2 min de lecture Justice française

La justice est "sinistrée", s'alarme Jean-Jacques Urvoas, le garde des Sceaux

Le ministre dresse un bilan alarmant de la justice française estimant que "le ministère de la Justice n'a plus les moyens de payer ses factures".

Jean-Jacques Urvoas, ministre de la Justice
Jean-Jacques Urvoas, ministre de la Justice Crédit : AFP / Bertrand Guay
103029000663527498057
Eléanor Douet
et AFP

Nommé ministre de la Justice le 27 janvier après la démission de Christine Taubira, Jean-Jacques Urvoas était plutôt discret depuis son arrivée au gouvernement. Il sort de sa réserve dans une interview accordée au JDD le 3 avril et c'est un état de la justice française alarmant qu'il dresse. "Sinistrée", "en état d'urgence absolue" : le garde des Sceaux décrit dans l'entretien une justice "à bout de souffle", avec un ministère qui "n'a plus les moyens de payer ses factures". Jean-Jacques Urvoas rappelle avoir dit à son arrivée que "la justice était au bord de l'embolie", mais "depuis que je pousse la porte des juridictions, je dis plutôt qu'elle est sinistrée...", s'alarme-t-il.

Le garde des Sceaux donne plusieurs exemples de ce sinistre, parmi lesquels : "la direction de l'administration pénitentiaire a 36 millions d'euros de factures impayées pour des hospitalisations de détenus", ou encore, "l'État a une dette de 170 millions d'euros" de frais d'interprètes, de laboratoires d'analyses ADN, d'experts, d'écoutes téléphoniques. "Tous ces prestataires privés sont payés au minimum avec quatre mois de retard", déplore le ministre.  

Je connais même un tribunal où on n'imprime plus les jugements, parce qu'il n'y a plus d'argent pour les ramettes de papier.

Jean-Jacques Urvoas, ministre de la Justice
Partager la citation

Jean-Jacques Urvoas assure qu'"énormément d'efforts" ont été faits depuis 2012 "sur les créations de postes", de magistrats notamment. Mais, dit-il, "les budgets de fonctionnement n'ont pas suivi". Ainsi, poursuit le ministre, "je connais même un tribunal où on n'imprime plus les jugements, parce qu'il n'y a plus d'argent pour les ramettes de papier". Dans cet entretien au JDD, le ministre rappelle par ailleurs sa volonté de mener à bien le projet de réforme constitutionnelle sur le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), destiné à renforcer l'indépendance des magistrats.

À lire aussi
Guillaume Seznec, à gauche, et Pierre Quémeneur, à droite (archives). justice française
Seznec : la fin du secret ?

"Cette réforme consiste à faire nommer les procureurs par le CSM, autrement dit à enlever au politique ce pouvoir de nomination", explique-t-il. "Voir poindre à nouveau aujourd'hui des tentations de nominations politiques de procureurs me fait dire que cette réforme du CSM, qu'appellent de leurs vœux tous les magistrats, est absolument nécessaire", déclare le ministre.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Justice française Jean-Jacques Urvoas État d'urgence
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7782659236
La justice est "sinistrée", s'alarme Jean-Jacques Urvoas, le garde des Sceaux
La justice est "sinistrée", s'alarme Jean-Jacques Urvoas, le garde des Sceaux
Le ministre dresse un bilan alarmant de la justice française estimant que "le ministère de la Justice n'a plus les moyens de payer ses factures".
https://www.rtl.fr/actu/politique/la-justice-est-sinistree-s-alarme-jean-jacques-urvoas-le-garde-des-sceaux-7782659236
2016-04-03 02:35:04
https://cdn-media.rtl.fr/cache/_MaWy9MOkiZpyqcWXa0T6Q/330v220-2/online/image/2016/0127/7781573759_jean-jacques-urvoas-en-mai-2013-a-paris.jpg