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Monique Barbut à l'Assemblée le 24 juin 2026
Crédit : Thomas SAMSON / AFP
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Monique Barbut se dit "très libre". La ministre de la Transition écologique, démissionnaire avant qu'Emmanuel Macron ne la persuade de rester au gouvernement, s'est exprimée mercredi 22 juillet dans une interview aux Echos après ce revirement.
"Je resterai tant que j'ai la garantie de pouvoir agir, mais clairement, je peux vous assurer que c'est ma première et ma dernière expérience politique", a-t-elle confié, à l'issue d'une journée de rebondissements quant à son avenir, à la suite de l'adoption de la loi d'urgence agricole au Parlement. "C'est pour cela que je me sens très libre. Très libre mais toujours loyale", s'est expliquée Monique Barbut, se disant malgré tout "en désaccord avec la façon, sur la forme comme sur le fond, dont la version finale du projet de loi agricole a été ficelée, en particulier sur l'acétamipride".
Le Parlement a entériné mardi le projet de loi d'urgence agricole, qui donne à l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) la possibilité de réintroduire sous condition deux pesticides interdits, l'acétamipride et le flupyradifurone, pour une poignée de filières en difficulté, dont celles des noisettes et de la betterave. La ministre s'est dite "profondément génée" par "la méthode car la discussion spécifique sur l'acétamipride n'a pas pu avoir lieu à l'Assemblée malgré les garanties que l'on m'avait apportées", ajoutant qu'elle reste "totalement opposée à sa réintroduction".
Le revirement de la ministre a rapidement généré des ravilleries chez l'opposition. À gauche, les messages de soutien saluant une femme de conviction ont rapidement été remballés. "Si la situation de l'écologie, du climat, de la biodiversité n'était pas si dramatique, on pourrait franchement rigoler. Tout ça est quand même grotesque et pas très glorieux. Que le président de la République lui tapote sur l'épaule et dise qu'il la soutient, ça ne règle rien aux problématiques qui sont les nôtres en matière de climat et de biodiversité", estime notamment le député écologiste des Yvelines, Benjamin Lucas.
"Adieu les postures héroïques, l'honneur et le reste. Ces gens ont inventé la honte transpartisane", s'est empressé de poster Jean-Luc Mélenchon sur X. Côté Rassemblement National, Laurent Jacobelli, député du Val-de-Marne, déplore qu'au-delà du cas Monique Barbut, cette situation soit un symbole des années Macron : "Ça prouve juste aujourd'hui que les ministres n'ont aucun pouvoir de décision, que Mme Barbu est l'archétype de la ministre macroniste. Elle ne sert à rien, elle fait ce qu'on lui dit et lorsqu'elle fait mine d'avoir une pensée personnelle, une heure après elle n'en a plus puisqu'elle a été ramenée dans le rang."
Emmanuel Macron pourrait-il recoller les morceaux ? En 2018, Nicolas Hulot, prédécesseur de Monique Barbut, avait démissionné avec fracas en direct sur une matinale radio, sans prévenir le chef de l'État ni le Premier ministre, par peur qu'ils parviennent à le dissuader. "C'est une décision entre moi et moi", avait argué l'écologiste.
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