à la conquête de l'école supérieure de journalisme de Paris (ESJ). 

Le déclin du macronisme, l'essor de Bolloré

Le Complot contre la France fait également le récit parallèle du déclin du macronisme qui s'était donné pour mission d'affaiblir l'extrême droite et de l'ascension du groupe Bolloré. Vincent Bolloré et Emmanuel Macron n'ont d'ailleurs pas toujours été ennemis. "Ils se sont flairés au début", explique Gérard Davet. 

"Il y a une anecdote qui remonte à l'époque où Macron était secrétaire général adjoint à l'Élysée de François Hollande. Et à l'époque déjà, Vincent Bolloré essayait de faire prospérer son empire et de progresser dans le giron de Vivendi. Et en fait, il est passé par-dessus la tête d'Emmanuel Macron pour toucher directement le président. Et ça, c'est quelque chose qui ne s'oublie pas dans ces milieux. Donc oui, les deux se sont flairés, mais très sincèrement, ils ont vite compris qu'ils n'avaient rien en commun", continue le journaliste. 

Et au final, la stratégie du président de la République pour affaiblir l'extrême droite n'a pas vraiment fonctionné. Il voulait "aller piquer des idées dans le camp de l'adversaire pour le déplumer, entre guillemets, et l'affaiblir". Mais ce pari est "très risqué" car "en prenant les idées de l'adversaire, vous pouvez le conforter". Au final, "Emmanuel Macron a joué un petit peu avec le feu, avec l'extrême droite", analysent les deux hommes. 

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