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Ségolène Royal, le 20 mai 2025 à l'Assemblée nationale
Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP
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Ségolène Royal tient-elle sa revanche ? L'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007 participe à la primaire socialiste et compte bien s'imposer comme challenger du favori, Raphaël Glucksmann. Après avoir tenu son premier meeting de campagne à Alfortville, le 22 septembre, elle participe, ce mercredi au premier débat des candidats à la primaire socialiste avec l'eurodéputé Place Publique, Olivier Faure, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel.
L'ancienne ministre qui vient jouer les troubles-fêtes rêve de reproduire le scénario de 2006 : face aux éléphants socialistes Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, Ségolène Royal s'était imposée comme la candidate du Parti socialiste.
Forte de sa participation à trois primaires - dont deux se sont soldées par un échec - la candidate a fait un début de campagne remarqué, notamment en vantant son expérience et multipliant les critiques à l'encontre de Raphaël Glucksmann. À tel point qu'elle a été recadrée par la commission veillant à la bonne organisation du scrutin. Selon le président de l'instance, Patrick Mennucci, Ségolène Royal a manqué d'"esprit de camaraderie" au vu des piques qu'elle a assénées à Raphaël Glucksmann.
Dans un entretien dans Libération, Ségolène Royal avait qualifié Raphaël Glucksmann de "stagiaire". Une attaque réitérée sur BFMTV : "Le temps viendra peut-être pour le stagiaire quand il aura fait ses preuves", a-t-elle taclé.
Raphaël Glucksmann a quant à lui répliqué : "Elle a raison de souligner que je ne suis pas en politique depuis 45 ans, que je n'ai pas quémandé des postes auprès d'Emmanuel Macron pour être ministre ou finir ambassadrice, quand j'ai perdu ces postes que je n'ai pas choisi Jean-Luc Mélenchon par dépit", a-t-il déclaré. Et de conclure : "Je n'ai aucune envie d'être stagiaire auprès de ces gens qui font cette politique de cette manière".
Mais la mise en garde du sénateur socialiste et garant du bon déroulement de la primaire Patrick Mennucci s'apparente à un coup d'épée dans l'eau : dans Le Nouvel Obs lundi 21 septembre, l'ancienne ministre persiste et signe. Raphaël Glucksmann "était au meeting de Sarko. Il ne vient pas de la gauche, il ne peut pas comprendre le peuple. Et puis, il a peur, ça se voit à sa posture. Il est déjà en burn-out", tacle-t-elle.
C'est bien là tout le style "Ségo" : perturber le jeu politique et assumer un franc-parler. Ses ambitions présidentielles n'étant pas prises au sérieux par le Parti socialiste, mais la candidate a obtenu ses parrainages. "Je ne savais pas que cela viendrait si vite, cela prouve que j’ai gardé beaucoup d’amitiés au sein du PS", a-t-elle fait remarquer le 6 septembre dernier sur LCI.
Puncheuse, "c'est le rôle qu'elle s'est attribuée", souligne-t-on dans une écurie adverse à RTL.fr. Et cela depuis la primaire socialiste de 2006. Dans son livre Portraits souvenirs, 50 ans de vie politique, l'éditorialiste Alain Duhamel notait que la "première caractéristique de Ségolène Royal est son aplomb phénoménal".
Dans l'entourage d'Olivier Faure, les piques de Ségolène Royal ne sont pas une surprise. "On la connaît, soupire-t-on. On connaît son caractère imprévisible". "C'est une figure piquante, mordante. Elle va donner du relief à la campagne", nous indique dans un langage politiquement correct, un proche du Premier secrétaire du parti, préférant fustiger l'initiative de la commission de la primaire. "Je trouve ça ridicule parce qu'on n'est pas là pour faire la police de la pensée. Ce type de communiqué alimente plus la polémique qu'autre chose", estime-t-il.
Candidat à la primaire, le député Jérôme Guedj s'agaçait sur Cnews de la "chamaillerie de cour de récré qui n'est pas à la hauteur de l'enjeu" entre Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann.
"Elle a l'habitude de faire ça, elle dégaine des attaques, en particulier avant les débats", nous explique-t-on encore chez un autre candidat de la primaire du pôle socialiste.
Ségolène Royal assume ce franc-parler qu'elle mettra en avant jusque dans le titre de son livre Ce que je peux enfin vous dire, sorti en 2018. Depuis l'ancienne ministre a réglé ses comptes avec les pontes socialistes dont l'ancien président et ancien compagnon François Hollande. Lorsque Jean-Luc Mélenchon assurait que "François Hollande est une machine à tromper". Sur X, Ségolène Royal répondait : "Ça, c'est pas faux. C'est la bonne blague du jour".
Auprès de RTL.fr, le maire d'Alfortville et soutien de la candidate Luc Carvounas confirme son "caractère bien trempé". "Elle a permis d'apporter de la lumière sur cette primaire, on en parle parce qu'elle est là", appuie-t-il.
Avant les élections européennes de 2024, Ségolène Royal avait fait part de son ambition d'incarner une liste d'"union" de la gauche. Un coup politique orchestré par ses soins, avec en appui, Jean-Luc Mélenchon. Une alliance qui n'aboutira pas et vue d'un mauvais œil chez les ténors socialistes. "Je mets ça sur le compte, non pas de son positionnement politique, mais de son caractère", soufflait un ancien ministre, avant d'ajouter "ce qui est plus difficile à corriger".
Ces dernières années, le parcours politique de Ségolène Royal n'a rien eu d'un long fleuve tranquille. Elle a soutenu Emmanuel Macron, avant de devenir l'une de ses adversaires, en pleine crise Covid elle défendait l’usage de l’hydroxychloroquine et lors de l'invasion russe en Ukraine elle a dénoncé la "propagande de guerre par la peur" de Volodymyr Zelensky et a remis en cause l'existence de crimes de guerre commis à Boutcha.
Un point commun se dessine au sein des équipes des différents candidats à la primaire : ne pas attiser le feu. "Je ne comprends pas l'intérêt de ce communiqué (visant à la rappeler à l'ordre, ndlr)... à part de la piquer encore plus", souligne-t-on.
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