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Jean-Louis Borloo, un créatif chez les politiques

Ministre, maire et avocat, créatif et décontracté, "Jean-Louis, c'est Jean-Louis" pour les centristes qui perdent un leader rassembleur avec le retrait de Jean-Louis Borloo.

Jean-Louis Borloo en mai 2013.
Jean-Louis Borloo en mai 2013. Crédit : AFP /BERTRAND GUAY
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Avocat d'affaires, maire de Valenciennes, ministre de Chirac et de Sarkozy, et recolleur du puzzle centriste... Moqué parfois pour son côté brouillon, le créatif et hyperactif Jean-Louis Borloo, qui a annoncé dimanche 6 avril son retrait de la vie politique, a mené sa carrière politique avec passion.

L'homme se retire de la scène politique la veille de ses 63 ans. Hospitalisé fin janvier pour une pneumonie accompagné d'une septicémie, peu d'informations ont filtré sur son état de santé. Il n'a fait aucune sortie publique depuis cette date.

"Jean-Louis, c'est Jean-Louis"

Son dernier grand fait d'arme politique aura été de fédérer la famille centriste à l'automne 2012 au sein de l'UDI (Union des démocrates et indépendants) sous l'incrédilité de nombreux observateurs et de sceller un an plus tard un rapprochement avec François Bayrou avec qui il était brouillé depuis plus de dix ans. Tous deux étaient alors à l'UDF. "Jean-Louis, c'est l'âme de l'UDI", dit l'un des cadres de son parti. Ministre de Chirac puis de Sarkozy, Jean-Louis Borloo a enchaîné une carrière ministérielle exceptionnelle: ministre de la Ville, de l'Emploi puis de l'Environnement notamment. "Il a tellement chargé la mule depuis dix ans", s'inquiétait récemment un député centriste en parlant de sa santé.

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A son palmarès, Jean-Louis Borloo s'attribue la rénovation des banlieues avec la fameuse ANRU, une baisse du chômage quand il était à l'Emploi, puis le Grenelle de l'environnement avec des centaines de mesures. Loué pour son côté rassembleur justement, "une éponge qui absorbe ce qu'il entend, fait le tri et quand il fait la synthèse, apporte un peu d'intelligence et d'humanisme", il en fait parfois trop. Son bilan est parfois moins brillant qu'il ne le brosse. "J'incarne les valeurs de la droite sociale et du centre", a-t-il écrit dans un livre. En 2002, il avait approché Lionel Jospin pour un ministère avant de rejoindre Jacques Chirac.

En 2011, lorsqu'il envisage de se présenter à la présidentielle, son parti, le Parti radical, quitte le giron de l'UMP. Il renoncera finalement à se présenter à la présidentielle, puis à la mairie de Paris, si bien que ses détracteurs voient en lui un velléitaire en qui il est difficile de faire confiance. "C'est un créatif", dit de lui le député UMP Christian Jacob.

Un homme de fulgurances

"Jean-Louis, c'est Jean-Louis", répètent des centristes. Comprendre: l'homme a des fulgurances, il en a eu ces derniers mois à la tribune de l'Assemblée, mais aussi ses coups de mou. Son style décontracté, tout comme son côté bon vivant, lui ont parfois valu railleries ou surnoms, voire discrédit. Même ministre, il était capable de s'asseoir sur la table, balançant ses jambes, et d'allumer une cigarette en entamant sa conférence de presse, les cheveux en bataille. Toujours en mouvement, il déconcerte ses visiteurs quand il délace les lacets de ses chaussures, défait les boutons des poignets de sa chemise et desserre sa cravate, tant il ne supporte pas la moindre entrave.

Avant d'entamer cette carrière ministérielle exceptionnelle, il a géré la mairie de Valenciennes pendant des années, après avoir repris avec succès le club de football de la ville en 1987. Il était très fier de sa réussite dans la région de Valenciennes, sinistrée par la crise sidérurgique. Il avait fait de la cité nordiste le laboratoire de sa méthode de rénovation urbaine et de redressement économique et social.

Sa première carrière, il a l'a faite comme avocat d'affaires, à redresser des affaires en difficulté, lié avec l'homme d'affaires Bernard Tapie, dont il n'aimait pas qu'on lui rappelle sa proximité ces derniers temps du fait de l'enquête sur l’arbitrage du Crédit Lyonnais. Malgré son originalité, l'ancienne ministre Rama Yade qui a quitté l'UMP pour rejoindre l'UDI, jugeait récemment que "ce n'est pas un touriste ou un aventurier". "Il est comme les autres, il sait où est son intérêt, il est pas tête en l'air", affirmait-elle.

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Ministre, maire et avocat, créatif et décontracté, "Jean-Louis, c'est Jean-Louis" pour les centristes qui perdent un leader rassembleur avec le retrait de Jean-Louis Borloo.
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