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"Déconne pas la gauche" : la charge de François Ruffin face à LFI et Clémence Guetté, qu'il qualifie de "petite lieutenante" de Jean-Luc Mélenchon

Partisan d'une large primaire de ce côté de l'échiquier politique, le député de la Somme a fustigé dimanche 22 mars l'attitude des "capitaines" du "Titanic de la gauche" qui refusent de s'unir à un an de la présidentielle de 2027.

François Ruffin, député de la Somme au Salon international de l'agriculture de Paris, , le 25 février 2026.

Crédit : Daniel Perron / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Gabriel Joly

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Il s'est signalé par une sortie particulièrement musclée en cette soirée électorale. Peu après l'annonce des premiers résultats du second tour des municipales 2026, le député de la Somme François Ruffin - lui même candidat à la primaire de la gauche unitaire - a lancé un signal d'alarme, alors que les ex-alliés du Nouveau Front populaire apparaissent désunis à un peu plus d'un an de la présidentielle de 2027, ce dimanche 22 mars.

"Je viens dire : 'Déconne pas la gauche !'. Tant mieux si Paris, Lyon, Marseille restent à gauche, tant mieux si ma ville Amiens bascule à gauche mais sur une soirée des municipales, on regarde d'abord les métropoles. C'est là où la gauche est forte, et même là, on perd à Clermont-Ferrand, Poitiers, Besançon et c'est pire dans le pays en entier", a-t-il constaté sur LCI, au moment où la vice-présidente insoumise de l'Assemblée nationale, Clémence Guetté, était en plateau pour souligner les victoires de LFI à Roubaix, Creil et ailleurs.

Selon lui, LFI et Clémence Guetté font "la politique de l'autruche" en "criant" leurs succès, tandis que le coordinateur national du parti Manuel Bompard a salué en début de soirée "une percée" et une "entrée fracassante" des insoumis dans les mairies. "Ce n'est pas du tout ce qui est en train de se passer : on a un électorat qui fuit une gauche qui lui fait peur, et pour l'instant, va se rassurer auprès du RN.", estime François Ruffin, fustigeant au passage "ceux qui ont fait toute leur carrière auprès de Jean-Luc Mélenchon", "en en étant la petite lieutenante sur les plateaux télés", quand Clémence Guetté s'exprimait.

"Je ne suis 'la petite' de personne, Monsieur Ruffin. Ce qui nous différencie, c’est la loyauté à des idées : pour ma part, féminisme, antiracisme et antifascisme", lui a répondu sur X, Clémence Guetté. "Les propos misogynes et méprisants de Ruffin le disqualifient totalement", a abondé Sophia Chikirou, candidate LFI battue à Paris.

"Il faut arrêter les conneries"

"Je viens pour sonner l'alerte parce qu'il nous reste 385 jours, je vis avec un compte-à-rebours dans ma tête [par rapport à la course à l’Élysée]. C'est comme si on fonçait sur un iceberg : le Rassemblement national. À bord du Titanic de la gauche, on a les capitaines qui sont en train de se chamailler, de se bagarrer, danser comme si c'était la victoire, alors que c'est un naufrage en cours", a encore dépeint le président de Picardie Debout, ancien membre de LFI.
"Je viens dire qu'il faut changer de cap : cela ne se fera pas avec les petits marquis de la politique, pas avec les apparatchiks qui défilent sur les plateaux télés. Les trois-quarts des électeurs de gauche disent qu'ils veulent une candidature commune. On dit : 'ça suffit, il faut arrêter les conneries'. Maintenant il faut se mettre en ordre de bataille car il faut enfin ouvrir un espoir entre l'extrême droite et l'extrême argent", a encore ajouté François Ruffin. "Je ne suis pas là pour déchirer le pays comme ils sont en train de le faire, eux et les autres", a-t-il conclu.

Preuve d'une désunion marquée, une partie des responsables socialistes a semblé regretter la stratégie d'accord au second tour avec LFI dans certaines villes. "Ce que ce soir je constate, c'est que La France insoumise ne gagne rien, et pire, c'est que la France Insoumise fait perdre", a déclaré le secrétaire général du PS Pierre Jouvet sur France 2. La cheffe des Écologistes Marine Tondelier, dont le parti a subi de lourdes défaites, a elle jugé que la gauche avait été "toxique pour elle-même dans cette campagne".

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