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Emmanuel Macron a "confiance en Donald Trump", pression sur la Russie, accord imminent avec l'Iran : ce qu'il faut retenir du G7 organisé à Évian

Les dirigeants du G7 ont vivement salué, ce mercredi 17 juin, l'attitude de Donald Trump sur l'Iran et en faveur de l'Ukraine au terme de trois jours de sommet en France, permettant selon Emmanuel Macron d'afficher une rare "unité" transatlantique après des mois de "désaccords".

Emmanuel Macron et Donald Trump le 13 octobre 2025

Crédit : Yoan VALAT / POOL / AFP

Iran, Russie et IA : ce qu'il faut retenir du G7 organisé à Évian

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La rédaction numérique de RTL & AFP

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Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté lors d'un sommet à Évian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine. Les Sept - Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. 

L'annonce la plus attendue est venue du président américain, qui a dit vouloir rétablir certaines sanctions pesant sur le pétrole russe, un temps suspendues pour contrer la flambée des cours du brut occasionnée par le conflit contre l'Iran. 

"Nous serons bientôt en mesure" de les réintroduire, a-t-il assuré, alors que le trafic dans le détroit, par lequel transite un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, reprend timidement. Ces exportations constituent la principale source de financement de l'effort de guerre russe depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022. 

Autant de déclarations accueillies avec soulagement par ses pairs, alors que le président américain  s'est souvent montré plus à l'écoute du Russe Vladimir Poutine que de l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, qu'il avait accueilli avec une rudesse sans pareille en février 2025 dans le Bureau Ovale

Macron dit avoir "toujours eu confiance" en Trump

Emmanuel Macron a assuré, mercredi 17 juin, qu'il a "toujours eu confiance" en Donald Trump, le président américain, qui a opéré un revirement inattendu en faveur de l'Ukraine durant le sommet du G7 qui s'est tenu à Évian. "Je lui ai toujours dit les choses. Quand nous avons des désaccords, nous les assumons. Mais quand il s'est engagé vis-à-vis de nous, il a toujours fait ce à quoi il s'engageait", a dit le président français lors d'une conférence de presse. 

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Emmanuel Macron a réservé un accueil soigné à Donald Trump, qui goûte peu ces grandes réunions internationales et avait même quitté prématurément le sommet du G7 au Canada l'an dernier. Il le recevra ce mercredi soir pour un dîner sous les ors du château de Versailles, une invitation qui lui a valu parmi ses opposants le reproche d'être trop conciliant avec le président américain. 

"Si je n'avais pas tenu de manière constante les positions qui ont été les miennes durant les derniers mois, vous pourriez avoir un doute sur les rapports de force. For sure", a répondu le président français, reprenant en anglais cette expression qui était devenue virale après son discours au forum de Davos

Emmanuel Macron a assumé avoir "toujours maintenu le dialogue" car la diplomatie ne consiste pas à ne recevoir que "des gens avec qui vous êtes totalement d'accord". Il a jugé que le rôle de la France est aussi de savoir "honorer ses invités". "Et n'ayons pas honte de ce que nous sommes. Versailles est un instrument diplomatique et un instrument de puissance." 

Trump vante son "formidable partenariat" avec Netanyahu

Donald Trump a également souligné son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré. "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi et annoncé qu'Israël avait reçu une copie du texte. 

Sur "la partie libanaise, c'est quelque chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban. "C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran". Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre affirmé que Washington et Téhéran allaient "très probablement" signer ce texte. La signature avait été annoncée pour vendredi à Genève. Il a également répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur". Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques. Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Le virage inattendu de Trump en faveur de l'Ukraine

La guerre entre l'Ukraine et la Russie était aussi au menu des discussions. "La remobilisation du G7" pour accroître la pression sur la Russie est "extrêmement importante", a déclaré Emmanuel Macron. Le chef de l'État a aussi souligné que les pays des sept puissances industrialisées, États-Unis inclus, avaient "acté" qu'il n'y avait "pas de volonté sérieuse de la Russie" de négocier. 

"Nous nous sommes engagés à accroître les pressions, y compris par un renforcement de nos sanctions et cette remobilisation du G7 (...) est extrêmement importante", a déclaré le président français en clôture du Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des sept grandes puissances industrielles. 

Sur l'Ukraine, "c'est la première fois que nous avons une telle convergence en G7. Et c'est la première fois que nous portons des conclusions aussi claires", a-t-il estimé. Donald Trump a pris au sommet du G7 un virage inattendu en faveur de l'Ukraine. Le milliardaire républicain, qui affirme volontiers être proche du président russe Vladimir Poutine, a notamment accepté un échange prolongé et improvisé avec les présidents français et ukrainien. Et il a évoqué la remise en place de sanctions sur le pétrole russe. 

Macron plaide pour une régulation de l'IA

Concernant l'intelligence artificielle, Emmanuel Macron a appelé à "mieux réguler" l'intelligence artificielle. Le président de la République a ainsi mis en garde contre le risque d'une "non-coopération entre démocraties", en clôture du sommet des chefs d'État et de gouvernement des sept grandes puissances industrielles. 

"On doit réussir à mieux les réguler (les modèles d'intelligence artificielle les plus avancés, ndlr) pour éviter qu'ils ne tombent dans les mains de régimes autoritaires ou de gens qui pourraient menacer notre cybersécurité ou nos sociétés", a-t-il dit, en prévenant que "la réponse ne peut pas être de la non-coopération entre démocraties". 

"Ce qu'on va construire dans les prochains mois, est en quelque sorte une plateforme de discussions et de coopération entre quelques démocraties face au risque de l'intelligence artificielle (...) pour définir ensemble des standards communs", a-t-il ajouté, précisant que ce travail devait être "finalisé" en septembre. 

"Il faut que nos agences compétentes déjà coopèrent pour que sur le plan de la sécurité, de la cybersécurité, on ait de gouvernement à gouvernement une relation fluide", a insisté le président Macron, appelant à avoir "une politique beaucoup plus ouverte, y compris du secteur privé". 

Le G7 exhorte la tech à créer des outils pour la sécurité des mineurs en ligne

Les dirigeants du G7 ont exhorté les géants mondiaux de la tech à développer des outils pour garantir la sécurité des mineurs en ligne, dans un communiqué conjoint publié au dernier jour du sommet les réunissant à Évian. "Nous appelons les fournisseurs de services numériques à créer et à mettre en place des technologies et des systèmes qui garantissent aux utilisateurs des expériences sûres, sécurisées et appropriées à leur âge, notamment grâce à des mécanismes de vérification de l'âge efficaces et innovants, dans le respect de leur vie privée", ont-ils souligné. 

Les sept principales économies avancées du monde ont ainsi enteriné l'accord trouvé fin mai lors du volet numérique du G7 à Paris, censé renforcer la protection des mineurs sur internet. "Ces derniers peuvent être exposés à des interactions et à des contenus illégaux ou inappropriés pour leur âge qui nuisent à leur santé mentale et à leur bien-être", s'inquiètent les membres du G7. 

Face au développement des "deepfakes" (trucages hyper réalistes) à caractère sexuel, "les fournisseurs de services numériques doivent instaurer des mesures de détection et de suppression efficaces sur leurs plateformes", ont-ils aussi averti. Concernant l'adoption de plus en plus massive des outils d'intelligence artificielle, en particulier chez les plus jeunes, les pays du G7 reconnaissent "les risques liés à l'utilisation par les enfants et les jeunes de ces systèmes, qui nuisent à leur bien-être et à leur sécurité" et appellent à la mise en place de paramètres de sécurité par défaut, "notamment des outils de contrôle parental et des mécanismes de vérification de l'âge".

Le G7 s'engage à réduire sa dépendance à l'égard de la Chine sur les minerais critiques

Les dirigeants du G7, réunis à Évian, se sont engagés à oeuvrer "de concert" pour réduire les dépendances critiques à l'égard de la Chine, sans toutefois la citer nommément dans leur communiqué conjoint publié au dernier jour de leur sommet. "Nous oeuvrerons de concert avec nos partenaires pour réduire les dépendances critiques et faire échouer les tentatives ou menaces d'instrumentalisation des dépendances économiques", écrivent-ils.

La Chine avait imposé en 2025 des restrictions à l'exportation de ces ressources stratégiques, nécessaires pour les semi-conducteurs, les batteries de véhicules électriques ou les systèmes d'armement. "Nous entendons être force de dissuasion et nous nous tenons prêts à prendre des mesures, en tant que de besoin et de façon coordonnée, contre la coercition économique", ont-ils ajouté. 

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