2 min de lecture

"Faites mieux" : comment Jean-Luc Mélenchon justifie sa candidature en 2027 malgré son souhait d'être "remplacé"

Après avoir assuré vouloir passer la main au lendemain de la présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon se relance dans la course à l'Élysée pour 2027. Il estime aujourd'hui être le mieux préparé pour affronter les crises à venir, dans une gauche fragmentée.

Jean-Luc Mélenchon avant le 20h de TF1 où il a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle française de 2027, le 3 mai 2026.

Crédit : Julie SEBADELHA / AFP

Jérémy Descours

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Sans grande surprise, Jean-Luc Mélenchon a officialisé, dimanche 3 mai, sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 lors du journal de 20h de TF1. À 74 ans, le fondateur de La France insoumise se lance ainsi dans sa quatrième campagne, estimant être "le mieux préparé" notamment face aux crises à venir, entre "menace de guerre généralisée" ou encore au "changement spectaculaire du climat".

Une décision attendue, mais en décalage avec ses prises de position après la présidentielle de 2022. Après le premier tour du scrutin, échouant à environ 420.000 voix du second tour, Jean-Luc Mélenchon a lancé à ses partisans : "Faites mieux". Une formule ouvrant la voie à un passage de témoin. Dans les mois qui ont suivi, il a assuré vouloir être remplacé, répétant ne pas être "candidat à la candidature permanente".

Mélenchon, le "mieux préparé"

Dans une interview accordée au média en ligne Brut le dimanche 3 mai 2026, dans la foulée du lancement de sa candidature, Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé encore cette volonté. "J'ai souhaité être remplacé, je l'ai dit. Je l'ai été dans l'essentiel des fonctions que j'exerçais dans le mouvement insoumis". De fait, une nouvelle génération a émergé, avec des figures comme Manuel Bompard à la coordination de LFI ou Mathilde Panot à la tête du groupe insoumis à l'Assemblée nationale.

Mais la question de la présidentielle a rapidement rebattu les cartes. En interne, assure-t-il, l'hypothèse de son remplacement a bien été posée : "On fait comme on a dit : 'on remplace Jean-Luc. Par qui ? Comment on s'y prend ?'" Avant qu'une autre logique ne s'impose après une "discussion parfaitement détendue, sans rivalité ni compétition entre nous". Il ne s'agissait plus de désigner un successeur, mais de déterminer "qui est le mieux préparé" pour affronter l'élection à venir.

Le temps presse

Jean-Luc Mélenchon a insisté sur le contexte : tensions internationales, crise climatique, situation économique et sociale. "Qui est le mieux préparé à ça ?", a-t-il interrogé, mettant en avant son expérience. Un argument qui l'a emporté sur l'idée de renouvellement, alors même que plusieurs noms circulaient en interne - "Manuel Bompard, Mathilde Panot, Clémence Guetté, Éric Coquerel".

À lire aussi

Le calendrier a aussi joué un rôle, selon lui : "À moins d'un an du deuxième tour, on ne pouvait pas démarrer plus tôt", a-t-il souligné, tout en critiquant des adversaires "divisés", parfois sans candidat ni programme clair. Une manière, pour le septuagénaire, de se poser en point de repère dans un paysage politique éclaté.

"Aucune opposition ne s'est exprimée"

Aucun rival ne s'est imposé au sein de son mouvement. "Aucune opposition ne s'est exprimée", a résumé la direction insoumise au moment de valider sa candidature. Depuis 2022, malgré son retrait affiché, Jean-Luc Mélenchon n'a jamais vraiment quitté le devant de la scène, multipliant les prises de parole, les meetings et les interventions dans le débat public.

Quand on lui demande s'il n'est pas devenu trop clivant avant de débuter cette nouvelle campagne présidentielle, le leader insoumis assume. "Clivant ? Encore heureux que je sois clivant". Et de conclure : "Il faut être clivant et rassembleur".   

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info