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Édouard Philippe, lors d'un meeting au Havre le 11 mars 2026
Crédit : LOU BENOIST / AFP
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Après Nathalie Kosciusko-Morizet, Maud Bregeon et Éric Woerth ont annoncé soutenir Édouard Philippe pour l'élection présidentielle de 2027. Lundi 29 juin sur France inter, la porte-parole du gouvernement a assuré que le maire du Havre était en capacité "plus que les autres" de "rassembler largement" et d'atteindre le second tour du scrutin.
Le rassemblement "bien au-delà de sa propre famille politique" est "un impératif absolument vital pour le pays", a ajouté Maud Bregeon "pour éviter l'arrivée du Rassemblement national au pouvoir".
À travers ce ralliement, cette proche de Gérald Darmanin met fin à la règle pourtant dictée par Sébastien Lecornu : tous membres du gouvernement doit rester à distance de la campagne présidentielle. À moins d'un an de l'élection présidentielle, ces soutiens ont-ils un réel impact sur la dynamique de campagne du candidat Horizons ?
Édouard Philippe a "beaucoup d'expérience, expérience de Premier ministre, expérience de maire et je crois que dans les temps extrêmement troublés que nous vivons aujourd'hui, c'est quelque chose qui est important", a avancé la macroniste encartée à Renaissance dont le patron Gabriel Attal est aussi candidat à l'élection présidentielle.
Argument aussi avancé par l'ancien ministre du Budget Éric Woerth sous Nicolas Sarkozy. "Je soutiens Édouard Philippe", a-t-il indiqué. "Un président de la République doit correspondre aux difficultés du moment. Édouard Philippe a le profil dont la France a besoin. En tant que maire et Premier ministre, il a exercé des responsabilités importantes et a en quelque sorte l'expérience des difficultés. On l'a vu pendant le Covid par exemple", a-t-il expliqué aux Échos.
Derrière le soutien de Maud Bregeon se cache celui du ministre de la Justice Gérald Darmanin qui pourrait aussi annoncer son ralliement à Édouard Philippe après avoir laissé planer le doute sur sa propre candidature.
Avec ces nouveaux soutiens, Édouard Philippe espère jouer "la stratégie de la calculatrice". "Cette élection ne se jouera pas forcément sur le rêve, mais aussi, et beaucoup, sur le calcul", analyse Étienne Gernelle, directeur de la rédaction du Point et éditorialiste à RTL.
L'hypothèse d'un deuxième tour entre Marine Le Pen ou Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon 'pousse les électeurs du bloc central à faire leur petit calcul en amont et à se regrouper très tôt derrière celui des leurs qui est le mieux placé", estime-t-il. "Il y a donc une prime colossale à celui qui est en tête. Les gens comptent, calculent. Et pour l'instant, le candidat des calculatrices, c'est Édouard Philippe".
Édouard Philippe, le candidat de la calculatrice
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Avec ce ralliement, Édouard Philippe espère donc creuser l'écart avec son concurrent Gabriel Attal, déjà devancé dans les sondages par son prédécesseur à Matignon. L'entourage de Maud Bregeon souligne que sa démarche est personnelle et qu'elle a informé Sébastien Lecornu de sa présence dimanche 5 juillet au meeting d'Édouard Philippe.
Selon un dernier sondage Ifop-Fiducial pour LCI, Le Figaro et Sud Radio datant du 25 juin, Édouard Philippe maintient sa longueur d'avance sur Gabriel Attal et sur Bruno Retailleau, candidat Les Républicains et qui place toujours largement en tête Jordan Bardella ou Marine Le Pen. Avec 19% à 21% des intentions de vote dans les scénarios où Gabriel Attal ne serait finalement pas candidat, Édouard Philippe reste nettement devant son principal rival, donné à 15% s'il était pareillement seul en lice.
Dans l'hypothèse où les deux anciens Premiers ministres se maintiendraient jusqu'au bout, le chef du parti Horizons dominerait toujours celui de Renaissance, avec 14% contre 8%.
Mais ces soutiens peuvent-ils avoir un impact sur les tendances de vote ? Ce n'est pas automatique, reconnaît-on dans le clan Philippe. "Les soutiens, ça n'apporte rien", estime un lieutenant d'Édouard Philippe à RTL. "C'est un repoussoir. Les électeurs n'attendent pas ça pour se déplacer. Déjà qu'ils détestent les politiques...", ajoute-t-il.
Chez Renaissance, "on ne confond pas partenaires et adversaires" qui sont, pour Gabriel Attal, le Rassemblement national et La France insoumise.
"Moi, je ne me bats pas pour collectionner les visages autour de moi de ceux qui ont gouverné le pays pendant dix ans", a déclaré Gabriel Attal sur BFM. Une façon pour l'ancien Premier ministre de répondre aux commentaires soulignant l'absence de nombreux poids lourds du parti présidentiel lors de son premier meeting de campagne, le 30 mai.
Au sein de son entourage, les nouveaux soutiens d'Édouard Philippe ne sont "pas une surprise", dit-on à RTL.fr. "La campagne ne se fait pas au premier rang d'un meeting mais sur le terrain", tance un proche du patron de Renaissance.
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