2 min de lecture Huile de palme

Huile de palme : les députés retoquent une nouvelle fois la "taxe Nutella"

Sous la pression des lobbys, l'Assemblée nationale a finalement renoncé mercredi 22 juin au soir à une taxation supplémentaire sur l'huile de palme.

L'huile de palme se trouve dans les pâtes à tartiner.
L'huile de palme se trouve dans les pâtes à tartiner. Crédit : Thinkstock
Anne-Laure Poisson
Anne-Laure Poisson
et AFP

Le feuilleton continue autour de la "taxe Nutella", en référence à l'utilisation d'huile de palme dans la célèbre pâte à tartiner. Depuis 2012, c'est la troisième fois qu'elle est débattue par les parlementaires français. Et mercredi 22 juin, alors qu'ils examinaient le nouveau projet de loi Biodiversité, les députés ont décidé d'abandonner la surtaxation prévue de l'huile de palme. Cette taxe avait pourtant été introduite par l'Assemblée nationale elle-même lors de la première lecture du texte en mars dernier puis supprimée par le Sénat. 

De retour à l'Assemblée, elle avait été réintroduite par la commission du développement durable puis finalement proposée à la suppression mardi 21 juin par cette même commission. C'est donc cette suppression qui a été votée hier soir par les députés. Présente dans de nombreux aliments, l'huile de palme, issue du palmier à huile est dénoncée à la fois pour son impact sur la santé, à cause des acides gras saturés favorisant les maladies cardiovasculaires, mais aussi pour ses dégâts environnementaux et sa production conduisant à une déforestation massive dans les pays producteurs d'Asie et d'Afrique.

Menaces sur l'A400M

Cette fois-ci, la "taxe Nutella" visait à aligner la taxation de l'huile de palme, qui fait partie des huiles végétales les moins taxées en France, sur celle de l'huile d'olive. Une surtaxation qui devait atteindre 90 euros par tonne en 2020. Les deux principaux producteurs mondiaux d'huile de palme, la Malaisie et l'Indonésie qui représentent 85% de la production mondiale avaient alors vivement protesté et déclenché un lobbying intensif. 

Et leurs arguments ont été entendus par les parlementaires français. L'Indonésie avait par exemple fait planer la menace d'annuler ses commandes d'A400m à Airbus provoquant des craintes sur l'emploi en France. La secrétaire d'État à la Biodiversité Barbara Pompili et la rapporteure PS Geneviève Gaillard ont également invoqué la "fragilité juridique" du dispositif, la difficulté de de toucher à un type d'huile sans toucher à tous les autres ou encore le fait que cette question relève plutôt d'un projet de loi finances. Pour la députée écologiste Delphine Batho, "le Parlement français fait l'objet d'un chantage." Même son de cloche du côté de l'écologiste François-Michel Lambert : "Si la représentation nationale vient à céder aux chantages économiques, nous pouvons abaisser toutes les barrières fiscales."

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Point de "taxe Nutella", donc, mais à la place, les députés ont voté un amendement du gouvernement se fixant comme objectif de revoir d'ici six mois "le dispositif actuel de taxation des huiles alimentaires, afin notamment de le simplifier et de favoriser les productions dont la durabilité fait l'objet de critères objectifs".

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