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La région Poitou-Charentes épinglée pour sa mauvaise gestion financière

Selon le rapport, sans l'actuelle fusion des régions, le territoire géré durant dix ans par Ségolène Royal serait en faillite.

Ségolène Royal à Matignon, le 18 février 2016
Ségolène Royal à Matignon, le 18 février 2016 Crédit : CHAMUSSY/SIPA
Emeline Le Naour et AFP

Les conclusions du rapport sont accablantes. Un audit de la nouvelle région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC) a mis au jour la "situation financière alarmante" de l'ex région Poitou-Charentes, tandis que l'opposition de droite a émis "un sérieux doute" sur la sincérité des comptes et demandé à son ex-présidente PS, Ségolène Royal, actuelle ministre de l'Écologie, de "s'expliquer". 

Le rapport demandé par le président PS de la grande région Alain Rousset a souligné les ratios financiers "performants" de la nouvelle région à la veille de la fusion, le 31 décembre 2015, mais masquant des "hétérogénéités", en particulier une "forte dégradation" de la situation de Poitou-Charentes. Sans la fusion des trois régions, "nous serions vraisemblablement en train de constater la faillite et la banqueroute de la région" Poitou-Charentes, a affirmé le président de la commission des Finances d'ALPC, Olivier Chartier (Les Républicains), en présentant à la presse les résultats de l'audit mené par Ernst & Young.

"Points noirs" de l'audit concernant le Poitou-Charentes : des retards de paiements s'élevant à 132 millions d'euros, et qui avaient déjà été révélés en février par Alain Rousset. Mais aussi une épargne "quasi-nulle" avec un taux net de 0,05%, une sous-budgétisation, "des dépenses qui ne sont pas inscrites au budget en fonction de la réalité des besoins", a énuméré pour sa part le vice-président de cette commission de Finances, le PS Florent Boudié.

56 millions d'euros d'investissement à risque

Le cabinet relève aussi, parmi les emprunts, "56 millions d'euros à très haut risque" qui nécessiteront un plan de désengagement, et 46 millions d'euros d'emprunts "à risque". Pèsent, enfin, deux crédits-bails pour le renouvellement de TER, obérant la capacité de désendettement. "C'est une gestion absolument pas maîtrisée, et qui connaît une accélération de sa dégradation très forte" depuis 2013, a résumé Florent Boudié. 

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Olivier Chartier a déploré un "volontarisme politique" en forme de "fuite en avant, un tas de sable de dépenses reportées à des années ultérieures pour éventuel financement". Il a émis "un sérieux doute sur la sincérité des comptes présentés à l'époque". La Chambre régionale des comptes, saisie, devrait rendre un rapport à l'automne. C'est au juge des comptes, qu'il reviendra d'apprécier "d'éventuelles responsabilités", et d'engager le cas échéant des procédures, ont indiqué les élus.

J'ai un sérieux doute sur la sincérité des comptes présentés à l'époque

Olivier Chartier, président de la commission des Finances
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D'ici là, Olivier Chartier a indiqué qu'un complément d'audit, plus poussé, sera engagé, et a estimé qu'il revient à la présidente de Poitou-Charentes de 2004 à 2014, et son successeur Jean-François Macaire "de s'expliquer, d'une façon ou d'une autre, sur la situation". L'ancien premier-vice président PS de Poitou-Charentes et proche de Ségolène Royal, Yves Debien, dans un communiqué jeudi 7 avril a rappelé que l'étude d'Ernst & Young est un simple "audit flash réalisé en quelques semaines", qui "ne peut donner une appréciation sur la gestion" de la région. Il a déploré "qu'on cherche à faire oublier les succès des politiques conduites par la Région, sans augmentation d'impôt, grâce à une maîtrise des dépenses".

Ségolène Royal responsable ?

Selon Alain Rousset, le complément d'audit attendu permettra notamment d'évaluer le degré de sous-budgétisation, d'opérations engagées au-delà du budget, "afin de savoir très vite quelles politiques on arrête". "La situation financière dégradée en Poitou-Charentes va nous pousser à harmoniser plus vite, plus fort, les politiques des trois régions", a-t-il ajouté. Il a refusé de se prononcer sur une éventuelle responsabilité de Ségolène Royal ou de ses services. 

"C'est à la Chambre des comptes de rentrer dans le détail, à des magistrats, des juges de faire le boulot. Le mien c'est de redresser les comptes de la grande région". Le complément d'audit devra aussi préciser "la nature du risque" des 99 millions de garanties d'emprunt de l'ex-Poitou-Charentes, a précisé Florent Boudié. S'agissant des impayés, il devrait révéler selon lui un total autour des 132 millions d'euros connus. Lesquels seront réglés à la fin avril, a par ailleurs indiqué le direction financière de l'ALPC.

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