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Un brûleur à gaz en fonctionnement. (Illustration)
Crédit : Fred TANNEAU / AFP
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Si le prix du baril de pétrole recule, les automobilistes peuvent encore espérer une baisse du prix du super à la pompe. Cet été, les variations de l’essence ont d’ailleurs suivi l’intensité des tensions entre l’Iran et les États-Unis. Mais pour le diesel, la logique n’est plus la même. Depuis plusieurs mois, son prix reste très élevé : 2,23 euros le litre en moyenne en France, et 2,31 euros en région parisienne.
Certes, la fiscalité du gazole s’est progressivement rapprochée de celle de l’essence. Mais les taxes restent encore légèrement inférieures, d’environ 5 centimes. Cela ne suffit donc pas à expliquer pourquoi le diesel reste aussi cher. La vraie raison est ailleurs : il manque du diesel raffiné sur le marché mondial.
Cette tension s’explique par plusieurs facteurs. La Russie a prolongé jusqu’à fin septembre son interdiction d’exporter du diesel pour protéger son marché intérieur. Dans le même temps, les raffineries russes continuent d’être visées par des frappes ukrainiennes. En Arabie saoudite, une raffinerie a aussi dû fermer en août après des attaques des rebelles houthis du Yémen.
À cela s’ajoutent les difficultés de circulation dans le détroit d’Ormuz. Les navires qui parviennent à passer privilégient le transport de brut, plus rentable que les cargaisons de diesel. Résultat : l’offre mondiale se contracte. Au total, il manquerait 20% de diesel dans le monde. Or, l’Europe est particulièrement exposée, car 60% des voitures y roulent encore au diesel, contre seulement 20% aux États-Unis.
Dans ces conditions, c'est la loi de l’offre et de la demande. Les marges des raffineurs ont fortement augmenté et le prix du diesel flambe.
Pour le fioul, le mécanisme est proche de celui du diesel : là aussi, le manque de capacités de raffinage entretient la hausse des prix. Pour le gaz, la situation est encore plus défavorable. D’un côté, les cours flambent. Cette semaine, le prix du gaz sur le marché européen a atteint son plus haut niveau depuis janvier 2023.
Là encore, les tensions géopolitiques pèsent lourdement. La reprise du conflit dans le détroit d’Ormuz ralentit le passage des méthaniers transportant du GNL, le gaz naturel liquéfié devenu essentiel pour l’Europe depuis la baisse des livraisons russes. Une partie de ce gaz vient du Qatar. Quant au GNL de schiste acheté aux États-Unis, il est vendu à prix fort.
À cette hausse des cours s’ajoute un autre problème : les réserves européennes sont insuffisamment remplies. Les opérateurs ont parié sur une fin prochaine de la guerre en Iran et n’ont pas reconstitué les stocks comme d’habitude. Fin août, les cuves n’étaient remplies qu’à 57%, contre environ 75% habituellement à cette période. Un niveau aussi bas n’avait plus été observé depuis 2009.
Il n’y aura pas de pénurie cet hiver, mais il faudra payer davantage pour couvrir les besoins. Le gaz a déjà augmenté de 5,5% en septembre, soit une hausse de 24% depuis avril. Et une nouvelle augmentation de 7% est attendue en octobre.
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